samedi 27 juin 2020

Sous nos yeux

Le Franc n'est ni l'écu ni l'euro.
Dans ses oeuvres, il s'est fait héros.
C'est la fin qui justifie le temps,
Et le Franc s'y voit tel qu'un méchant.

Perdre mon dé n'était pas mon désir.
Et quand la Mairesse eut à faire et dire,
Tout va à la cafetière de Nawoon.
Symbole de nullité, notre Woon.

Et si dans ce monde Dieu donne la paix?
Pas pour ces Hommes comparables aux faix.
Mais pour qu'étiennent le respect et l'amour,
En dehors de l'espoir de ces vautours.

Delcarme BOLIVARD, Av.MA.

24/06/2020

vendredi 29 mai 2020

Le travail à Haïti et le "Coronavirus" (Covid-19)

‘’ _Nous ne voulons pas hyperboliser notre approche sur le concept "Travail" à Haïti. Mais, par notre sens d'observation, nous avançons que le travail au sens juridique du terme, semble n'avoir jamais été réellement à Haïti de l'esclavagisme au post-moderne. Ce constat, nous allons l’illustrer tout au long de notre réflexion dans le présent article par une combinaison d'exposé des faits, une revue littéraire et une analyse scrupuleuse des instruments juridiques internationaux et nationaux applicables à la thématique.’’_

De 1804 à 2020, le travail, s'il en avait ou a, n'avait jamais été ou n'est effectif à Haïti. Les faits et les réalités le démontraient et continuent à le justifier. Que ce soit avec la politique d'agraire de Jean-Jacques Dessalines faisant des nouveaux libres de rudes artisans des champs, en passant par le caporalisme expressif prescrit par le Monarque Henri 1er, jusqu'à l'époque de débauche initiée par certains Présidents haïtiens, dont : Jean-Pierre Boyer, Alexandre Pétion, René Garcia Préval, Michel Joseph Martelly, Jovenel Moïse, (…) ; le terme Travail se voit distinctement nuancé, considérant les principaux éléments de cette activité humaine. Les paysans délaissés par l'irresponsabilité de l'État haïtien. Un État forgé sous un fondement délabré des hommes et femmes cancres envahissant constamment les sphères de la vie nationale empêchant que les citoyens conséquents s'y établissent en homme libre.

L'occupation américaine à Haïti du 28 juillet 1915 au 1er août 1934 expliqua tout, où le travail se réduisit à sa plus simple signification(1). La "corvée" s'y installa. La masse populaire haïtienne, incapable de subvenir à ses besoins, se livra à des luttes fratricides interminables. Les ouvriers dans les factoreries, les employés de l'administration publique et/ou privée, en dépit du fait qu'ils exercent leur force du travail, ne pouvaient répondre aux exigences quotidiennes. Et le "Coronavirus" (Covid-19), déclenche un nouveau catalyseur négatif permettant aux citoyennes et citoyens conséquents haïtiens d'observer sans merci les autorités étatiques qui n'ont aucun intérêt au mieux-être de la population, malgré l’esprit du préambule de la Constitution haïtienne en vigueur.

Il est vrai qu'aucun pays du monde ne peut résister pour l’heure à la force irréductible de la maladie au nouveau "Coronavirus" (Covid-19), appelée officielle pandémie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Mais, le cas d'Haïti est plus dramatique. Manque d'infrastructure sanitaire, défaut de transparence dans la gestion de cette pandémie, la corruption au niveau de l'appareil étatique haïtien, l’incertitude de la population face aux informations circulées par les responsables du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Tout aggrave la situation du pays par rapport à l'évolution de la Covid-19, dont les conséquences néfastes atteignent tous les secteurs de la vie nationale.

Les États-Unis d'Amérique, par la contamination exponentielle de la population du "Coronavirus", accuse une baisse considérable en matière d'emploi. Plus de 33.000.000 personnes se sont inscrites au chômage. Il s’agit d’une récession historique jamais observée depuis 2008, provoquée par la crise liée au nouveau "Coronavirus"(2). Selon la première estimation du Département du Commerce, publiée le Mercredi 29 avril 2020(3), le PIB américain a chuté de 4,8 % enregistré par la fermeture involontaire des entreprises de toutes sortes, représentant plus de la moitié de la main d'œuvre américaine. Malgré tout, les autorités de l'État américain admettent de manière graduelle de rouvrir les activités économiques afin de résoudre le problème de chômage qui ronge sans précédent le pays.

La décroissance économique française se perçoit à l'heure du confinement imposé par la Covid-19. Le chômage s'intensifie. Un ralentit d'emploi de plus de 10.000.000 personnes au chômage se fait sentir(4). Le Produit Intérieur Brut (PIB) s'est contracté de 5,8 %. Et le gouvernement français, malgré la force du ‘’Coronavirus’’ à se répandre à travers tout le territoire national, croit que le pays doit se déconfiner pour une relance de l'économie française.

L'Italie, le Canada, l'Allemagne pour ne citer que ces pays là, sont tous sombrés sous les élans inattendus de la Covid-19 dans le monde. Ces pays assistent impuissamment à l'effondrement de leurs systèmes économiques avec la présence de la Covid-19. Et la Chine dont le nom serait retenu comme la source principale de la pandémie du "Coronavirus", a connu au premier moment de l'apparition de cette maladie une faiblesse économique entraînée par le dysfonctionnement des entreprises publiques et privées. Cependant, par une nouvelle stratégie économique de l'État Chinois, la relance des activités, bien que timides, permet à ce pays de restructurer son système économique à un point tel qu'il part en aide aux pays sévèrement frappés par le "Coronavirus", sous une forme de diplomatie commerciale baptisée : ‘’Soft power’’.

Contrairement aux exemples susmentionnés, l'État haïtien est incapable de se prononcer sur la question de travail au moment de la Covid-19. Aucune autorité étatique haïtienne n'est en mesure de soumettre un tableau à travers lequel, il se démontre le niveau du travail et du chômage dans le pays avant et pendant la Covid-19. Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), organe représentatif de l'État haïtien dans le domaine de l'accompagnement social et du travail sans oublier les autres organismes du développement haïtien, n'en peut rien dire. Sauf, il est dit de manière injustifiable que plus de 55.000 ouvriers du textile en chômage conjoncturel et doivent reprendre le chemin du travail dans l’objectif de redresser l’économie haïtienne.

