jeudi 14 janvier 2016

DE L’INSTABILITÉ POLITIQUE À HAÏTI



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Quand le système politique s’organise mal dans un pays, cela fait naitre un ensemble de bouleversement et de crise qui paralysent le développement et créent des occasions troublantes au niveau de la société. Dans le cadre d’Haïti, la misère et la pauvreté sont conditionnées par l’instabilité socio-politique du pays où l’investissement ne peut se réaliser à cause d’une peur généralisée qui handicape toutes les activités de la vie courante.
De-là, il faut chercher à comprendre et à déterminer l’origine de l’instabilité de la politique haïtienne, à vérifier si les causes qui l’ont engendrée peuvent au moins améliorer afin de tenter de résoudre le problème de la misère sociale à Haïti.  

Notion de l’instabilité politique à Haïti

L’instabilité politique à Haïti ne date pas d’aujourd’hui, elle est aussi vielle que l’existence de ce pays et entraine la notion de sous-développement dans le milieu haïtien. En effet, les problèmes institutionnels et les conflits sociaux dans le pays où la masse populaire se voue à elle-même, sont les véritables facteurs de l’instabilité politique haïtienne.

Cependant, ces derniers temps, la situation de la politique haïtienne est en nette décadence. Plus de respect aux normes constitutionnelles, plus d’acteurs politiques conséquents, c’est le désordre au niveau de l’appareil de l’État qui valorise aujourd’hui la notion d’individualisme au détriment de celle du collectivisme.

Évolution et histoire

Au lendemain de l’indépendance nationale, la jeune nation commençait à avoir beaucoup de problèmes tant sur le plan structurel de l’État que sur plan d’organisation sociale. La masse populaire qui s’engageait à la lutte anticolonialiste et esclavagiste était mise de côté au profit d’un groupe d’hommes communément appelés ‘’anciens libres’’. Les richesses du pays allaient être mal reparties et l’État d’alors, à vouloir tout contrôler, faisait naitre une situation difficile de crise sociale et économique.

La solidarité entre les mulâtres et les noirs de 1803 à 1804 pour une issue favorable à la guerre de l’indépendance, était banalisée et rejetée pour une question de distribution de terre et de toute sorte de richesse qui créa plus tard la naissance de deux mondes : les nouveaux riches et les déshérités. Ces derniers, mécontents de la façon dont l’État fut géré, s’adonnèrent à fragiliser l’indépendance nationale[1].

Deux (2) ans seulement après la proclamation de l’indépendance nationale aux Gonaïves, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, père-fondateur de la nouvelle patrie, assassiné au Pont-Rouge le 17 Octobre 1806. À la mort de Dessalines, la situation politique et sociale du pays fut bouleversée et provoquée une crise économique immense. Le pays fut divisé, d’où la genèse de l’instabilité politique à Haïti.

Bien d’autres évènements tragiques furent marqués l’histoire de l’instabilité politique à Haïti, cependant, pour ne pas en présenter une liste trop longue, nous nous intéressons aux troubles politiques du début du XXème  siècle haïtien qui occasionnaient le débarquement militaire de 1915 à 1934 des soldats des États-Unis pour une occupation unilatérale. Toujours dans le cadre d’une crise répétée, 60 ans plus tard, soit en Octobre 1994, les soldats américains sont revenus dans nos murs couverts d’une stratégie d’occupation multilatérale mise en place par les Nations-Unies pour la restauration de l’ordre constitutionnel[2].

Malgré l’intervention directe des Nations-Unies pour le rétablissement de l’ordre institutionnel, la situation ne s’est pas redressée. De nouvelles luttes pour le pouvoir politique aggravent la situation. Deux (2) passations de pouvoir, 2001 et 2004 compromettent tous les grands efforts entamés pour le maintien de l’État de droit et de démocratie dans le pays.

