mercredi 1 juillet 2015

QUI SUIS-JE ?

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Chaque homme devrait constamment s’interroger sur son existence. Cette interrogation pourrait en tout état de cause permettre à celle ou à celui qui respire de se positionner pour déterminer son origine, son existence, ses attentes et son devenir comme être. Delà, la recherche de savoir son tréfonds lui donnera accès au moins de connaitre les autres par une étude du caractère liée d’un ensemble de vérités universelles.

Se questionner sur son être, c’est questionner l’existence. C’est de savoir, qui existe ? Pourquoi exister et comment exister ? Après quoi, quel serait son sort au grand devenir de l’existence ?

Qui suis-je ? C’est une très grande question philosophique dont l’objectif est de savoir si l’être est l’être vraiment, non pas parce qu’il vit mais par le niveau de son intelligence, par l’ensemble de ses croyances, ses entreprises et autres.

Qui suis-je ? Ce questionnement ne peut être sujet de réflexion ou de débat sans qu’il n’y ait pas toute une myriade d’interrogations de même degré qui pourrait se considérer ou entrer en ligne de compte, dont : d’où viens-je ? Où vais-je ? Existé-je vraiment ? À quoi dois-je m’attendre ou espérer ? Après la mort, que vais devenir ? Suis-je ou ne suis-je pas ? Que sais-je ? Ce sont des interrogations relatives au grand doute invocateur. C’est la démarche pour déceler le réel de l’irréel, le faux du vrai, l’existence et l’inexistence. C’en est ainsi, rien que pour être au rang de ceux qui croient que, se questionner tout le temps de son existence est le seul moyen d’aborder ou de comprendre la vie.

Suis-je le vent ? Le feu ? L’eau ? L’air ? La nature ? Cette tour de questions auxquelles je prétendrais répondre, me permettraient de me jeter dans l’au-delà sans réserve afin que je ne sache pas qui je suis. Si je me disais être le vent, n’aurais-je pas seulement pour fonction de souffler ? Et pour le feu ? Peut-être ne m’attacherais-je qu’aux attributions du feu. Je serais là pour arroser, étancher la soif et autres missions relatives à mon domaine si j’étais l’eau. Pour l’air et la nature, je me garde de ne pas en parler, car, je constate que mon être et mon âme se distinguaient des deux premiers par le seul fait qu’ils s’échappent de ma connaissance.

Je ne puis dire que je suis homme par le fait que j’ai deux yeux, deux mains et deux pieds, deux oreilles, la tête, en un mot tous les organes et cellules au moyen desquels on peut dire que celui-ci et celui-là est un homme, car, plusieurs des êtres comme moi les possèdent. En effet, comme pour la plupart des êtres qui détiennent l’ensemble de ces traits biologiques, alors, qu’est-ce qui me permet d’eux de me distinguer ?

Je ne sais d’où je viens. Trop de connaissances abordent de manière paralléliste la question de l’origine de l’être humain et quand des idées s’affrontent, chacun se réclame gagnant par une justification de son opinion émise. Je ne peux attendre que ce qui m’est arrivé et ce dont je sûr. Je ne vais nulle part si non que de rêver l’aspect grandissant de la vie de l’homme du moi, je vais où je ne voudrais pas par la contradiction de l’existence.

Qui suis-je ? Je n’en ai aucune réponse. Par ailleurs, la seule chose que je sache, c’est que je suis ce que je suis et rien que cela. Toutes autres interventions y relatives seront sans effet.

29/06/2015
BOLIVARD Delcarme, Av. OMD

samedi 27 juin 2015

Propositions utiles contre le racisme dominicain

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Le plus souvent, les États qui pratiquent le racisme sont ceux-là qui développent une politique de contradiction avec les grands accords mondiaux signés en la matière. Ils le pratiquent pour favoriser leurs intérêts tout en se positionnant à déstabiliser une couche sociale qui ne peut pas vivre à elle-même et demande d’être supportée par les agents de la ségrégation. De ce fait, on peut considérer le racisme comme un état de vie ou une situation défavorable évoluée chez un groupe ethnique qui est bien obligé de tout accepter pendant que ses droits sont violés, marginalisés sous quelque forme que ce soit.