Ainsi, considérant qu'avant le "Coronavirus", le travail à Haïti fut toujours un projet irréalisable, pendant la propagation de cette contagion dans le pays, c'est donc pire. Les professeurs manifestent pour réclamer leurs salaires, les agents de la Police Nationale d'Haïti (PNH) gagnent les rues et saccagent tout ce qu'ils trouvent sur leurs routes afin d'exiger un mieux-être, les Syndicats des travailleurs, les employés de la Direction Générale des Impôts (DGI), les professionnels de la santé, entre autres; pour pouvoir bénéficier de leurs salaires entre les mains de l'État haïtien, sont obligés, soit de grever, soit d'incendier, de détruire violemment les institutions républicaines du pays. Donc, peut-on de-là parler de travail à Haïti ? Pourquoi est-il nécessaire de manifester farouchement à Haïti pour se faire payer après avoir travaillé ? Quel est le sens et l'essence du travail dans le pays ? N'y a-t-il pas dans le pays la même logique de la métropole axée sur l’exploitation ? La force du travail à Haïti, est-elle négligée par le fait que les dirigeants du pays s'enrichissent au mépris des normes et de l'éthique du travail ?

 *Des approches définitionnelles du travail, cadre légal et interprétations*

Pour Karl Marx : " _le travail est le prolongement de l'homme. C'est une partie de son existence individuelle. C'est un moyen de substance. Le travail crée la détermination de l'homme par lui-même. Le travail définit l'homme en ce qu'il constitue l'essence de l'activité humaine, la forme universelle du rapport de l'homme à la nature(5) ._

Par cette approche, nous déduisons strictement à Haïti que le travail, au lieu d’affranchir la vie du citoyen, contribue à sa défaite sociale. Et ce déséquilibre constant fait de l’homme haïtien un être en transite dans son propre pays, car, son avenir pour lui se désigne à l’extérieur. Mais, à l’heure du ‘’Coronavirus’’ à Haïti, y a-t-il une façon de restaurer la dignité et le respect du citoyen dans le travail ?

Gérald Cornu, dans son "Vocabulaire juridique", 11ème édition mise à jour, avance : " _le travail est toute activité humaine, manuelle ou intellectuelle, exercée en vue d'un résultat utile déterminé(6)._

Par cette définition du travail, nous sommes en droit de demander si les activités menées par nos concitoyennes et citoyens haïtiens ne sont pas nécessaires pour n'y être pas rémunérés régulièrement ? De même, nous pouvons nous dire, quelle est la nécessité de se battre pour se faire payer après avoir travaillé ?

 *Organisation Internationale du Travail (OIT)*

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) au niveau de sa Déclaration de Philadelphie en 1944, expose notamment quatre (4) principes fondamentaux dans le cadre de l’importance du travail. Ce sont :

1- Le travail n’est pas une marchandise ;
2- La pauvreté, où qu’elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous ;
3- Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté, la dignité, la sécurité économique et avec des chances égales ;
4- La réalisation des conditions permettant d’aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale(7).

Ces quatre (4) facteurs de l’OIT mettent à nu les attributions de l’État haïtien par rapport à la nonchalance du travail dans le pays surtout en ce moment de la propagation de la Covid-19. Donc, comment parler du travail à Haïti, pendant que plus de 80% de la population pataugent dans la misère ? Comment parler du travail à Haïti, pendant que plus de la moitié de la jeunesse du pays a envie de forger leur avenir ailleurs ? Comment parler du travail à Haïti, pendant que la présence du "Coronavirus" sur le sol national ne contribue qu’à l’enrichissement des dirigeants insouciants du pays ? Comment parler du travail dans le pays, pendant que la pauvreté est la règle dans le milieu haïtien où aucune activité ne fonctionne sérieusement ? Les enfants ne peuvent se rendre à l’école faute de moyens économiques de leurs parents. Le coût de la vie s’accroît par degrés. N’est-il pas monnaie courante à Haïti de travailler sous des conditions inhumaines ? La médiocrité ne remplace-t-elle pas le mérite à Haïti ? Travailler à Haïti quelquefois, n’est-il pas synonyme de la corruption à certain niveau ? Le proverbe français nous apprend que le travail est un vrai trésor(8). Mais, qu’en est-il dans la réalité quotidienne d’Haïti ?

*Déclaration Universelle des Droits de l’Homme*

L’article 23 de cette déclaration, titré : ‘’Droit au travail et à une rémunération décente, liberté syndicale’’, dispose : ‘’ _Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts(9).’’_

Le faible revenu des soi-disant employés des institutions publiques et/ou privées dans le pays entraîne un état de choc au niveau du pouvoir d'achat. Ce dernier est dû par la politique de salaire minimum imposée par l'État haïtien. En effet, de 2010 à 2020 le salaire minimum passe de 250 gourdes à 550 gourdes(10),  ce qui provoque au contraire une misère noire dans la société haïtienne où la population vit avec moins de deux dollars américains par jour. Vu la dévalorisation de la gourde face au dollar américain, nous estimons que le salaire minimum ne peut répondre à la cherté de la vie d’aujourd’hui.

Si l’on se réfère au dernier rapport semi-annuel sur la région de l’Amérique Latine et de la Caraïbe publié par la Banque Mondiale, intitulé : ‘’ *L’économie au temps de Covid-19(11)*", nous pouvons comprendre l’impact négatif du "Coronavirus" sur le système économique de ces zones. Par une carence d’emplois dans tous les secteurs, les citoyens, non seulement sont sous le poids de cette pandémie, mais aussi et surtout, sous les effets du chômage.

En effet, selon ce rapport, la région de l’Amérique Latine et de la Caraïbe doit s’attendre à une croissance négative de -4.6% cette année, avant de rebondir à 2.6% en 2021. A rappeler que l’année dernière, la croissance de la région était de 1.7%. Dans ce rapport, Haïti pourrait passer à -3.5% en 2020, sous les impacts de la covid-19. Par ailleurs, la République dominicaine pourrait voir sa croissance tomber à 0% cette année, toujours a fait remarquer le dernier rapport de la Banque mondiale(12).