Il faut aussi noter l’évolution de l’instabilité politique à Haïti à partir de 2000 jusqu’à 2015. De cet intervalle, nous notons par exemple le vide législatif qui allait plus tard occasionner les élections contestées du 21 Mai 2001 et celles du 26 Novembre de la même année, l’installation de Me Gérard Gourgue comme président de l’opposition[3], la démission du président Jean-Bertrand Aristide à la veille de la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale, le gouvernement de transition de Me Boniface Alexandre/Gérard Latortue, les élections frauduleuses de 2006 qui amenaient René Gracia Préval à la présidence d’Haïti, sans oublier les élections controversées de 2011 fondées sur le chambardement de la structure politique haïtienne qui n’existait même pas, par le musicien Michel Joseph Martelly à la tête de l’État haïtien au rejet de l’ex-sénateur de la République d’Haïti, Mme  Mirlande H. Manigat. Beaucoup de chanceliers ont démissionné sous les pressions politiques de l’opposition haïtienne. Et jusqu’à date où nous sommes, le pays vient de connaitre une instabilité politique ayant permis de passer quatre (4) ans sans renouveler le personnel politique haïtien, notamment, le tiers sénat, la députation et les collectivités territoriales, ce qui entrainait pendant un bon laps de temps une crise institutionnelle. Et les dernières élections législatives du neuf (9) Août 2015 sont totalement critiquées, contestées profondément sur tous les points de vue avec une faible participation de l’électorat haïtien soit 18% sur tout le territoire national, des fraudes massives y ont été enregistrées qui donneront plus tard les élections présidentielles du 25 Octobre 2015 un caractère le plus critiqué et le plus contesté des élections présidentielles d’Haïti. De-là, certains partis politiques et d’autres secteurs de la vie nationale réclament l’annulation pure et simplement de ces élections et le départ sans condition des membres du CEP. Tout cela découle du facteur de l’instabilité politique à Haïti.

Donc, de 2004 en passant par 2011 jusqu’en 2015, la politique haïtienne ne fait que se désorienter et se dégrader. Les principaux conflits politiques et sociaux entrainent  la déstabilisation de l’être haïtien qui ne sait où reposer la tête face aux conjonctures difficiles et fragiles du pays.

Caractéristiques et trais dominants

Le contexte fragile dans lequel évolue la politique à Haïti permet de comprendre la place occupée par ce pays à travers l’Amérique latine et plus directement au niveau de la Caraïbe insulaire. Par des crises politiques, la misère et la corruption dans les administrations publiques, Haïti s’identifie comme le pays le plus pauvre de l’Hémisphère occidentale.

Les indicateurs socio-politiques concernant Haïti  présentent des images visibles d’instabilité comme bien des pays d’Afrique d’autrefois en situation de guerres et de conflits d’armés. Pourtant, cette considération haïtienne est nettement contraire à la pensée politique du professeur Bel Angelot qui constate qu’Haïti est un pays de deuils et de faux conflits puisqu’il s’agit de maintenir l’individualisme dans les affaires publiques de la nation[4].

Nous parvenons jusqu’ici à identifier quelques caractéristiques et des traits dominants de l’instabilité politique à Haïti qui sont les suivants, entre autres :

-          Mauvaise gouvernance

-          Irrespect des normes constitutionnelles

-          Anarchisme socio-politique

-          Blocages institutionnels

-          Dysfonctionnement de l’appareil de l’État

-          Insécurité socio-politique et économique

-          Gel de l’aide international[5].

Facteurs occasionnels

Les crises socio-politiques à Haïti traversent toute l’histoire de ce pays. Elles fragilisent toutes les institutions et débouchent sur une situation de misère et de pauvreté chez le peuple haïtien. Donc, nous comprenons par maintes études réalisées sur la question de l’instabilité politique à Haïti, que ces moments de fortes tensions et de chaos ne se produisent pas de par eux-mêmes. Ils résultent intégralement de l’individualisme du côté des acteurs politiques haïtiens, de leur amour du pouvoir afin de s’enrichir au détriment de la masse, de leur incapacité de diriger, de leur ignorance des effets négatifs de l’ingérence des choses publiques.

Conséquences

Les conséquences de l’instabilité politiques sont toujours visibles. Dans tous les pays où règne l’instabilité politique, la vie sociale et économique sont toujours boiteuse, les institutions se dévalorisent, la corruption dans les administrations publiques, entre autres, sont les effets directs de l’instabilité politique.