Après bien des luttes sanglantes menées contre le racisme qui consiste à bestialiser l’être humain, l’on pouvait croire que ce facteur d’empêchement à la promotion des valeurs sociales irait bannir au niveau de la pensée et de la réflexion de l’homme. L’Afrique du Sud avait connu sa plus belle histoire contre l’apartheid, les juifs de l’Allemagne s’en revendiquaient, et chez nous dans cette position insulaire, nous avons dit NON au préjugé de couleur.

Nous constatons regrettablement ces derniers temps la montée incessante du fléau raciste du côté de la République Dominicaine vers Haïti. Nous observons quotidiennement les effets de cette barbarie sociale dominicaine à un moment où les relations internationales tiennent pour tous les pays dans le cadre d’échange de politique, d’économie, de culture et autres. Nous observons si fort que nous nous perdons dans la recherche vigilante de ce que représente notre diplomatie en de telle affaire ou circonstance.

En 2013, après le décret 168-13 du tribunal constitutionnel à l’Est du pays qui fait des haïtiens nés à la République Dominicaine de simples citoyens haïtiens devant se rapatrier, la situation de nos frères et sœurs là-bas se complique. Ils sont en couvert et ne peuvent se défendre ni personne pour eux. Ils meurent en grand nombre. Et de Juin 2015, à la longueur de la journée nos yeux ne cessent de se fixer sur des femmes, des hommes et des enfants revenant de la République Dominicaine pour certains, visitent et voient le pays (Haïti) pour la première fois pour d’autres. Le racisme s’enflamme dans l’autre partie de l’île, des haïtiens sont sans protection et sans abri, ils sont morts au grand jour sous le soleil torride de leur force de travail.

Que faut-il avancer sur l’évolution du racisme à la République Dominicaine en ce plein 21ème siècle ? Quel en est le rôle de l’État haïtien ? Que dire la société civile et politique de chez nous ?

Nous n’avons pas la prétention de proposer des pistes de solution en la circonstance, mais comme les vœux du patriotisme, nous souhaiterons :
 
          1-  L’intervention directe de l’État dans l’affaire ;

2-   Le renforcement des relations diplomatiques avec la République Dominicaine ;
   
3-      L’application des principes du Droit International Public ;

4-      Le contrôle frontalier haïtien ;

5-      L’abandon sans condition du marché dominicain ;

6-      L’accueil des rapatriés par l’État haïtien ;

7-      Le renforcement de la sécurité ;

8-      La mobilisation du sentiment patriotisme ;

23/06/2015
BOLIVARD Delcarme, Av. OMD

mardi 26 mai 2015

REVUE GÉNÉRALISÉE DE LA GÉNÉRATION DE LA RONDE

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Dans toute l’histoire littéraire haïtienne, la Génération de la ronde ne manque pas d’être controversée et d’être étudiée pour ce qu’elle est et pour l’objectif qu’elle se fixe. Par ces deux tendances, les éclectiques et les nationaux, la littérature de l’époque est pourvue de charme et de beauté par la transmission des idées et des réflexions portées intégralement à ce que nous sommes comme peuple.

Que ce soient ceux qui se servent de l’étranger pour peindre la réalité haïtienne au cours de la Génération de la ronde, que ce soient ceux-là qui s’intéressent généralement à nos mœurs, nos aspirations, nos défauts et autres, nous pouvons sans ambages déclarer que la Génération de la ronde ne fait que traduire les habitudes de l’haïtien par des voies différentes.

Si les éclectiques ne combattent que pour permettre à la littérature haïtienne d’être universelle ou cosmopolite tout en gardant le charme vivant de la société haïtienne, les nationaux, eux-mêmes, ne travaillent que pour expliquer, traduire les réalités ethniques d’Haïti par les techniques et informations typiquement haïtiennes.

Pour la deuxième tendance, à savoir, les nationaux, l’haïtien doit se comprendre par des réalités de chez lui et non d’ailleurs. Et pour qu’il y ait un changement total et radical, tout en basant sur un développement durable à la société haïtienne, il faut éduquer l’être haïtien d’après sa culture, changer sa mentalité pour un avenir certain, tout cela va créer une littérature dont le contenu est imprimé d’aspirations de chez nous.

Les grands poètes de la Génération de la ronde, dont Etzer Vilaire, Georges sylvain rêvent incessamment d’élaborer à Haïti une poésie mitigée de gloire et d’honneur. Ils se consacrent à chanter la valeur de la nation en hissant le ton vers une société qui se distingue sous l’influence des autres sociétés. Pourtant, leur objectif était fondé pour la simple bonne raison que la poésie comme genre littéraire ne doit être ni bornée ni entravée dans son aspiration. Elle doit exprimer avec exactitudes l’idée et l’opinion du poète.