Le "Coronavirus" vient tout chambarder et le secteur d'emploi n'y est pas échappé. Cependant, pour plaire aux oligarques de la bourgeoisie mafieuse haïtienne, l'État accepte que les factoreries et les entreprises textiles rouvrent leurs portes pour accueillir pêle-mêle les ouvriers dans des conditions extrêmement fragiles. Outre le salaire misérable tardif perçu par les ouvriers, aucune disposition sérieuse n'est engagée en leur faveur face à la pandémie de la Covid-19. Distanciation sociale non respectée dans le milieu du travail, peu de masque au visage observé, transport inconfortable et ridicule aux yeux désespérés des dirigeants incompétents. Ainsi, eu regard aux dispositifs de la Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, en ses articles 35 et alinéas(13), nous constatons que le législateur a été incontournable dans ses réflexions pour le bonheur de l'être haïtien dans le travail. Par ailleurs, dans la réalité, nous sommes consternés de voir dans quelles conditions travaillent nos compatriotes. A cela, s'adjoint le "Coronavirus", mal de l'année 2020 à tous les peuples de la terre.

*Code du travail Haïtien*

‘’ _Afin d'améliorer la situation économique des travailleurs, l'Etat prendra des mesures appropriées pour :_
 1° _promouvoir le plein emploi ;_
2° _encourager la création et le fonctionnement d'activités de production et de consommation(14).’’_

Cette idée est celle de l'article 11 du Code du travail de la République d’Haïti constituant une apparence négative de l'image terrifiante de l'État. Alors que l'État haïtien est appelé à garantir le bien-être collectif par la promotion de l'emploi et l'encouragement du travail sur tout le territoire national, pourtant, le secteur informel, les entreprises individuelles continuent de créer maladroitement des emplois, soit plus de 70 %. Ce constat flagrant montre à clair l'inaptitude des dirigeants de l'État haïtien à intervenir dans le domaine de la création d'emploi au profit des citoyens.

En effet, c'est François Marie-Arouet qui nous enseigne dans son fameux ouvrage, "Candide" que le travail éloigne de l'Homme trois (trois) grands maux :
1- le vice
2- l'ennuie
3- le besoin.

Jean Jaurès, homme politique et socialiste enchérit : " _Le premier des droits de l'Homme, c’est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail_’’. Ainsi, l'ensemble des constats faits tout au long de cette étude sur le travail à Haïti au moment de la Covid-19, en tenant compte des deux appréciations évoquées, rien ne peut nous empêcher de conclure qu'il est extrêmement loin de parler du concept "Travail" à Haïti.

Le mode de vie de la population, l'irrégularité excessive en matière de rémunération des employés de l'État et une frange du secteur privé inactif haïtien, l'instauration de la politique du clientélisme et du favoritisme ( *Ce qui est contraire à la méthode d’organisation de l’entreprise, le taylorisme, appelée également*, « _organisation scientifique du travail_» *introduite par le chercheur l’Américain Frederick Taylor(15)*), des éléments essentiels de la corruption, nous conduisent vers l'idée selon laquelle, le secteur d'emploi à Haïti doit être réapprécié ou réinventé. Ainsi, à ce temps de la Covid-19, les autorités de l'État haïtien doivent appliquer toutes les lois(16) relatives au Droit du travail et droit au travail dans le pays. L'État doit promouvoir le travail dans le respect et la dignité humaine pour empêcher une plus large propagation du "Coronavirus" sur tout le territoire national. Il doit placer une nouvelle stratégie et politique d'encadrement de travail à l'égard des femmes et des personnes à mobilité réduite. Qu’il ait une pensée très spéciale pour les enfants travailleurs. Au lieu de permettre aux entreprises individuelles de gagner le marché du travail par une main d'œuvre basse, l'État doit prendre le contrôle de cette activité tout en établissant un climat de sécurité pour favoriser des investissements clés dans le pays, et cela, sous la vigilance de la Justice haïtienne.

Alors, pourquoi l’État haïtien ne favorise-t-il pas les exploitations agricoles comme l’un des véritables moyens de création d’emploi dans le pays ? Est-il vrai que le travail est le seul moyen de supporter les secousses de la vie ? Le Coronavirus, ne pourra-t-il pas être une opportunité à l'État haïtien de relancer son économie et toute autre activité de la vie courante ?

 *Delcarme BOLIVARD, Av.MA*

15/05/2020

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*Notes de référence*

1- Sauveur Pierre Etienne : L’énigme haïtienne, échec de l’État moderne haïtien. P.157-184

2- www.liberation-fr.cdn.ampprojet.org  Aux États-Unis, le Covid-19 a fait 33 millions de chômeurs en sept semaine : par Frédéric Autran écon, paru le 07 mai 202 à 18hs 10, consulté le o7 mai 2020 à 20hs.

3- Op.cit France 24

4- www.lefigaro.fr  Le Covid-19 provoque une envolée du chômage dans le monde : par Anne Cheyvialle, paru le 07 avril 2020 à 17hs 02, mis à jour le 07 avril 2020 à 20 hs 11, consulté le 07 mai 2020 à 19hs.

5- Karl Marx : Le Capital, Livre 1, éd. Verlag von Otto Meisner (1867-1885-1894)

6- Gérald Cornu : Vocabulaire juridique, p.1031

7- Eluther Jean Paul chargé de cours au CNAM (Centre National des Arts et Métiers) de Guadeloupe, consultant. Article : Les sources internationales du droit social haïtien.

8- Proverbe français : les proverbes et les dictons communs (1611).

9- Pierre Gagnon et Hugues Surprenant : Droit international de la personne : Garanties judiciaires et conditions de détention, (Avocats Sans Frontières) janvier 2008, p. 55

10- Moniteur, Journal officiel de la République - Spécial No 20, l'arrêté fixant le nouveau salaire minimum à compter du 1er novembre 2019.

11- www.banquemondiale.org, consulté le 08 mai 2020

12- Idem.