Laurent Jalabert, professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane, France, dans son article titré : ‘’les violences politiques dans les États de la Caraïbe insulaire’’, présente de manière systématique les conséquences qui peuvent découler dans un contexte politique instable. Pour Jalabert, l’instabilité politique provoque l’insécurité surtout les points de vue et paralyse notamment le bon fonctionnement des institutions étatiques.

Dans le cadre d’Haïti, l’instabilité politique devient une institution qui tend à détériorer la société haïtienne. Si nous nous référons de 1804 à nos jours, nous pouvons constater tant de problèmes que peut créer l’instabilité politique, tels : vides institutionnels, dysfonctionnement de l’État, passivité des acteurs politiques, abus d’autorité, pauvreté massive, élections irrégulières et frauduleuses, contestations des élections, irrespect de la Constitution.

BOLIVARD Delcarme, Av. M.A      14/01/2016

[1] . Sonson Price, ‘’Haïti État de choc’’, p.20
[2] . King Pascal pecos LUNDY, ‘’Crise, réformes économiques et pauvreté en Haïti’’, P. 7
[3] . Sonson Price ibid. P. 158
[4] . Bell Angelot, ‘’Haïti, État de deuil et de faux conflits, pèp debou, dirijan ajenou’’. Préface.
[5] . Organisation people en Lutte (OPL), ‘’Vers 2004’’, rapport.

lundi 9 novembre 2015

HAÏTI, DÉBÂCLE ÉCONOMIQUE ET DÉPENDANCE ACCRUE, Études basées sur un intervalle allant de 2004 à 2014



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Extrait de : Mémoire de maitrise en Sciences Politiques, option : Politique et Développement
Étudiant/chercheur : Delcarme BOLIVARD

Université : Madison International Institute & Business School (MIIBS)/ Université Libre d’Haïti (ULH)

 

L’instabilité socio-politique et les crises institutionnelles qu’a connues Haïti au cours de événements de 2004 jusqu’au 2014 avaient redu l’économie de ce pays très vulnérable et dépendante en grande valeur de l’international. En termes de structure, l’économie d’Haïti est caractérisée par l'importance du secteur agricole. Cependant, durant les quinze dernières années, la part de ce secteur a toutefois diminué. Alors qu'elle se situait à 31,5 pour cent de la valeur ajoutée en 1997, aujourd'hui elle ne représente plus que 24,5 pour cent de cette valeur[1].

Pour mieux aborder cette situation, il nous faut la situer dans un contexte pré-tremblement de terre du 12 Janvier 2010 où 80% de la population haïtienne vivait en dessous du seuil de pauvreté avec mois de deux (2) dollars américains par jour. Les droits à l’alimentation, au travail, à la santé et à l’éducation de la population étaient chaque jour foulés au pied. L’environnement du pays s’est dégradé avec les multiples intempéries, dont : les inondations, les glissements de terrain, notamment en 2004 et en 2008 où plusieurs milliers de personnes ont perdu la vie.

Beaucoup d’indicateurs présentent la situation de pauvreté à Haïti, tels : l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq (5), l’accessibilité aux soins de santé, la mortalité infantile et post-infantile, la mortalité maternelle, le taux de séro-posivité au VIH, etc[2]. L’ensemble de ces faibles niveaux d’indicateurs, montre que les conditions de vie de la population sont encore précaire, exemple : espérance de vie à la naissance demeure faible (54 ans) et le ratio calorique moyenne qui était estimée à 1788 calories/jour par personne avait régressé pour se situer autour de 1750 calories[3].

L’économie d’Haïti dépend en grande partie de l’aide internationale et cette dépendance ne fait que paralyser le développement de ce pays.