Le réalisme dans les romans de la ronde s’affiche de manière à mettre à nu la société haïtienne. Ces romans reflètent l’identité nationale et dégagent une saveur pittoresque qui dessine une image réelle de qu’est l’être haïtien. Ainsi, Frédéric Marcelin et Justin Lhérisson représentent l’âme nationale de par leurs œuvres consacrées à peindre toute une génération. De ''Thémistocle Epaminondas Labasterre'', en passant par ''La Vengeance de Mama'', jusqu’à ''La Famille des Pitit-Caille'' et de ''Zoune chez sa ninnaine'', toutes les mœurs d’Haïti s’identifient et se déclinent sous nos yeux à tout jamais.

BOLIVARD Delcarme, Av. OMD         26/05/2015       

dimanche 10 mai 2015

Hans Morgenthau


Selon Hans Morgenthau, l’approche volontariste en relations internationales, de par sa méthode et son contenu, ne pouvait permettre un consensus entre les nations, mais plutôt celle dite réaliste. Que pensez-vous de cette assertion.
Les relations internationales se définissent comme étude scientifique des rapports diplomatiques entretenues entre les nations. Elles sont aussi appelées études internationales. Cette deuxième approche définitionnelle désignés en général l'étude des affaires étrangères et des grandes questions du système international, dont : le rôle des États, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que des entreprises multinationales. En fait, les relations internationales appartiennent à la fois au domaine académique et au domaine politique. Elles peuvent être étudiées soit dans une optique positiviste soit dans une optique normative, toutes deux cherchant tant à analyser qu'à formuler les politiques internationales des pays.

Les relations internationales sont  une partie des sciences politiques, et comme telle, son fondement doit être compris par de diverses écoles de pensée qui concourent à lui permettre d’être une véritable étude. Ces principales théories et écoles de pensée sont :

-          Réaliste
      -          Idéalisme
      -          Libéralisme
      -           Institutionnalisme néolibéral
      -           École anglaise
      -          Théories marxistes
      -          Les théories volontaristes
      -          La théorie de l’autolimitation : le volontarisme unilatéral
      -          La théorie de la ‘’Vereinbarung’’ : le volontarisme plurilatéral
      -          Le positivisme ou néo-volontarisme
      -          Les théories non volontaristes ou objectivistes
      -          La théorie du droit naturel : l’objectiviste morale métaphysique
      -          La théorie normativiste : la théorie pure du droit : l’objectivisme logique
      -          La théorie de l’école sociologique : l’objectivisme sociologique
      -          Etc.

Parmi toutes ces écoles de pensée et ces théories élaborées en faveur des études sur les relations internationales, nous allons, en peu de mots considérer l’approche volontariste et réaliste. Ce travail combien important va nous permettre d’analyser l’affirmation de Hans Morgenthau qui est ainsi formulée : ‘’L’approche volontariste en relations internationales, de par sa méthode et son contenu, ne pouvait permettre un consensus entre les nations, mais plutôt celle dite réaliste. Que pensez-vous de cette assertion.’’
A)    Considérons la théorie volontariste :
Selon les théories volontaristes, les États peuvent agir ou pas selon leurs volonté. Trois aspects traduisent l’existence de ces théories : la théorie de l’autolimitation, le volontarisme plurilatéral et enfin le positivisme.
1-      La théorie de l’autolimitation : le volontarisme unilatéral
C’est donc le philosophe Hegel qui considère que l’État (‘’véritable Dieu sur terre’’) est une personne juridique d’une nature distincte de celle des hommes. Ainsi, selon cette théorie, l’État ne peut être lié par le droit que s’il y consent ; autrement dit, il n’est lié par ce droit que s’il accepte le droit dans l’ordre interne. Mais il peut également se limiter dans ses rapports avec les autres états.

