mardi 16 août 2016

Ce que l’on m’avait appris du Droit haïtien : Les mythes et la réalité

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Quand j’étais à la Faculté de Droit, mes professeurs m’avaient appris beaucoup de notions importantes relatives au système de Droit national et international. Ils m’avaient enseigné sur ce qu’est le système judiciaire haïtien à travers le temps et l’espace. Ils s’étaient quelquefois défoncés pour redéfinir le Doit haïtien forgé  et tributaire de  celui de la France afin d’expliquer et d’établir le rapport inapproprié entre les mythes et la réalité du Droit à Haïti. Ces professeurs, tantôt de carrière, tantôt de francs profanes en la matière, m’avaient mis en tête que le système judiciaire d’un pays n’a rien à voir avec le comportement des individus dans les milieux sociaux. Ils m’avaient tout rabâché sur l’histoire du Droit haïtien ; de l’indépendance nationale jusqu’à ce que j’aie été en quatrième année, il y a de cela une décennie. D’eux, j’ai tout appris, tant bien que mal, sur la facette juridique haïtienne.

Au beau milieu de la dispensation des cours à la Fac, certains professeurs s’attaquaient aux codes de lois haïtiennes qu’ils considéraient d’ailleurs inapplicables, d’une part, pour être antérieures  à l’existence des citoyens d’aujourd’hui, en ce sens, quelques uns de ces recueils de lois ne reflètent pas le mode de vie de la population et s’échappent à outrance à ce que nous avons comme valeur. D’autre part, le législateur si ancré dans l’harmonisation de l’international par la bêtise de l’imitation émotionnelle et infime, s’engage à reproduire textuellement le quotidien de l’étranger en voulant le ponctuer à notre modèle de fonctionnement tel que nous sommes en réalité. Et si les professeurs de Droit à Haïti découvrent le déséquilibre entre la loi et la réalité haïtienne, n’est-il pas de bon ton de leur suggérer de proposer de nouveaux textes de loi capables de répondre aux exigences nationales de l’heure ? Quelle sera l’importance de la mise en application de ces nouvelles lois ? Que peut-on faire pour changer ou améliorer l’ordre des choses ?

Dans les grands débats en salle de classe à la Fac, des professeurs ajustaient les juges et les représentants du Ministère Public dans le même lot. Ils parlaient de leurs différences quelquefois au niveau de l’audience criminelle. Ils acceptaient cependant que les deux précités sont indispensables à l’organisation et la compétence du Tribunal Civil et Pénal sans ignorer les autres composantes des Cours et des Tribunaux.

Des exégèses m’étaient fournies sur le fonctionnement et l’organisation du système judiciaire haïtien. Des données sur l’organisation des Tribunaux de Paix m’étaient également transmises et adressées. Dans le cadre de la pratique du Droit, certains professeurs m’avaient confié que le vrai procès ne se déroule pas dans les tribunaux, mais au cabinet de certains prétendus grands Avocats qui ne se rendent au tribunal que pour solliciter des juges et des représentants du Ministère Public des avantages au lucre de leurs clients afin de garder jalousement leurs notoriétés inégalables. Ils peuvent aussi bénéficier de ces avantages par un simple ‘’coup de fil téléphonique’’ ou un simple ‘’message électronique’’.

Les professeurs les plus proches de moi, m’avaient expliqué l’infiltration des procédés mystiques dans le système judiciaire haïtien, que ce soit du côté de ceux voulant garder leurs postes comme autorités, que ce soit du côté de l’Avocat voulant défendre son ou ses clients à tout prix ou d’en attirer beaucoup plus dans son cabinet, que ce soit de l’adversaire désirant mésinterpréter la loi, que ce soit chez les parents des inculpés ou des accusés souhaitant voir l’élargissement de leurs proches. Ainsi, tout se mêle, tout s’enchaine, tout se dérange, mais tout s’accommode, tout s’arrange, tout se comprend.