Une économie de subsistance marquée par des inégalités criantes

 Haïti compte parmi les pays les plus inégalitaires du continent américain et parmi les « pays à revenu faible ». Malgré une période de forte croissance dans les années 1970 liée au tourisme, l’économie haïtienne a connu un déclin. Au cours des dernières années, la croissance a été modeste, tout en maintenant une certaine stabilité macroéconomique et en contrôlant l’inflation, ce malgré un contexte international défavorable dû à la crise financière et en dépit du profond choc causé par le tremblement de terre de 2010 sur l’économie haïtienne. Selon les estimations de l’IHSI, le produit intérieur brut (PIB) a cru de 4,3 % en 2012-2013, une croissance économique principalement attribuée aux bons résultats de la production agricole, en partie liés à une saison cyclonique plus clémente et à une baisse des prix de la nourriture importée36. Le secteur contribuant le plus au PIB est le secteur des services (59 %), suivi par l’agriculture (23 %) puis par l’industrie (18 %). Entre 2012 et 2013 le secteur primaire est celui qui a le plus augmenté, soit plus 4,6 %, en termes réels, de sa valeur ajoutée[4].

La majorité de la population haïtienne vit dans la pauvreté. 60% des habitants perçoivent l’équivalent de moins de deux dollars américains par  Le taux de chômage atteint 60  à 70 %, plus de 44 % de la population souffre de malnutrition en Haïti[5].

 Le droit au logement n’est pas encore une réalité pour la majorité des Haïtiens. Cette précarité du logement s’est aggravée avec le tremblement de terre de 2010. En septembre 2013, 280 000 personnes touchées par le séisme demeuraient dans des camps de réfugiés.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), 60 % de la population, principalement en milieu rural, n’a pas accès aux soins de santé de base[6]. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’espérance de vie à la naissance en Haïti était de 63 ans en 2011[7]. Le taux de mortalité́ infantile en 2011 était de 70 pour 1 000 naissances et le taux de mortalité́ maternelle était de 350 pour 100 000 naissances vivantes. Les dépenses du Gouvernement en matière de santé par habitant ont presque doublé entre 2008 et 2010, mais ne dépassent pas les 10 % du budget de l’État. Vu la précarité des ressources économiques de la majorité de la population, il n’est pas étonnant que «la médecine traditionnelle joue un rôle important, car, elle constitue le premier recours pour près de 80 pour cent de la population en raison de son faible coût et de sa proximité́». Cette situation s’est aggravée avec l’épidémie de choléra.

D’après les Nations Unies en septembre 2013: «Au moment où le Président Michel Martelly accédait à la présidence, 76 % de la population haïtienne vivait en situation de pauvreté, 56 % dans la pauvreté extrême. Cela, dans un contexte de forte inégalité sociale»[8]. Cette inégalité a été analysée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans son rapport sur le développement humain 201312, selon lequel Haïti a l’un des plus bas indices de développement humain (IDH) au monde, avec 0,456 pour l’année 2012. Haïti se situe au 161e rang sur les 187 pays inclus. Quand cet indice est ajusté selon les inégalités affectant les plus pauvres, privés de santé, d’éducation et de dignité, l’indice descend à 0,273. Et si l’on considère l’inégalité spécifique entre les hommes et les femmes, Haïti est placé au 127e rang sur 148 pays pour l’année 2012. Pour mieux comprendre ce que signifient ces indices d’inégalité, il convient d’examiner les explications du PNUD à ce propos: L’IDH d’Haïti pour 2012, de 0,456, «est au-dessous de la moyenne de 0,466 pour le groupe des pays à faible développement humain, et encore plus au-dessous de la moyenne de 0,741 pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes».

Haïti a un Indice d’inégalité de genre de 0,592, qui place le pays au 127e rang parmi 148 pays pour 2012 […]. En Haïti, 4 pour cent des sièges parlementaires sont attribués aux femmes, et 22,5 pour cent de femmes adultes ont atteint un niveau d’éducation secondaire ou supérieure en comparaison avec 36,3 pour cent de leurs homologues masculins. Pour chaque 100 000 accouchements, 350 femmes meurent; et le taux de fertilité adolescente est de 41,3 naissances pour 1 000 naissances. La participation féminine au marché de travail est de 60,1 pour cent en comparaison avec 70,6 pour les hommes»[9]  

Une économie reposant sur les importations et l’aide internationale
Les importations demeurent la principale composante de l’offre du pays, cependant elles sont, incapables de répondre aux besoins alimentaires de sa population. Entre 2003 et 2005, la production nationale a compté en moyenne pour 43.09% des disponibilités alimentaires, alors que les importations alimentaires se sont maintenues à hauteur de 50.58%.