L’État dans le sens de l’autolimitation n’a pas limité son pouvoir, il est libre d’agir. Cela met en évidence les inconvénients majeurs de cette théorie : une grande instabilité et insécurité juridique. En, effet, les états peuvent se défaire d’un accord international s’il est devenu contraire à ses intérêts. Le droit international apparaît donc comme ayant un caractère obligatoire illusoire et selon Jellineck, ‘’la communauté internationale est de nature anarchique’’.
2-      La théorie de la ‘’Vereinbarung’’ : le volontarisme plurilatéral
Cette théorie développée en 1899 par Heinrich Triepel et surtout Utilisée dans les pays anglo-saxons, le droit international public est certes créé par la volonté de l’État mais il ne résulte pas des volontés isolées des États. Il résulte de l’unité, de la fusion des volontés des états (vereinbarung) car, dans les traités, les états veulent parallèlement la même chose. Cette fusion des volontés peuvent être expresse (les conventions humaines) mais également tacite (la coutume). Mais dans les deux cas il faut un accord de volonté. Ainsi, Triepel met en évidence la distinction entre le droit international public et le droit interne. Ce dernier résulte de la volonté de l’État agissant seul alors que le droit international est fondé sur la fusion des volontés de l’État.
3-      Le positivisme ou néo-volontarisme
Cette théorie est inspirée de la pensée d’Auguste Comte sur la Sociologie : ‘’Le positivisme’’. Pour Comte, les règles de droit sont celles qui sont reconnues et effectivement pratiquées par les États ; il y a donc absence des conceptions subjectives du droit.
Les positivistes tels qu’Anzilotti scrutent que le droit n’est pas artificiellement créé par l’État mais qui est un fait social dérivant de la vie en société. Ainsi, un État ne peut pas arbitrairement créer n’importe quel droit car il doit tenir compte des nécessités sociales. Mais si l’État n’est pas un créateur de droit au point de vue matériel, son intervention est nécessaire au point de vue formel, c’est ainsi qu’est née l’idée du néo-volontarisme. En effet, il faut que l’État donne son empreinte au droit issu de la vie sociale pour que la règle devienne règle de droit. Ainsi, les règles de droit international sont obligatoires car elles sont fondées sur leur reconnaissance en tant que tels par les états.
B)    Considérons la théorie réaliste :
Basé principalement sur le caractère conflictuel des relations internationales, la conception réaliste ne conçoit que peu les coopérations interétatiques. C’est avec Hobbes que commence ce courant, en définissant le monde comme anarchique, et avec Machiavel, qui affirme qu’aucun État ne se trouve régi par une entité supérieure, et de ce fait n’a pas de limite à ses actions ; les rapports mondiaux sont fondés sur des luttes constantes régies par la volonté de puissance. En effet, les hommes seraient animés d’un désir de pouvoir toujours plus grand, qui se retranscrivent à la hauteur des pays. Dans le Prince, Machiavel montre que la finalité de tout homme réside dans l’extension de sa force, qui se fera selon la ruse du renard, et donc la diplomatie, et la force du lion, donc la force militaire. Les actions de l’Etat ne sont relatives qu’à des intérêts, aucune morale ne rentre en jeu.
Le courant réaliste est repris par Hans Morgenthau au 20e siècle. Celui-ci pense que le monde qui n’agit que selon des intérêts propres, et donc qu’avec une multitude de conflits ne peut que difficilement s’approcher de la morale. Il met en avant l’autonomie de la sphère politique par rapport aux autres. La pensée réaliste se rétablira également grâce à Henri Kissinger ou encore Raymond Aron.
Alors que certains conçoivent les relations internationales comme de simples rapports diplomatiques, les réalistes les perçoivent en tant que fondées sur des principes conflictuels. Ce sont les Etats-nation qui engendrent une interdépendance entre les pays.
Le réalisme évoque la nécessité d’un rapport interétatique conflictuel dans la mesure où les États ne se soumettent à aucune autorité supérieure ; tout Etat étant souverain, il s’impose aux autres en terme militaire et souverain, et tous deviennent rivaux les uns des autres. Le but de l’État est avant tout celui de la puissance et de la force.
En somme, après notre étude basée sur l’approche volontariste et réaliste en matière des relations internationales, nous avons troué que le volontarisme en relations internationale est trop borné et limité pour permettre un consensus entre les nations. En effet, nous sommes convaincues avec Hans Morgenthau qui eut à déclarer que l’approche volontariste en relations internationales, de par sa méthode et son contenu, ne pouvait permettre un consensus entre les nations, mais plutôt celle dite réaliste.
10/05/2015     BOLIVARD Delcarme, Av. OMD

samedi 7 février 2015

‘’LE RETOUR FURIEUX DE SOVE’’ ROMAN de BOLIVARD Delcarme, une approche historique haïtienne de 1957 à 1986

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            Le palais national est bien entouré par des gardes, armés jusqu’aux dents. Pourtant, la terreur s’intensifie et prolonge presque sur tout le territoire.