Pourtant, en dépit de tout ce qu’on me racontait sur le Droit et tout ce qu’on m’en dit, j’ai vécu avec un sentiment d’appartenance à cette science combien objective qu’elle puisse être. J’ai grandi avec l’idée que le système du Droit haïtien mérite d’être rétabli au cas où l’on voudrait parler de l’équitabilité en matière de Justice pour tous.

J’ai compris avec le temps que certaines idées véhiculées autour du Droit national par certains de mes professeurs à la Fac, doivent être reconsidérées de peur que nous n’ayons pas la faiblesse continue du pouvoir judiciaire. Le désaccord dont peut être le cas, disons mieux, entre le Droit et la réalité au quotidien, se tisse dans la logique de permettre aux citoyens de ne pas se connaitre où s’acheminent vers un Etat déséquilibré, le désarroi, la méchanceté et la violence.

En effet, j’ai découvert que certains de nos textes de loi ne nous ressemblent pas, par voie de conséquence, doivent être retouchés pour l’établissement d’un système de Droit fort et pour l’institutionnalisation de nos valeurs sociopolitiques et économico-culturelles.

 

15 Août 2016
Delcarme BOLIVARD, Av., MA
Responsable de communication à www.ulh.edu.ht
Directeur/Fondateur de NESA
Blogger: www.encrejournal.blogspot.com  

mardi 26 juillet 2016


La mort du Droit en Haïti

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La société, pour être équilibrée et régulée doit avoir un système de Droit fort permettant aux citoyens de se vaquer en toute impassibilité à leurs affairements au quotidien. Le Droit caractérise la valeur de tout État démocratique et détermine le modèle de vie que doit adopter tous citoyens dans le respect des normes préétablies. De ce fait, aucun pays ne peut se fixer des objectifs considérables et indubitables si son système juridique ne prend pas en charge les intérêts fondamentaux de la population en matière de justice équitable et des libertés publiques à proprement parler.

Durant les vingt cinq dernières années qui se sont écoulées, le constat ou l’observation faite sur l’état et la réalité du Droit national est totalement lamentable. L’injustice devient la règle et la justice l’exception. L’impunité se fait remarquer par le marchandage de la loi. Les autorités concernées se trouvent amorphes face à la réalité du système judiciaire haïtien, contribuent sciemment à la déchéance et profusion de nos lois régissant notre mode de vie. Ce qui attribue à nos institutions politiques un caractère déshonorant, humiliant et de dysfonctionnement. De toute évidence, le pays entièrement paiera le prix de tout ce qu’aura produit négativement le comportement de nos hommes de lois à quelque niveau que ce soit.

Nous remarquons le rapetissement et le vandalisme de la Constitution de 1987 amendée le 09 mai 2011. Nos codes de lois ne sont applicables et appliqués qu’en faveur de celui ou de celle dont la possibilité financière est reconnue. Nos magistrats assis ou debout intelligemment contredisent la loi quand leurs intérêts personnels sont menacés et disent le mot du Droit quand un accusé ne peut pas acheter sa liberté au plus offrant. Les Avocat deviennent des avocats dans un système judiciaire corrompu au premier degré. Les tribunaux se transforment en un véritable lieu où la justice se vend tels que des lots de patates et des ignames.

Le pays vit dans un désordre généralisé causé par l’irrespect des normes. Les institutions sont totalement oisives sous couleur que tout ainsi a été déjà commencé, donc, il faut du temps pour organiser et réorganiser les choses. L’état de fait prime sur l’esprit du Droit de chez nous, ce qui favorise l’amateurisme et la théorie de tâtonnement dans les affaires juridiques et politiques haïtiennes. En effet, le recours à des décisions ou des idées contraires à la volonté du Droit, ne fait qu’effondrer la nation au bénéfice d’une oligarchie traditionnelle dont la mission consiste à travailler au profit de la Communauté Internationale sous la base de la diplomatie des visas.