En 2012, les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche représentaient 25 % du PIB, mais recevaient la plus faible part du crédit bancaire, 0,16 %2. Pour les dépenses de capital financées sur fonds locaux et exécutées dans le cadre du programme d’investissement public, 5,3 % sont allés au Ministère de l'Agriculture en 2012. Le secteur agricole qui reste - avec un poids de 99 % - le pilier du secteur primaire est très vulnérable par rapport aux aléas climatiques[10]. Ceci est non seulement dû au manque d'entretien des quelques infrastructures d'irrigation et de drainage, mais également au grand manque de ce genre d'infrastructures à travers le pays.
 
Le gouvernement mise à 100 % sur le tourisme, sur l’investissement dans la sous-traitance et dans l'agro-industrie, et sur le secteur des ressources naturelles. Ce dernier n'est pas géré de façon transparente (mines). Ces activités augmentent la dépendance du pays face à l'étranger et imposent un modèle de développement dominé par ce dernier. Ces trois secteurs ne peuvent absorber le chômage massif. La population rurale et ses activités liées aux petites exploitations agricoles reste le secteur le plus important, mais est démunie, sans des politiques publiques qui la soutiennent (crédit, services publiques, assurances,…)[11].

La transformation de fruits doit être appuyée comme filière économique. On est encore loin d’arriver à transformer l'ensemble des fruits et beaucoup pourrissent à terre alors qu'il existe une importante insécurité alimentaire. Les petits ateliers de transformation existent mais font face aux problèmes de fonds de roulement pour mener à bien ces activités.

Le tourisme est une des importantes clés pour sortir le pays du marasme économique, mais il faut qu'il intègre les communautés. Les projets de tourisme existants sont exclusifs et visent un tourisme de luxe. Concernant la sous-traitance on constate que le secteur ouvrier est marginalisé, mal payé, qu'il travaille dans des mauvaises conditions, qu'il existe d'importantes répressions syndicales dans les usines, des révocations arbitraires et des abus sexuels sur les femmes.

Donc, La libéralisation commerciale du pays à partir de l’année 1980, en exposant subitement la production nationale à la concurrence étrangère, a contribué à transformer la structure de l’économie au profit du secteur commercial et au détriment des activités productives. Depuis, la prédominance des importations, qui en 2012 représentent 48 % du PIB contre 13 % pour les exportations85, reflète une constante de l’économie haïtienne, à savoir le déficit structurel de la balance commerciale et la dépendance aux transferts externes, publics et privés, destinés à son financement[12].

Cette étude qui s’étend de 2004 à 2014 sur la question de la présence de la MINUSTAH relative aux problèmes de l’instabilité politique et de la pauvreté en Haïti, nous laisse comprendre que l’international ne peut rien apporter de sérieux dans cette situation. Au contraire, la MINUSTAH qui devrait protéger les droits de l’homme en Haïti, promouvoir le développement par la sécurité et la stabilité socio-politique, ne fait qu’empirer la situation par des actes de violation des droits de l’homme.

Nous avons constaté dans notre travail de recherche que les agences onusiennes qui prétendent capables de résoudre le problème de la pauvreté haïtienne, sont extrêmement loin de leurs visions puisqu’à 11 ans de la présence des forces onusiennes dans le pays, la population continue de patauger dans la misère et dans l’instabilité politique. Le denier rapport sur le développement humain réalisé par IDH et le PNUD, montre à claire la pauvreté du peuple haïtien en dépit de fortes sommes d’agent investi. De-là, nous comprenons que les dépenses ne sont pas effectuées en faveur du peuple haïtien. Tandis que, des organismes internationaux s’imposent sans rien offrir de sérieux et de spécial à Haïti où le système économique est en perpétuelle décadence à causes des dépenses inutiles et imaginaires.