Le président Jacenauld Luvedari, dans sa belle chambre, se plonge dans la terreur par les mauvaises nouvelles apprises de la part du peuple haïtien. Sa femme est aux abois du courage regrettant sans se plaindre d’avoir accepté et choisi un tel homme.

Le palais national troublé par des menaces de toute sorte. Le soleil se cache, laissant après lui des pleurs aux cœurs et dans les yeux. Ainsi, se fait entendre la chanson :
                                               
                                               ‘’ Lèm pa wè solèy la (bis)
                                                    Mwen paka leve e,
                                                    Mwen paka dòmi i,         
                                                    Kèm pa kontan
                                                    Mwen paka ri’’.

Ti Kòd s’installe dans une chambre spéciale où son père défunt savait prier les gros loas. Les yeux fermés, il récite des oraisons de Saint-Michel Archange.

- Simantò. Simantò oui, viens me trouver. Appelle Ti Kòd l’un de ses plus beaux amis gendarmes.

- Son excellence. Fait le gendarme.
- Où est ma femme ?
- La première dame ?
- Oui.
- Elle doit être là, dans l’autre chambre entrain de se vêtir pour venir au près de vous.
- Dis-lui de m’apporter le petit appareil de l’autre salle.
- Oui chef, à vos ordres !

Il se déplace dans le but de transmettre le message qui lui est confié. Trois pas après, il retourne au prés de Ti Kòd et lui dit :

- Son excellence, à vos ordres !
- Quoi d’autres ?
- Vous m’avez oublié de dire de quelle chose s’agit-il exactement.
- Le petit appareil dans lequel on voit des hommes qui émeuvent.
- C’est son nom ?
- Allez imbécile ! Va le lui dire. Répète énervement Ti Kòd.

A force de penser et truffé de tresse, le président Jacenauld arrive à oublier le nom de l’appareil mais, sa femme très calme saura de quoi veut-il parler. La première dame, aidée par le gendarme ; apporte le téléviseur à Ti Kòd.

- Merci, ma femme intelligente.

Sans perdre de temps, le président Jacenauld fait alimenter l’appareil de l’énergie et dans lequel le peuple qui manifeste avec de grandes pancartes comportant le portrait déformé de Ti Kòd: tête avec de grandes oreilles comme celles d’un lapin et le reste du corps comme celui d’un chien avec sa longue queue.

- Quoi ? Moi-même ? S’interroge étonnement le président.

Il court dans la grande salle, et bien vite il se fait trouver un miroir l’aidant à percevoir tout son corps.

- Moi-même ça ?
Il touche la tête.
- Moi, moi, moi, même ça ?

Il marmotte.

Il touche ses fesses pour vérifier si effectivement il a de queue.

Pour toutes ces raisons, je vais foutre détruire toute la masse. Heu ! Où êtes-vous ? allez, tuez tout ce que vous voyez.


                                    ‘’ ABA JACENAULD, VIV LIT PEP LA’’
                                    ‘’ MINISYEN SE CHYEN, BANN VORAS’’  
                                    ‘’ LAVIDURE MANJE KAKA’’
                                    ‘’ RACHE MANYOK OU BANN PEYI-A, VISYE, SAN NANM’’

Autant de propos incongrus s’écrivent en lettre majuscule sur presque toutes les murailles de la République. Des pancartes et slogans mal saints pour induire le pouvoir des Luvedari dans le monde infernal. Les pneus sont dresses dans tous les racoins du pays. L’attaque violente du peuple qui se venge de ses remords. C’est l’ère de ‘’ dechoucage’’. Toutes les activités sont paralysées pour de bonnes causes.

Dans toutes les rues, une seule chanson à la mode ; la femme de Jacenauld qui complote avec son père dans le cadre de l’engloutissement de la jeunesse haïtienne.

                                   
                                                        ‘’ Minou Tinete, I m sorry for yo
                                                           Se nan video wap gade sakap pase;
                                                           Ou voye papaw al achete yon bonm New York,
                                                           Pou elimine tout jenès an Haïti.
                                                           Lèw fè sa, ma pèw
                                                           Paskew se makout ou konnen ou ka kraponnenm,
                                                                       Ou rale wouziw la, mwen big-up sou ou,
                                                            Ou rale baton gaïc la, mwen relax sou ou’’.