Si nos hommes de loi banalisent les effets du Droit, s’ils acceptent tout sauf ce que dit le Droit, nous sommes à l’heure de la disgrâce d’un peuple qui a fait l’histoire. Il faut être dans l’esprit des lois, pas à ses côtés, de peur que les interprétations fausses ne soient primées. Et quand on sait que l’État de droit et la démocratie ne peuvent réellement exister là où règnent l’irrespect des lois et le mépris du Droit ; il faut se demander à quand Haïti reprendra son élan de fierté en se fixant vers les fonctions régaliennes ?

La clameur et les rumeurs dénoncent, par ailleurs, rien n’est dit sous la responsabilité de celui ou de celle dont le nom traine à travers les rues, puisqu’il s’agit d’un membre du cercle des corrompus, pendant que ces derniers occupent les plus grandes fonctions au sein de l’administration publique ou privée. Le Droit vit aujourd’hui de tintamarres beaucoup plus que de preuves, ce qui crée un empêchement au triomphe de la justice. La culpabilité des accusés se révèle avant que l’instruction définitive de leurs prétendus actes soit faite au tribunal par la formation de la conviction du juge.

Si d’après C. LARROUMET : ‘’Le Droit est un corps de règles ordonnant la vie en société de façon à éviter l’anarchie entre les membres du corps social’’, nous pouvons considérer que notre système de Droit ne répond pas à nos aspirations comme peuple.  Si pour Gérard CORNU, dans son Vocabulaire juridique, le Droit est  Ensemble de règles de conduite socialement édictées et sanctionnées qui s’imposent aux membres de la société, il est évident  d’admettre que le Droit national soit loin d’être au profit de la nation. Enfin, Si pour Boris STARK, dans son introduction au Droit, il admet que ce dernier soit un ensemble de règles de conduite qui gouvernent les rapports entre les hommes et dont le respect est assuré par l’autorité publique, nous sommes capables de confirmer sans ambages la mort du Droit en Haïti, puisque l’autorité publique est minée et l’impunité est de règle.


23 Juillet 2016
 
Delcarme BOLIVARD, Av., MA
Responsable de Communication à www.ulh.edu.ht  

 

jeudi 16 juin 2016

Nan peyim

www.encrejournal
Toutan w plis gen konesans, se plis ou pèdi sans

Toutan w plis konn li, se plis ou pa akonpli

Toutan w plis vakabon, se plis yo wèw bon

Toutan w plis etidye, se plis ou mache apye

Toutan w plis sou moun, se plis yo diw konn moun

Toutan w plis bandi, se plis ou pa pèdi

Toutanw plis saj, se plis ou pa gen pasaj

Touta w plis blofè, se plis yo diw fè

Toutan w plis magouyè, se plis yo diw debouyè

Toutan w plis engra, se plis ou manje gra

Toutan w plis visye, se plis yo relew mesye

Toutan w plis raketè, se plis yo relew direktè

Toutan w plis priye, se plis ou piye

Toutan w plis pale, se plis ou depale

Tantou w plis gade, se plis ou degrade

Toutan w plis enplike, se plis ou panike

Toutan w plis cho, se plis ou mancho

Toutan w plis mechan, se plis yo baw ochan

Toutan w plis kapon, se plis ou domi anba pon

Toutan w plis save, se plis ou fè kòve

Toutan w plis onèt, se plis yo bliyew nèt

Toutan w plis konsène, se plis ou paka sène

Toutan w plis anreta, se plis ou byen chita

Toutan w plis anwo, se plis ou towo

Toutan w plis anba, se plis ou tèt anba

Toutan w plis aprann, se plis ou pa konprann

Toutan w plis voryen, se plis ou gen byen

Toutan w plis parese, se plis ou pase

Toutan w plis awoyo, se plis ou pase sou yo

Toutan w plis dilatwa, se plis yo pranw pou wa

Toutan w plis angran, se plis ou ka prezidan

Enfin, que dois-je faire ?

Dois-je laisser ou laisser-faire ?

Haïti, c’est mon pays ou son pays ?