13- Constitution du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011, p 22-23

14- Jean-Frédéric Salès : Code du travail de la République d’Haïti, p.6

15- Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

16- Notamment la loi des trois huit dans le cadre du travail à Haïtien peut favoriser une plus large adaptation du travail dans sa conséquence positive.

vendredi 10 avril 2020

*Le Droit à la santé à Haïti : Une utopie face aux principes des droits de l’Homme* Les constats inquiétants des cas du "Coronavirus" (Covid-19) sur le territoire national

encrejournal
Le jeune docteur chinois, Li Wenliang, spécialiste en ophtalmologie, a lancé une alerte le 30 décembre 2019 sur l’existence du nouveau ‘’Coronavirus’’, une maladie infectieuse ayant une forte capacité de nuire au système sanitaire mondial. Malheureusement, cette maladie lui a coûté la vie, laissant sa peau à 34 ans d’âge, le 07 février 2020 à Wuhan en Chine. Depuis lors, des centaines de milliers d'individus de (sont) tués à travers le monde par ce virus qui, jusqu'à présent n'a aucun médicament y relatif, malgré d'énormes tentatives médicales et des sommes d’argent mises en place.

Chez nous, ce nouveau virus fait peur, puisque nous savons l’état dans lequel évolue notre système sanitaire. Rappelons que ce dernier est contrôlé par l'État haïtien sous l'obédience du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Ce Ministère[1], organisé depuis sous la présidence de Me Boniface ALEXANDRE, n'est jamais fort et est toujours occupé par des politiciens en lieu et place des connaisseurs en matière de Santé publique. En effet, malgré l’esprit de l’article 3 du Titre II donnant les attributions du Ministère de la Santé Publique et de la Population du décret du 06 janvier 2006, cette institution régalienne de l’État, ne joue pas son rôle.  Donc, ce qui rend précaire le système sanitaire haïtien à un moment où les grandes dépenses se font beaucoup plus pour troubler l'ordre des choses, particulièrement pour intensifier les crises sociopolitiques dans le pays.

Du ‘’choléra’’ à Haïti importé par les soldats népalais de la Mission des Nations Unies pour la Stabilité en Haïti (MINUSTAH) où l'Organisation des Nations Unies (ONU) est reconnue coupable, mais non responsable (Ricardo Seitenfus : Les Nations unies et le choléra en Haïti : coupables mais non responsables), jusqu’à l'arrivée du ‘’Coronavirus’’ sur le territoire national, l'État haïtien semble n'être préoccupé de rien et surtout du ‘’Covid-19’’, caractérisé officiellement de pandémie mondiale, soit le 18 mars 2020 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sous les lèvres de son Directeur Général, monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse tenue à Genève. En effet, aucune disposition sérieuse n'est engagée par l'État haïtien, notamment par les autorités sanitaires du pays. Et la récente déclaration de la représentante du MSPP, madame Marie Gréta Roy Clément, sur les ondes de la radio Méga FM, 107.3 à l’heure du journal : ‘’Mega-Maten’’, de la Capitale, comme quoi, l'État haïtien dispose de deux cents (200) lits et quelques centres hospitaliers afin de recevoir des éventuels cas de Coronavirus, laisse comprendre que les autorités étatiques d'Haïti sont des irresponsables. Cette logique est que non seulement la position de ces lits n’est pas dévoilée, mais aussi et surtout le motif de la non vulgarisation des lieux de ces hôpitaux ne tient.

Ainsi, n’est prise aucune décision sérieuse par l’État haïtien dans le cadre de la propagation et la gestion stratégique du ‘’Coronavirus’’ (Covid-19) dans le pays. Une commission scientifique en la circonstance est mise en place par l’exécutif sans un laboratoire d’analyses et d’expérimentations médicales sérieuses. Des sommes d’argent sont décaissées de la Banque centrale (BRH), soit plus de 18.000.000.00 dollars américains destinés à l’achat des matériels sanitaires afin de répondre aux éventuelles conséquences du ‘’Coronavirus’’. Pourtant, jusqu’à date, aucune trace du prétendu contrat signé avec la Chine n’est trouvée, et le virus continue de s’attaquer à la population sur presque tout le territoire national.

Pour faire face aux menaces de la pandémie ‘’Coronavirus’’, l’état d’urgence sanitaire a été arrêté sur toute l’étendue du territoire national pour une période d’un mois par l’exécutif en date du Vendredi 20 mars 2020[2]. Par ailleurs, le constat en est évident, le peuple continue de mener ses activités quotidiennes comme à l’accoutumée. Une enveloppe de 20.000.000.00 dollars de la Banque Mondiale a été remise aux autorités de l’État haïtien pour subvenir aux besoins de la population face au nouveau ‘’Coronavirus’’. Dans l’intervalle, rien n’est fait de sérieux, sinon quelques ‘’kits’’ alimentaires qui sont distribués à certains citoyens des quartiers populeux. Les écoles et églises sont fermées pour le moment, tandis que les autres activités continuent pour la plus belle, dont : les marchés publics, les boites de l’État, les banques privées et publiques ; tout, sur les yeux faiblards des dirigeants en place. Dans bandes de ‘’rara’’ sont dans les rues malgré le couvre-feu imposé par l’exécutif.
Il faut se rappeler, cependant, dans le cadre de la santé, l'État haïtien a signé et ratifié plusieurs textes internationaux qui s'ajoutent à la législation médicale haïtienne, afin de promouvoir, garantir et protéger l'état sanitaire de la population. Compte tenu la définition de la santé donnée par OMS en 1946, dont : "la sante est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité[3].", nous nous demandons perplexe si cette définition convient au modèle particulier du concept santé à Haïti ? De plus, exigeons-nous les interrogations suivantes : En quoi le Ministère de la Santé Publique et de la Population, est-il utile dans le pays ? La législation médicale haïtienne, n'est-elle pas sous les jougs des acteurs politiques nationaux ? Que Peut-on attendre de l'État haïtien face au ‘’Coronavirus’’ ou COVID 19 sur le sol national ?
À ces précédents questionnements, étudions d'une part, l’arsenal juridique international ratifié par Haïti conformément au Droit de la Santé. D'autre part, celui de la nation haïtienne relatif à celui-ci.

*Sur le plan international*

*La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948*

Votée et ratifiée par Haïti, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 dispose en son article 25-1 : ‘’Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté[4].’’