Cette chanson parcourt tout le territoire et moindre effort on peut la chanter.
 
De l’autre cote, les miliciens continuent faiblement d’exercer leur capacité en se tenant quelque fois fermes et en unissons ils chantent :
                                     
                                                ‘’ Alaso grenadye’'
                                                    Saki mouri zafè a yo.
                                                    Pagen  manman, pagen papa,
                                                    Saki mouri zafè a yo’’.

Ils ne craignent de rien, même quand dans la mêlée leurs tripes sont pendues à la flèche des palmistes.

Sovè ne cesse de lutter sans être fatigué. Il ravage et tue à la connaissance de son esprit d’antan. Les soldats ; dirions mieux, les assaillants de Sovè sont sans pitié pour les bourreaux. Ceux-là n’ont qu’un but, celui de se venger des haïtiens injuriés et se débarrasser le pays de ces sanguinaires pour un lendemain meilleur.

Dans le Nord du pays, plusieurs autorités politiques sont démissionnées sous les pressions incontestables du peuple. Certains d’entre eux, en plein air, déclarent  n’avoir jamais fait partie du régime duvaliériste. D’autres s’enfouirent toujours avec leurs orgueils formés du pouvoir sanguinaire de Lavidure. Le V.S.N (Volontariat pour la Sécurité du National) est devenu ; Victoire Sensible de la Nation, et ébranlé sous la colère du peuple.

La tension s’intensifie par degré dans tous les quartiers de la cité Christophienne : ‘’Cité Lescot, la Fossette, Nan Bannann, Chada, Bas Ravine, La Violette’’, tous furent complètement troublés et bouleversés par un peuple qui réclame justice de leur vie.

Des flammes grimpent les nuages comme l’anolis en surveillance qui traverse la limite d’une branche d’un arbre pendu jusqu’à terre. Le peuple s’investit les casernes comme leur bien et profite du temps également pour piller certains gros magasins de la place, sous couleur que leurs propriétaires sont des macoutes qui fortifient en argent et en nourriture les miliciens de toutes qualités.

- Barrez ! C’est bien l’un d’entre eux. Répète énergiquement Sovè qui court tors nu, à ses cotes, deux vaillants soldats ; à chacun une machette et un pneu.

- J’ai dit c’est bien l’un d’entre eux car, sa manière le prouve. Identifiait Sovè.
- Je ne suis pas milicien !
- Eh ! C’est qui ? Demandait Sovè, ne voulant pas laisser le premier.
- Simple haïtien.

De cette réponse, un coéquipier de Sovè sans s’adresser à son chef, lance un pneu au cou du milicien, comme l’on attrape un bœuf sauvage au moyen d’une corde.

- T’en prie. Fait le milicien qui essaie de s’échapper toujours avec le pneu au cou.

De la gazoline à allumette ; feu. Dégage un ami de Sovè.

 Travers le pneu, on introduit de la gazoline suivie d’une boite d’allumette bien pleine. Depuis des tresses de cheveux jusqu’aux orteilles, s’allume un feu vif mitigé de graisse du milicien, sous un bruit expliquant celui du maïs en plein huile d’une chaudière chaude.

- Oh ! Pitié.

C’est le dernier mot qu’il arrivait à prononcer faiblement.

La troupe de Sovè traverse la grande rue, et du même coup rencontre un autre milicien. Cette foi-ci sans tarder, l’on enfonce un morceau de bois à son anus. Une pierre sur la poitrine d’un autre, un coup de machette au visage.

Avec force, ils prennent le Nord, disons plutôt le Grand Nord car, en même temps l’opération se fait dans toutes les zones périphériques et toutes les communes de cette position.

Le soir fut arrivé mais, personne ne sait où se loger. Sovè est furieux par ailleurs, il a toujours du respect pour Saint-Julia qui est la porteuse de la nourriture et du breuvage pour fortifier les gens de l’armée de Sovè.

- ‘’ Kenbel, barel’’. Répète l’un des soldats de Sovè en pleine nuit, voyant non loin de lui un homme.

- A moi secours. 
- Il est un milicien.
- Pas vrai.
- Je vais te fouiller. Avançait Sakitwòp, un confrère de Sovè.

Il met debout le prétendu milicien puis, il commence à actionner.

Dans des poches de pantalon, deux mouchoirs très chiffonnés de couleur rouge et noire ; dans sa poche de chemise, un cigare et une photo de Jacenauld Luvedari.