Avec la présence de la MINUSTAH le pays continue de connaitre beaucoup de crise, telles : crises institutionnelles, crises de valeurs, crises environnementales etc. Malgré la présence des agences onusiennes, beaucoup d’enfants ne peuvent se rendre à l’école, l’agriculture en déroute, chômage et insécurité de toutes sortes, la mortalité infantile se répète au quotidien, dégradation de l’être haïtien aux yeux du haut commissariat des droits de l’homme de l’ONU et de l’IDH, l’instabilité politique fait rage, la pauvreté extrême s’identifie sur le visage de la population. Donc, nous sommes en droit de considérer la contribution de l’international dans la situation actuelle du pays sans ignorer l’incapacité de l’État haïtien de répondre positivement et favorablement aux exigences de la population haïtienne.

Ainsi, comme nous autres, le RNDDH fait le constat que voici : 

La situation du pays est catastrophique. Les droits sociaux, économiques et politiques du peuple haïtien sont bafoués. Les conditions de vie sont précaires. La pauvreté s'installe. Les services de base ne sont pas disponibles pour la population. Plus que jamais, la vie en Haïti est caractérisée par une insécurité humaine. Les milliards de dollars américains dépensés au nom du peuple haïtien (…) n'ont donné qu'un résultat mitigé. Les différentes décisions prises par les autorités ne se sont pas inscrites dans le cadre d'un programme articulé de relèvement et de reconstruction du pays. Les actions réalisées n'ont pas pris en compte les intérêts supérieurs de la Nation. Ainsi, les droits humains, les idéaux républicains et les principes démocratiques ne sont pas au rendez-vous[13].

Les actions éparses dénombrées n'ont eu comme résultats que de persuader la population en général et la diaspora haïtienne en particulier, que la situation est en train de changer et que le pays est sur les rails du développement. Aujourd'hui plus que jamais, Haïti est vulnérable à tous les points de vue. L'avenir est sombre. Les menaces de plus en plus persistantes (…)[14].

 
Chercheur: BOLIVARD Delcarme

Remerciement à Me HERODE Charnel de L'Université Libre d'Haïti www.ulh.edu.ht

et le professeur: DOUDOU Abdonel de www.jurimedia.org  


[1] . Cadre intègre, étude diagnostique sur l’intégration du commerce
[2] . Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP) 2008-2009, Novembre 2007
[3] . Idem
[4] . Haïti, un nouveau regard, rapport de PNUD 2013
[6] . www.unicef.org/infobycountry/haiti_2014.html
[7] . www.who.int/countries/hti/fr/.
[8] . Intervention du Premier Ministre, Laurent Salvador Lamothe, à l’occasion de la soixante-huitième session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, New York, 26 septembre 2013
[9] . PNUD, Indicateurs Internationaux de Développement Humain. Haïti. Profil de pays : Indicateurs de développement humain. Rapport 2013
[10] . http://www.brh.net/rapport_2012.pdf
[11] . Idem
[12] . Idem
[13] . RNDDH, commentaire sur le rapport: Haïti, 5 ans après le séisme du 12 Janvier 2010
[14] . Idem

dimanche 25 octobre 2015

Haïti élections 2015: 1er tour de la présidence, la municipalité et 2ème tour législatif (la députation)



encrejournal
Coup d’œil
Comme prévu, les élections du 25 Octobre 2015 commencent à se dérouler dans un calme dans presque tous les départements du pays. Selon plusieurs sources de hautes confiances, des Centres de Vote ouvrent leurs portes dès 6 heures du matin pour accueillir certains mandataires après le tirage au sort exigé par le Conseil Electoral Provisoire CEP, des observateurs nationaux et internationaux se défilent avec leurs badges et des matériels destinés à bien réaliser leurs observations.

La presse locale s’identifie par sa présence afin de permettre à la population d’être bien imbue de ce qui se passe pendant le déroulement du processus électoral. Les électeurs, tout au début, en petit nombre, se dirigent vers de différents  Centre de Vote pour vérifier leurs noms et surtout le bureau dans lequel ils vont voter.

Surtout le territoire national, la Police Nationale d’Haïti (PNH) déploie toutes ses unités pour assurer la sécurité immédiate des électeurs face aux frotteurs de troubles qui peuvent en un clin d’œil détourner l’ordre des choses. A l’extérieur comme à l’intérieur, de différentes unités policières se font remarquer par la vigilance de contribuer aux dernières recommandations du CEP.