En réalité, aucun des éléments du précédent article de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme n'est respecté à Haïti. L’espérance de vie d'un citoyen haïtien est moins de 63 ans, tandis que celle de son voisin, la République Dominicaine, s'élève à 75,6 ans, selon le rapport de l’Indice de Développement Humain (IDH) du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) en 2018[5]. Les soins médicaux sont inexistants dans les centres hospitaliers haïtiens où les médecins et les autres personnels de santé sont obligés de protester dans les rues afin de faire passer leur revendication. Alors, avec la présence du ‘’Coronavirus’’, nos dirigeants, seront-ils en mesure de répondre aux contraintes de cette maladie ? Y a-t-il des espaces destinés à mettre en quarantaine les suspects du ‘’Coronavirus’’ ? Que fera l’État avec les infectés de ce virus’’ ?

 *Le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels de 1966*

 L'article 12-1 de ce Pacte expose : ‘’Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre.
Les mesures que les Etats parties au présent Pacte prendront en vue d’assurer le plein exercice de ce droit devront comprendre les mesures nécessaires pour assurer :
a)      La diminution de la mortinatalité et de la mortalité infantile, ainsi que le développement sain de l’enfant ;
b)      L’amélioration de tous les aspects de l’hygiène du milieu et de l’hygiène industrielle ;
c)      La prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques, endémiques, professionnelles et autres, ainsi que la lutte contre ces maladies ;
d)      La création de conditions propres à assurer à tous des services médicaux et une aide médicale en cas de maladie[6].’’

La réalité du système sanitaire haïtien est en contradiction flagrante avec l’esprit de l’article 12-1 du Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels de 1966. En effet, Le rapport intitulé « Chaque vie compte : le besoin urgent de mettre fin à la mort des nouveau-nés » présenté par l'UNICEF indique qu’Haïti apparaît le pays ayant le taux de mortalité le plus élevé de la région, avec 1 décès pour 41 nouveau-nés. Il est suivi par la Dominique (1 sur 42), de la Guyane (1 sur 50) et de la Bolivie (1 sur 53). Cependant, Cuba est le pays ayant le plus faible taux de mortalité néonatale avec 1 décès pour 417 nouveau-nés. Il est suivi d'Antigua-et-Barbuda (1 sur 264), d'Uruguay (1 sur 200) et du Chili (1 sur chaque). 186) et le Costa Rica (1 sur 176)[7].

De 2010 à 2013, le cholera a fait plus de 10.000 morts à Haïti. Ce qui prouve que l’état hygiénique du pays n’est pas de taille. Face au nouveau ‘’Coronavirus’’, officiellement qualifié de pandémie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme tous les autres pays, mais encore beaucoup moins, Haïti est totalement vulnérable. Cette fragilité s’explique par le fait que la santé semble n’être pas prioritaire pour les autorités étatiques qui croient que leurs maladies seront toujours soignées à l’étranger, mais pas dans le pays. À noter que, Selon les données statistiques de 2016 publiées par le MSPP, seulement 31% de la population ont accès aux soins de santé.

*Sur le plan national*

La Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, dispose en son article 19 : ‘’L'Etat a l'impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme[8].’’

L’article 23 de la même Constitution en vigueur ordonne : ‘’L'Etat est astreint à l'obligation d'assurer à tous les citoyens dans toutes les collectivités territoriales les moyens appropriés pour garantir la protection, le maintien et le rétablissement de leur santé par la création d'hôpitaux, centres de santé et de dispensaires[9].’’

Tout est utopie à travers ces deux articles de la loi mère de la nation. L’État n’a rien fait pour répondre aux exigences sanitaires de la population. Selon le rapport de 2017 du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), nous retenons que sur 570 sections communales, 122, soit 22%, sont dépourvues d’infrastructures sanitaires et celles qui en disposent ne valent pas grand-chose.

Les plaisirs sociaux ont plus d’importance pour les autorités de l’État haïtien, quand on sait que de fortes sommes d’argent ont été décaissées pour le carnaval de 2020 à Haïti. L’argent dépensé dans cette activité, quoique non réalisée à cause des turbulences sociopolitiques qui ont miné l’ordre des choses dans le pays, a dépassé très largement le montant alloué au système sanitaire pour un an. Donc, la santé aux yeux de ces autorités n’a aucun avantage. À titre d’exemple, le budget de la Santé varie de 16,6% en 2004 à 4,4% en 2017. De cette dernière date, jusqu’au moment où nous produisons le présent article, aucun budget n’est voté dans le pays, et c’est toujours la même loi de finance de 2017 qui est reconduite avec une baisse inimaginable de l’enveloppe réservée à la santé, soit un total de moins de 5%[10].

Par ailleurs, le constat ci-dessus est totalement contraire au dernier rapport de la Banque Mondiale relatif au financement de la santé à Haïti, désigné sous le titre de : ‘’Mieux dépenser pour mieux soigner : un regard sur le financement de la santé en Haïti[11]’’. Dans ce rapport de 112 pages sous la direction du groupe de la Banque Mondiale, on a mentionné que le système sanitaire haïtien doit être renforcé financièrement, ce, pour répondre aux exigences et améliorations de l’accès aux soins pour tous les Haïtiens.

Le même rapport de la Banque Mondiale sur le système sanitaire haïtien, indique qu’à 13 $ par habitant par an, les dépenses publiques en santé sont inférieures à la moyenne des pays à faible revenu. Par ailleurs, plus de la moitié de toutes les dépenses de santé sont allouées à des soins curatifs plutôt que préventifs : Haïti possède de nombreux hôpitaux sous-équipés, mais seulement 0,3 dispensaires pour 10 000 personnes[12].

Ceci étant dit, aucun aspect du droit à la santé n’est respecté à Haïti. Qu’il s’agisse du fait de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement, de l’alimentation saine, de l’alimentation suffisante et le logement décent, des conditions environnementales saines et du travail, d’une éducation à la santé et la diffusion d’informations, de l’égalité entre les sexes ; à Haïti, tous ces éléments du droit à la santé comme un droit inclusif, sont une utopie. Qu’il s’agisse des libertés dans le domaine sanitaire, rien n’est encore mise en place à Haïti après ces 216 ans d’indépendance[13].

Donc, de tout ce qui précède, nous confirmons que le droit à la santé à Haïti reste un rêve irréalisable jusqu’à maintenant. Ainsi, comme toutes les autres libertés publiques, le droit à la santé à Haïti se dégrade de plus en plus et n’a aucune signification aux yeux de nos dirigeants haïtiens en dépit du fait qu’aucun instrument juridique, que ce soit sur le plan national ou international, n’est mis en application. En effet, comment parler de l’effectivité du droit à la santé à Haïti, quand moins de 30% de la population seulement peuvent être soignés en cas de maladie ?