- Il est franchement un milicien. Confirmait Sakitwòp.
- Pas moi seul, bien d’autres hougans le sont aussi, à titre d’exemple, Pananyen le plus célèbre hougan, cache chez lui des miliciens les plus chevronnés que moi.

- Quoi ?
- Merde ! Merde !
- Deux coups de poignards à la poitrine.

Sovè excité, contourne les yeux jusqu’à inviter ses hommes à se rendre chez le hougan Pananyen pour avoir trahi l’idée patriotique. Sans retarder, ils furent arrivés furieusement sur l’habitation de Pananyen. Dieu soit loué, le hougan Pananyen, ayant appris peut-être cette visite rageuse, prenait le marquis lui et sa famille.

- Cararó ! Il est déjà parti.
- Incendiez-moi le houn for.

Bonne exécution, et on a réduit en cendre le ‘’badji’’ de Pananyen.

Il faut marcher prendre les autres.

L’idée est rependue sur tout le territoire. On tuait les hougans, les badjikans, les lougarous, les bizngos, les venblendengs et on avait même ‘’déchouqué’’ les homosexuels.

Le peuple chante en cœur :

                                               

                                                   ‘’ Dechoukaj la poko fini,
                                                    Anwo palè-a, chaje-k makoute’’.


Dans toutes les stations de radio, tant dans les provinces qu’à la capital; plusieurs compositions musicales engages étaient en vogue.

                                                 
                                                     ‘’ Tout milicien ki lòt bò dlo, merite jugé ;
                                                     Bare, bare, bare bann kriminèl yo
                                                     Yo merite jugé’’.


Le Grand Nord fut ravage et le peuple commençait à crier victoire en fredonnant un air d’apothéose.
                                              
                                                    ‘’Jacenauld Lavidure, papaw te diw
                                                      Depi Okap frape, se pouw rale dadaw’’.

Cette chanson traduit déjà la victoire du peuple sur le régime duvaliériste puisque la ville du Cap-Haïtien enfin tombe sous la domination honorifique de Sovè.

La joie pour le peuple qui sourit et qui se venge de ses remords, alors que pour les miliciens c’est la tristesse, c’est la fuite. ‘’Un temps pour chaque chose et chaque chose a son temps ; dit la sainte parole’’.

Sovè et les autres s’arrangent pour la dernière attaque qui se fera à coup sûr à Port-au-Prince, zone privilégiée des Luvedari.

Au sein de la capitale d’Haïti, de nombreux haïtiens partent déjà au pays de l’au delà. De ce nombre, on n’à qu’à distinguer la quantité de miliciens qui sont tués par la colère intouchable du peuple. Pourtant cela n’empêche aux autres de continuer de proférer sur l’avenir du peuple haïtien. En rang, toujours les mêmes vêtements ; avec les mêmes idéologies.
                                             
                                                   ‘’ A laso grenadye
                                                    Sa ki mouri zafè a yo,
                                                    Pa gen manman, pa gen papa,
                                                    Sa ki mouri zafè a yo’’.

Cette chanson fleurissante, leur donne beaucoup de forces et de courages pour lutter en faveur de leur pouvoir.

- A vie ! Fait l’un.

Mais l’équipe est si faible, on ne peut entendre que deux à trois voix fin dolentes répétant.

- A vie, à vie.

Il était dix heures du matin quand le peuple se massait devant le portail du palais national après avoir fini de ravager toutes les casernes et d’éliminer tous les tontons macoutes. Armes en badition, il réclame la tête de Ti Cod tapis en tremblote à rebord d’une fenêtre du palais en train de regarder avec humiliation la réaction sanguinaire d’un peuple ayant souffert de toute son existence.
                                                   

                                                       ‘’ Nou mande, nou mande
                                                          Fòk Jacenauld ale’’. (Bis)

Le peuple acharné, veut pénétrer le palais, mais, retenu sous les ordres de Sovè. Certains d’entre eux, pour exprimer leurs colères s’introduisent à vandaliser les grandes œuvres artistiques du pays. D’autres, émeuvent pour prendre le président. On défonce le cadenas du portail, on entre dans la cour du palais. Sovè à la tête, se dirige là où il aperçoit l’hombre noir de Ti Kòd

- Je vous en prie, ne me tuez pas. Parle Ti Kòd en voyant venir la colonne de personnes au prés de lui.
- C’était mon père, ce n’était pas moi. Accordez-moi une chance, je vous donnerai de l’argent et tout ce que je possède.
- Ma femme ? Elle est belle, elle est là. Je peux vous la passer ?
- Mes voitures ? Vous ne les aimez pas. Encore puissé-je vous les donner ? Mes argents ? Mon pouvoir ? Ce n’est rien si vous en voulez. Laissez-moi aller les chercher pour vous.