Il faut aussi mentionner que dans certaines villes de province des cas d’irrégularité assez faibles sont enregistrés, dont : le roulement des mandataire exigé par le CEP, le déplacement de certains centres de vote et certains cas de manipulation des électeurs de la part d’une série de représentants des partis politiques.

Donc, les élections du 25 Octobre 2015, de 6 heures 40 AM jusqu’à 1heure PM se déroulent dans un peu de calme par rapport à celles du 09 Août 2015. Pourtant, dans le cadre de la présentation des bulletins de vote, surtout ceux des candidats pour les municipalités, certains électeurs avisés et non avisés se plaignent de ne pas pouvoir identifier leurs candidats, car, aucune photo des candidats ne se figure sur la liste.

Attendons voir.

www.encrejournal.blogspot.com         
1 hre. 12 PM
Haït W.I
25/10/2015

jeudi 27 août 2015

Le président Joseph Michel Martelly, humiliation politique et arrogance sociale


encrejournal.blogspot.com
Citoyenneté Active et encrejournal.blogspot.com dénoncent énergiquement le comportement du président de la République, son Excellence Monsieur Joseph Michel Martelly, qui s’aggrave de jour en jour contre les principes élémentaires de l’éthique professionnelle et surtout de son statut comme président de la première République nègre. Quelle aberration !  Le comportement dérangeant du premier prétendu dignitaire de la nation ne fait que révolter la conscience nationale qui s’ensommeille depuis le jour où le musicien s’est porté candidat aux yeux de tous, jusqu’à ce qu’il arrive à la tête du pays de manière la plus rageante qui puisse être.  Si nos hommes politiques sont humiliés aux pieds du président ‘’Tèt kale’’ c’est qu’ils ont un prix à payer à l’histoire pour n’avoir pas pris en compte la réalité stratégique et politique de la sociologie haïtienne.

Trop de passivités et de reculs à la vie politique des citoyens conséquents favorisent un plus grand nombre d’incompétents se croyant capables de s’infiltrer dans la gestion de la cité. C’est ce qui arrive dans notre cher pays d’Haïti où la faiblesse et l’ignorance de l’électorat Haïtien, suivies de la négligence des hommes de bien, militent en faveur de certains hommes politiques ‘’san koutcha’’, vides de connaissance en la matière arrivant à s’imposer en maitre et seigneur face à une couche intellectuelle qui ne s’acquitte  pas de sa tâche et ne fait qu’être humiliée aux élections par ces hommes sans ‘’aveu’’. Il faut repenser la façon de faire la politique, si non les mêmes erreurs vont toujours être commises dans notre réalité de tout instant.

Albert Camus, dans sa compréhension de la gestion de la cité croyait assurément et cela avec un esprit critique que les choses publiques doivent être gérées par des hommes qui métrisent les techniques fondamentales de la politique sans négliger l’aspect anthropologique qui s’accorde avec la réalité de l’aspiration du succès au niveau des institutions étatiques. Et quand c’est le contraire, c’est-à-dire les citoyens conséquents se démissionnent en permettant aux incapables de diriger ou de légiférer, déjà, il faut attendre à toute sorte d’irrégularités administratives. Les élites, pour le bonheur de la nation ont fidèlement un rôle à jouer avec âme et conscience afin d’empêcher que survienne la société. ‘’Quand les élites trahissent la société meurt’’, répétons avec l’algérien/français, Albert Camus.

L’auteur du livre, ‘’La vocation de l’élite’’, Dr Jean Price Mars, traçait le rôle intégrale que doit jouer l’élite d’un pays dans la construction d’un État de droit et de démocratie. Il présentait quelques grandes lignes à suivre pour sauver les valeurs morales, historiques et culturelles sans mesurer la dimension théorique de ses interventions dans la logique de créer un climat favorable aux citoyens conséquents de participer au progrès de leur pays. Cependant, le contraire de cette thèse sociopolitique se dessine continuellement dans la vie politique haïtienne et engendre la notion de ‘’révocation de l’élite’’ vue par l’accès au pouvoir de certains hommes devant rester à apprendre des notions du ‘’savoir diriger’’ sous les lèvres de la classe politique. Mais, hélas ! Cette dernière ne se compose en grande majorité que des personnes passives et inactives dans les affaires du pays et oubliées faciles après leurs mandats de 4 ou 5 ans au pouvoir pour n’y avoir rien fait.