En guise de perspectives, nous recommandons aux autorités de l’État haïtien d’engager une véritable politique publique devant répondre aux récriminations mondiales des libertés fondamentales, dont, le droit à la santé. Nous proposons une augmentation exponentielle de l’enveloppement budgétaire de la santé à Haïti. Nous proposons également la dépolitisation du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et l’autonomie intégrale de ce ministère. Mais pourquoi, les maladies de nos dirigeants ne sont-elles pas soignées à Haïti ? Et s’ils sont atteints du ‘’Coronavirus’’, que feront-ils ?

Delcarme BOLIVARD, Av.MA
09/04/2020



[1] LE MONITEUR, « Décret portant sur l’organisation et le fonctionnement du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) », Journal officiel de la république d’Haïti, 161e année, #1, jeudi 5 janvier 2006
[2] Le Moniteur : Journal officiel de la République d’Haïti, #53
[4] Gagnon PIERRE, Surprenant HUGUES : Droit international de la personne : Garanties judiciaires et conditions de détention, P.56
[6] OMS : Ibid. P.10
[8] Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, p.14
[9] Ibid. p15
[10] www.opengouv.ht Bidjè Repiblik d Ayiti, consulté le 09 avril 2020 à 6 hs 37
[12] Loc.Cit
[13] OMS : Ibid. P.3

mardi 31 mars 2020

"Roody Roodboy : Entre le mensonge et la vérité dans le dossier du Coronavirus" ''La politisation de la maladie au "Covid-19" à Haïti''

encrejournal

À Haïti, tout est politisé et instrumentalisé soit dans l'objectif de prise de pouvoir, soit à des fins de consolidation de celui-ci. Cette stratégie n'existait pas d'hier dans le pays et le plus souvent, elle se veut être le nœud gordien du sous-développement d'Haïti en passant par la corruption.

Pour parvenir à la victoire dans la lutte incessante du pouvoir sociopolitique à Haïti, des artistes de toutes sortes et de toutes tendances s'y impliquent par leurs talents de ‘’marchandise’’. Ainsi, sont-ils prêts à tout. Et dans la logique de s'enrichir, ils manipulent leurs "fans", autrement dit, la population déjà victime des autorités de l'État haïtien.

Sans transition, soulevons le dossier de "Coronavirus" du jeune artiste chanteur haïtien, Roody Roodboy. Revenu de la ''ville lumière'', Paris, le jeune talentueux Roody, soupçonné d'être infecté de "Covid-19", a été mis en ‘’quarantaine’’, puis en isolement pour être testé positif, enfin ‘’exeat’’ deux semaines plus tard. C'est le Dimanche 29 mars 2020 sur ces comptes "You tube, Facebook" et autres qu'il s'est livré à ses milliers de fans qui de près l'ont suivi attentionnément.

L'annonce se fait par l'artiste lui-même, mais relayée par plusieurs plateformes intelligentes, 6 heures PM (heure locale), Dimanche 29 mars 2020, Roody Roodboy sera à l'antenne. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Chacun voulait le revoir dans ses explications sur son expérience comme infecté de maladie à "Coronavirus". En allure détendue, de l'eau en main, pourtant quelquefois hésité, expose et explique son aventure, Roody.

Dans 48 minutes 59 secondes, l'artiste Roody Roodboy a performé (rire), disons mieux, parlé. Pour certains, l'artiste a menti sur toute la ligne. Pour d'autres, il a mélangé tout et le pari est gagné par la réalisation de son spot de sensibilisation "anti-Coronavirus". Mais, entre Roody Roodboy et l'État haïtien, qui a menti ou dit la vérité ? Le fait pour l'artiste de tout révéler, n'est-il pas une manœuvre manipulatrice de s'innocenter face à la réalité ? Ne cherche-t-il pas à s'écarter en même temps de la colère populaire et celle des autorités de l'État haïtien ?

En effet, par notre sens d'analyse et d'observation, nous avons décelé, à travers les explications de Roody Roodboy sur son dossier de "Coronavirus", des non-dits, des mensonges et quelques brins de vérité. Nous allons, pour éclaircir notre contribution, présenter point par point et cela méthodologiquement, notre compréhension sur la vidéo du Dimanche 29 mars 2020 de Roody.

 1- Les non-dits de Roody Roodboy dans son éventuel cas de "Coronavirus"

a) L'artiste n'a pas dit avoir voulu blanchir "Tonton Bicha" par rapport au ‘’proforma’’ soumis à l'État haïtien pour la réalisation du spot de sensibilisation "anti-Coronavirus". De surcroit, son langage était codé : "50K” ;

b) L'artiste n'a pas dit clairement avoir été infecté de "Coronavirus". Il a dit avoir été au courant de sa maladie sur les réseaux sociaux, mais n’a jamais vu le résultat du test médical ;

c) Roody Roodboy n'a pas expliqué en profondeur sa conversation (si conversation, il en avait) avec le chauffeur de l'ambulance sur la route de "Mòn kabrit". N'y avait-il pas une approche sensible concernant la ‘’promotion’’ du "Coronavirus" à Haïti ? Comment était Roody Roudboy dans cette ambulance, assis, debout ou logé ? Qui l'y accompagnait outre que le chauffeur ?