Ti Kòd commence à déparler sans même encore être fouetté et interrogé.

- Silence !
- Oui, de mes bien, lequel désirez-vous ?
- Silence, dis-je !
- Bonpasòt. Appellait Sovè.
- Plait-il commandant.
- Prenez-le et au travers de son cou, passe une corde.

L’exécution de cet ordre, on prend Ti Kòd, on le traine avec ses deux bras liés jusqu’au dos. On le bouscule, on le gifle, on le frappe à la tête jusqu’à ce qu’il fasse un cri perçant le mystère de la vie. On le traine jusqu’au dehors du palais et on l’expose ; la tête abaissée, sueurs au front, salives à la bouche, sur la grande place ; disons mieux sur le champ de mars.

                    ‘’MEN KRIMINEL LA ‘’, crie le peuple.

Après bien des minutes, on embarque ce dictateur et sa femme à bord d’un avion pour un pays lointain ; le corps hache menu, regret à l’esprit.

Une deuxième révolution du peuple haïtien, une deuxième indépendance. La chanson se dit ainsi et bien connue de tous :
                              
                                             ‘’7 février, avan solèy levé,
                                             Ayiti libere, dezieme endepandans’’

Ce fut un véritable soulèvement avec pour chef en tête Sovè bien assisté de sa marraine Saint-Julia et les autres. Le peuple s’embrasse, c’est la réconciliation ; une nouvelle vie pour un nouvel espoir.

Après un an, soit en 1987 de cette grande révolte, un nouveau vent d’espoir souffle le cœur et l’esprit de tous les haïtiens. C’est le recommencement de la vie dans son devoir et obligation. Bien des hommes qui ont abandonné le pays pour n’avoir pas voulu exterminer sous la colère des hommes de Luvedari, décident enfin d’y être de retour pour jouir de ce grand privilège symbolisant une nouvelle forme de liberté. C’est la joie au cœur du peuple, c’est également l’envie de vivre et de revivre.

Dans tous les recoins, c’est la musique, du plaisir. C’est aussi le partage de bons sentiments patriotiques après l’exil bien merité du fils du lion. Les tontons macoutes ne sont plus à la mode et leurs foulards jaunes sont pendus sur toutes les lignes de la capitale en signe d’échec total pour ce régime sanguinaire. C’est le temps de vivre, puisque le dictateur vient d’être exilé et de laisser tranquillement maintenant la nation.

Dans une grande assemblée générale, Sovè, Saint-Julia et la troupe font venir les haïtiens des quatre coins du pays afin de partager un vers de bonheur qui leur avait attendu. Sovè en profite pour présenter la bravoure de sa marraine et le reste de l’équipe tout en demandant à la grande assemblée de se lever pour saluer le courage d’Ilyodor le défunt et la famille d’Inosan qui combattait aussi invisiblement.

Avec l’aide de bons hommes de droit et de bons citoyens avisés, on élabore la constitution à base de laquelle le nouveau peuple libre marchera sans ambages pour la fierté et la gloire du pays.

On bâtit des hôpitaux, des écoles primaires, secondaires et professionnelles. On érige de grandes universités pour accueillir des finissants. On construit toute sorte de voie pour permettre l’échange accessible au commerce. On fait du bien pour le pays, après plus de 30 ans de tortures, de dictature et de peine.

- He frère ! C’est lui le fils du défunt Inosan ? dit de loin un vieillard en tremblant qui essaie d’allumer un cigar.
- Oui, c’est bien lui.
- Oh ! Papa, un Sovè tout de bon.
- Ah ! Ça c’est vrai.

Sovè regarde Saint-Julia et l’embrasse, pendant qu’une colonne de perdrix traverse la ligne de la limite de la capitale. Un vent doux et paisible les frappe au nez pour ressentir une nouvelle bonne odeur pour une nouvelle Haïti chérie.                                                             

BOLIVARD Delcarme


 

NOUVEAU ROMAN : LE RETOUR FURIEUX DE SOVE     9/12/2008


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