Tout doit se contextualiser et le temps joue sa carte au bonheur de celles ou de ceux qu’il choisit ou veut. Ainsi, à la faveur du temps arrive le président Tèt Kale au pouvoir. A la faveur de la négligence chez nos hommes politiques, il s’impose. Mais c’est normale et cela pour plusieurs raisons, dont :

Manque d’éducation civique et politique de la masse urbaine et surtout de la masse paysanne ; 

La misère et la pauvreté qui détruisent l’orgueil humain chez le peuple haïtien ;

Le crétinisme de nos hommes politiques soi-disant intellectuels ou formés ;

La main mise de l’internationale dans les affaires politiques haïtiennes ;

Entre autres, sont des facteurs essentiels qui jouent en faveur des hommes politiques novices comme Martelly.

Nous pouvons tous bien constater et comprendre qu’au déclin du mandat de ce chef d’État, la situation se complique à un niveau exagéré. La dévalorisation de la devise nationale en est un exemple flagrant où la crise économique est pire que l’époque de l’ambago de 1991. Les élections législatives de fraude massive et contestées du 09 Août 2015. La démission des Ministres attaqués en public soit par le président lui-même, soit par ses pairs. C’est le cas du Ministre de l’Agriculture et des Ressources Naturelles, monsieur Fresner Dorcin battu par le frère de sa femme, Kiko Saint-Rémy. La démission du ministre des Affaires sociales, Victor Benoît. La Ministre à la Condition féminine, madame  Yves Rose Myrtil MORQUETTE, se démet après que le président ait injurié une dame à Léogâne pour une question d’électricité posée par la dame. Bien d’autres cas et situations humiliantes se dressent à la fin du mandat de Tèt Kale pour justifier son comportement arrogant  aux yeux de la population toute entière qui s’en amuse quelquefois. Tel peuple, tel président. (Le peuple a le président qu’il faut). 

La dernière insolence du président Martelly est celle du Mardi 25 Août 2015 au Champs de Mars à l’occasion de la ‘’Carifiesta XII’’. En plein public, le président Tèt Kale en pleine animation humilie le célèbre journaliste haïtien, ex-reporteur de la RFI pour Haïti, Rotchild François Junior, qu’il qualifie de ‘’fiévreux menteur’’. Le président se demande pourquoi un homme (Rotchild) de ce genre accepte de mentir pour un gouvernement qu’on croyait être menteur. Il avance que le rôle du Ministre de communication est extrêmement facile surtout se base-t-il sur le mensonge. Le président Martelly en dévalorisant Rotchild déclare que ce dernier n’était à l’école que pour apprendre à mentir comme journaliste. Et pour justifier sa thèse, le président montait une scène théâtrale du ton railleur en se comportant comme un journaliste qui interroge le Ministre Rotchild sur la question des rapatriés haïtiens sur la frontière haïtiano-dominicaine et Rotchild, soit par crainte d’être giflé en présence des artistes nationaux et internationaux de la fête caribéenne, soit par peur  d’être révoqué par le président comme bon nombre de ministres dans ce régime, justifie la déclaration du président en mentant pour le gouvernement Tèt Kale.

En tout cas. Le porte-parole de la présidence, monsieur Lucien Jura est appelé par le président Martelly, ‘’première dame de la république’’. Le Ministre Rotchild, ‘’Menteur par excellence. Que dire de plus sur ces actes qui atteignent à la dignité et au respect de la personne. Les entourages du président Tèt Kale, devraient continuer à périr avec lui ? Qu’entreprendre Rotchild ? Démission ou pleurs ? Quel avenir pour le respect des droits de l’homme à Haïti ? Peut-on continuer à vivre ces scènes macabres avec le président pour le reste de ces mois au pouvoir ? Nous ne pouvons pas nous taire.

 

BOLIVARD Delcarme
28/26/2015       23 heures 30.
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