 2- Les mensonges dans le dossier de Roody Roodboy

a) L'artiste se dit "dédoublé" au moment où les autorités sanitaires se présentaient chez lui. Il expliquait n'avoir pas voulu laisser sa "femme" et son enfant qu'il désirait partager le même endroit qu’eux. Finalement, les autorités ont accepté de placer sa famille dans un espace à l'hôpital destiné à cette fin, et lui, dans une salle spéciale. L'artiste a oublié la question de la distanciation sociale imposée par Organisation Mondiale de la Santé (OMS), adoptée comme l'une des mesures préventives contre la propagation du virus à travers le monde. Roody Roodboy a remis son téléphone à ses médecins soignants qui le lui remettra plus tard par le biais de sa femme. Quelle ironie !

b) L'artiste prétendait n'avoir pas vu l'ambulance dans laquelle se trouvaient sa femme et son enfant, en étant du côté de "Mòn kabrit". De-là, le chauffeur d'ambulance dans laquelle il se trouvait, lui faisait croire que sa famille est en sécurité et vient de les dépasser. Ainsi, est-il bon de se demander : Où était passée l'ambulance de la famille de Roody ? Ce dernier, était-il dans un état critique lui permettant de ne pas tout remarquer ?

c) L'artiste, à la fin de son intervention, demandait à la population haïtienne en général, ses fans en particulier, d'appliquer les principes du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) pour avoir fait une mauvaise expérience avec le "Coronavirus" dans son sang. Cependant, il a oublié qu'au début de sa vidéo, il a mentionné n'être au courant de sa maladie que sur les réseaux sociaux. Et qu'aucun certificat médical de la part de Laboratoire National de Santé Publique ne lui a été remis. " Tu n'as rien", répétaient constamment ses médecins soignants de l'Hôpital Universitaire de Mirebalais (HUM).

d) Les autorités médicales haïtiennes, après des prélèvements, ont découvert deux cas de "Coronavirus", dont : un belge et un français. L'ambassade de France a pris le contre-pied de cette révélation et démenti formellement les représentants du Laboratoire National de Santé Publique, comme quoi, aucun français n'a été atteint de maladie à "Coronavirus" sur le sol d'Haïti. Quelques heures plus tard, le jeune talentueux Roody a remplacé le français déchu. Quelle stratégie !

3- La vérité dans le dossier de Roody Roodboy

a) L'artiste savait qu'il ne devrait pas se rendre en France pour cause de la pandémie de Covid-19, mais il s'y rendait en dépit de tout ;

b) Il a eu un peu de peur pendant plusieurs occasions, telles : au moment de sa grippe, n'ayant pas vu sa famille sur la route...

c) À l'Hôpital Universitaire de Mirebalais (HUM), il regardait des films, faisait du sport, se photographiait, conversait avec ses proches inquiétants, buvait du thé et mangeait du pain au beurre. L'artiste parlait du bien des médecins de l'HUM. Et le tout a joué.

Ce qui semble être très important dans le cadre du dossier de "Coronavirus" de notre star Roody Roodboy, c'est que le "test" est passé, mais le résultat n'est pas accepté par la grande majorité de la population. À noter qu'à la fin de la vidéo, Roody a extériorisé une fois de plus son talent de publicitaire en s'adressant artistement à ses milliers de "followers". Il conseille à toutes et à tous d'appliquer rigoureusement les principes imposés par les systèmes sanitaires mondiaux contre la fragilité du "Covid-19".

En fait, Roody Roodboy, est-il une victime du système sanitaire haïtien, ou un pion en plus dans le vaste mensonge du gouvernement actuel ? Porteur sain ou pas, qui pourra y croire dans sa communication fatigante ? Bégnine ou pas, son langage ne l’a-t-il pas trahi ?

NB : " … Nèg ki pa gen machin, toujou ap boule machin moun nan lari-a
Nèg ki pa gen biznis, toujou ap kraze biznis moun nan lari-a.
Alon ti pèp sovaj ooooooooooo…
…Si mizè nan bonda w, pwoblèm nan bonda w, lavi chè nan bonda w
mete bagay anlè pou’w dedouble." (Roody Roodboy)

30/03/2020

 Delcarme BOLIVARD, Av.MA

samedi 28 mars 2020

*Lettre ouverte à Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre de la République d'Haïti, Jouthe JOSEPH*

Cap-Haïtien, le 22 mars 2020


Monsieur le Premier Ministre,

Je n'ai pas l'intention d'être lu par vous, non plus que mes opinions ou idées soient commentées par vous. La raison en est simple. Comme vous semblez être un chef de gouvernement avec peu de retenue en matière de communication, notamment en langage politique, j'évite par vous d'être scandalisé comme quoi, si je m'adresse à vous par la présente, c'est parce que je voudrais être "superstar" ou de votre propre mot, que je veuille faire du "buzz" dans le but de me vendre publiquement. Loin de-là, Monsieur le Premier Ministre, Jouthe JOSEPH.

Monsieur le Premier Ministre,

Je ne vous connais pas, d'ailleurs, vous et moi ne sommes pas de la même génération. En outre, je suis Avocat militant et vous, vous êtes ce que vous êtes ; Premier Ministre de la Première République des nègres. Quelle aubaine, à un moment ou l'institution politique du pays qui devrait se charger de votre agrément à ce poste, est frappée de caducité et de dysfonctionnement ; le Parlement haïtien ! Par ce vide institutionnel, vous arrivez aux timons des affaires sans même que n'ayez respecté les procédures y relatives. Pardon ! Cette erreur procédurale en droit constitutionnel n'est pas de votre faute, car, celui qui vous a choisi, nommé et investi personnellement, sait que l'histoire ne l'aura pas pardonné comme bien d'autres avant lui ayant préféré cette voie, en lieu et place de celle de la démocratie.




Monsieur le Premier Ministre,

Depuis votre accession à la tête de la Primature, vous n'entraînez que de discordance en termes de ‘’mauvais comportement oratoire’’ et surtout par votre sens de ridiculiser les choses. Votre capacité de manipulation gauchement vous a servi d'armes de guerre idéologico-politique avec laquelle vous avez participé à l’affaissement de la Radio Zénith FM, 102.5, organe représentative des derniers mouvements "anti-Tètkale". Ainsi, votre visite à monsieur Rony Colin, votre ancien ami, Magistrat de la Commune de Croix-des-Bouquets, n'était pas sans conséquences, et c'était un acte planifié au bénéfice du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel MOÏSE, à qui vous semblez avoir promis que s'il vous choisit comme Premier Ministre, vous lui donnerez la paix avec la Radio Zénith FM, véritable organe de la transmission des revendications populaires. C'est vrai que, certains des présentateurs d’émissions de cette station de Radio, quelquefois dérogent intégralement les principes déontologiques qui caractérisent le métier du Journaliste, mais des fois s'ils ne se sacrifiaient pas, le pire se produirait par ce gouvernement dont à l'heure actuelle vous êtes le représentant numéro un.