Je sais. Mais ce qui me tue, c’est que,

Ce que je sais, n’est pas ce qui est.

 

Delcarme BOLIVARD, Av. MA

14/06/16

 

 

 

mercredi 1 juin 2016

Zombis vivants

encrejournal
Les séquelles des pierres lancées en plein midi
Les fâcheries des frères et sœurs pour le pouvoir.
Les zombis nous observent, nous pouffassent,
Convoitent nos consciences politiques,
Déchirent nos corps par des simulacres noirs
Qualifiés d’horreur et d’attaque nocturne.
Des flancs des hommes insensés, pourris
Par le vent des cimetières. ‘’Baron samedi’’
Et ‘’Baron cimetière’’ pleurent de leurs enfants,
Enfants des vivants inconscients de leurs tourments.
Des zombis nous entourent et se mordent pour notre sel
S’arment pour notre cause sans le savoir,
Veulent défendre notre raison laissée dans le silence de l’oubli.
Oubli de notre réalité, notre culture, nos défauts.
Des zombis nous guettent nous entre-tuer
Se déchainent de leurs prisons,
Se mêlent dans nos malheurs.
Mais a qui appartiennent ces êtres inconscients
Qui bavent dans nos actions civiles et politiques
Et qui chantent la fin d’un règne de deuil,
De glas funèbres d’un peuple souffrant ?
Dans l’écho du sang versé pour la liberté,
Voilà un désordre dans nos rangs.
Zombis qui contractent, zombis qui rétractent
Zombis qui votent, zombis qui pivotent.
Zombis des zombis
Sans sel, pas d’âme.
Peuple des zombis
Zombis vivants
Vivants zombis
Que dit-on de nos ‘’loas’’ des lois sans foi ni loi ?

 
Delcarme BOLIVARD, Av. MA
01/06/2016

 

 

  

 

lundi 2 mai 2016

RENCONTRE DE DELCARME BOLIVARD ET ''EDILIVRE''

www.edilivre.com
J’ai l’ultime honneur de me présenter aujourd’hui afin que tout le monde puisse me connaitre, particulièrement mes lecteurs qui prendront le vif plaisir de me lire constamment. Mon nom est Delcarme Bolivard, j’ai le bonheur de soumettre à votre goût mon premier recueil de poème s’intitulant : ‘’Encre parlante’’  composé sous l’égide de : Edilivre, dont je suis fier.

Dans quelle région habitez-vous en France? Si non, dans quel autre pays ?

Je suis Delcarme Bolivard, originaire d’Haïti. Avocat de profession au Barreau de l’Ordre des Avocats de Cap-Haïtien, titulaire d’une maitrise en Sciences Politiques, option : Développement Internationale, professeur d’universités.

Présentez-nous votre ouvrage ?

Encre parlante est un recueil de poème, d’un nouveau style littéraire que j’appelle ‘’FILÉ’’. Ce style d’écriture est un mélange d’images et de narrations sans arrêt qui se débouchent sur une connexion logique entre l’idée pittoresque et l’inspiration naturelle. C’est une technique qui permet à la réflexion poétique d’être beaucoup plus mûre au niveau de la compréhension et de l’esprit d’observation. C’est un recueil qui se constitue des vers cousus à la dimension de l’esprit humain. Encre parlante se compose de plusieurs poèmes à structure esthétique qui peuvent en tout état de cause apporter l’homme à la réflexion et à la dimension de la pensée positive.

  Pourquoi avoir écrit ce livre ?

L’idée d’écrire ce livre m’a été venue à la suite des observations concernant la sécheresse poétique qui règne dans mon pays depuis un bon laps de temps. J’avais toujours eu en tête de contribuer à la valeur culturelle de mon pays sans m’écarter de la réalité mondiale. Je considère ce livre ou beaucoup plus loin encore, cette inspiration poétique comme une contribution au renouveau de l’art poétique haïtien qui tente à se dégrader considérablement. Les vers que contient ce recueil constituent une école de pensée et de réflexion dont l’objectif est de concourir à la qualité requise du système éducatif haïtien et à réorganiser la mentalité des hommes de chez nous et d’ailleurs.