Monsieur Jouthe JOSEPH,

Vous prenez la parole à plusieurs reprises en public ces derniers temps de façon télédiffusée et/ou radiodiffusée, soit pour expliquer certaines réalités de la vie nationale, soit pour vous attaquer sans réfléchir à certains faits sociopolitiques pour lesquels vous paraissez ne disposer d'aucun argument. Par de-là, vous négligez en grande partie les articles 158 à 165 de la section D de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011, portant sur des attributions du Premier Ministre. Peut-être, pensé-je que tel n'est pas de vous, car, je refuse que je condamne sans juger. Mais, il est du devoir de celui qui vous a nommé de vous rappeler votre limite selon les prescrits constitutionnels.

Monsieur le Premier Ministre, vous avez dit notoirement ce que je vais vous rappeler par la présente. Avant tout, ce n’est pas pour vous exhorter, car, j’ai appris avec Nicolas Machiavel dans son livre à tendance politique, ‘’Le Prince’’ qu’il ne faut ordonner au Prince quoi que ce soit, mais de lui proposer des idées. Pour l’histoire et la vérité, je reprends ‘’in extenso’’ ce que vous avez avancé : " _De *l'or* pour mes amis, du *plomb* pour nos ennemis et du *bâton* pour des indécis_ ". Donc, mettant de côté les notions de classe sociale élaborées par Karl Marx, selon vous, il existe trois catégories de ‘’personnes’’ à Haïti, dont :

1-      Vos amis à qui vous serez très généreux ;
2-      Vos ennemis et ceux de vos amis pour qui d’après vous la mort est le seul réconfort ;
3-      Les indécis qui par vous recevront des coups jusqu'à se repentir...

Aussi longtemps qu'il soit, le pays n'a eu un tel Premier Ministre "Bossale" ne croyant pas aux jeux démocratiques et prêt à tout faire ou se sacrifier afin d’éliminer tous ceux qui contraire le voient. Vos amis ne pourront vous redresser comme il est maintenant question, car, vous leur avez promis de l'or. Ils ont peur de ne pas en revoir, voilà pourquoi ils vous laissent trainer dans cette voie n'ayant été jamais tracée pour des personnes de votre marque. Quant à vos ennemis qui sont également ceux de vos amis, ils pourront vous aider à accomplir votre tâche ministérielle si et seulement si vous êtes prêt à être débattu. Par leurs satires politiques, vous pouvez au moins vous faire un nom dans les annales de l'histoire en acceptant de garder celles qui sont bonnes et de rejeter professionnellement celles paraissant déraisonnables. Ainsi, vous prié-je de ne tuer ni vos ennemis ni ceux de vos amis, car, la brutalité en matière politique a pour objet de ruiner la puissance du tyran. Et pour le peuple, que dis-je ? … Les indécis ? Pourquoi utilisez-vous le fouet s'ils réclament ce qui leur revient de droit. Vous leur donnez tous les noms incongrus, tels : les irrésolus, les imbéciles, les illettrés, les ignorants ; que sais-je encore. Mais, vous oubliez s’ils sont ce que vous devriez être. Par vos actions inhumaines, celles de vous et de vos pairs, le peuple reste sans être éduqué et formé en vous aidant à gagner économiquement et politiquement votre vie au détriment de la leur.

Monsieur le Premier Ministre,

On ne dirige pas un gouvernement à l'heure actuelle par la force et la violence langagière. Si tel était le cas, le Président actuel des États-Unis, Donal Trump, serait un dieu. Monsieur le Premier Ministre, vos propos quant à ceux qui s'attaqueraient aux éventuels centres d'accueil des cas de ‘’Coronavirus’’, confirment votre inélégance et créent ou attirent vers vous beaucoup plus d'ennemis pour lesquels vous n'aurez pas suffisamment de " *Plomb*". Et ces derniers se risqueront dans l’avenir de demander votre tête à la Primature.
Monsieur Jouthe JOSEPH,

Votre dernière sortie dans la presse parlée, écrite et télévisée sur la situation du professeur Nelson Bellamy de l'Université d'État d'Haïti (UEH), Campus Henri Christophe de Limonade, incite la colère chez les Maîtres en communication politique et Stratèges en interprétation de discours. Vous avez insinué sans gêne avoir été informé par votre service de renseignement que le professeur sus-parlé se serait fait diagnostiquer pour cause de ‘’Coronavirus’’ au Laboratoire National de Santé Publique, afin de se visibiliser. Vous avez plus loin encore mentionné qu'à Haïti, on est prêt à faire n'importe quoi pour être connu de tous, comme quoi, le professeur de l'Université d'État d'Haïti, doctorant qu'il est, n'a eu d'autres moyens de se faire connaitre que par l'idée de dire qu'il ressentait des symptômes du ‘’Coronavirus’’ après être sorti fraîchement des États-Unis d'Amérique.

Monsieur le Premier Ministre,

Je ne dis pas que je ne vous crois pas par respect que j'éprouve à l'égard des autorités de mon pays. Mais, j'en doute, car, le professeur Nelson Bellamy, ‘’doctorant en Ethnologie’’ de son état a trop de moyens à sa disposition pour se faire connaitre. Ses recherches, ses études, ses expériences, tout pourrait lui servir d’intermédiaires pour se visibiliser. Mais, comme le diable voit dans les yeux de sa proie un autre diable ; voilà pourquoi, vous, monsieur le Premier Ministre, croyez que le professeur savait déjà qu'il n'avait rien. Et si le professeur avait-il vraiment cette idée en tête, ne serait-il pas nécessaire de traiter cette affaire autrement par l’État haïtien ? Monsieur le Premier Ministre, ne faites-vous pas plus de ‘’buzz’’ par votre comportement comme chef de gouvernement ?

Monsieur le Premier Ministre,

La présente ne vous est pas destinée par un collègue, ni par un ami, encore moins un indécis. Mais, un citoyen conscient et conséquent qui croit que le pays n'est à personne, il est à nous tous. Cette correspondance fait l'objet d'une contribution patriotique face à la décadence des institutions républicaines du pays et au mépris des valeurs morales haïtiennes.

En effet, vous voudriez croire, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Jouthe JOSEPH, en la renaissance de la méritocratie dont fait montre ma génération au dédain de la médiocratie représentant la règle à Haïti ces derniers temps.

*Delcarme BOLIVARD, Av.MA*


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