 A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

A vrai dire, cet ouvrage s’adresse à toutes les couches sociales sans distinction aucune. Chaque lecteur indistinctement y trouvera un vers, une strophe et une cadence qui lui plaisent. J’essaie à travers cette œuvre poétique d’aborder la ou les réalités de chaque jour de tous les hommes de la terre, notamment les haïtiens. Donc, je peux sans ambages affirmer et confirmer en même temps que ‘’ Encre parlante’’ ne conçoit pas uniquement les travers de la vie nationale, mais se fixe vers l’universalité afin de mieux décrire et de présenter l’Homme avec tout ce qu’il a de bon et de mauvais.

 Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Le plus grand message transmis dans ce livre est celui de voir l’Homme dans son plein épanouissement. J’y chante la paix, le pardon, la justice, la sécurité et le progrès. Par ailleurs, rigoureusement je dénonce à l’intérieur de ce livre, l’immoralité, l’orgueil, l’hypocrisie, l’irrespect etc. Chaque vers dans ce recueil est un médicament aux grands maux qui rongent la société en générale.

 Où puisez-vous votre inspiration ?

Mon inspiration est tirée  de la réalité de chaque jour, du vécu des autres et de la compréhension de la vie. Mon inspiration n’est pas personnelle, elle est le produit de tout ce qui se passe, qui se dit, s’observe. Comme tout autre vrai poète, je me laisse emporter par le style envoutant de la Muse, par son goût littéraire poussé et par son charme pour le rythme, la cadence et la musicalité des vers. Je pense aux appâts et aux dégoûts de la vie afin de traduire mes rêves et mes sentiments d’amour à l’égard de mes semblables.

 Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Mes projets d’écriture pour l’avenir sont nombreux et ambitieux. Je viens de terminer mon cinquième roman socio-historique que je dois publier toute suite après, ‘’Encre parlante’’. J’ai à paraître aussi un ouvrage politique relatant et expliquant l’intervention de l’ONU en Haïti par la présence de la MINUSTHA, en y démontrant la contribution du système onusien au sous-développement  et à l’instabilité sociopolitique haïtienne. Au moyen de mon imagination, de mes réflexions et de mes pensées, je souhaite être lu partout dans le monde afin que mes écrits puissent contribuer au progrès de l’humanité toute entière. 

 Un dernier mot pour les lecteurs ?

A toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs, je souhaite de faire le recueil ‘’Encre parlante’’ leurs livres de chevet. Qu’elles/qu’ils continuent de me lire pour découvrir les réalités celées, les vices, les défauts sans diverger la bonté des hommes de toute la terre. Qu’elles/qu’ils découvrent dans mes écrits des mots qui parlent, des pensées qui fixent la bonne voie de justice sociale, des réflexions qui poussent l’Homme à se connaitre dans le bon et mauvais temps.

Merci à toutes et à tous. Bonne lecture.


18 Avril 2016

jeudi 24 mars 2016

Réflexion sur ‘’Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent’’ de Victor Hugo

encrejournal
‘’Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent’’ eut à dire le célèbre écrivain français du XIXème siècle, Victor Hugo. J’ai beaucoup réfléchi sur cette pensée de courage et de philosophie. J’ai fini par comprendre que cette affirmation peut avoir plusieurs sens dépendamment de l’analyse et de l’appréciation de la personne qui cherche à l’appliquer en toute intégralité. J’ai compris et j’ai souri l’auteur de la cogitation dont est le cas.

A l’époque où Victor Hugo dans ses œuvres claironnait la force et la détermination chez les hommes afin de vivre, la France avait en sa possession des esclaves noirs qui n’avaient ni droits ni liberté et ne pouvaient se considérer comme des hommes, mais surtout des ‘’bêtes de somme’’. Hugo a convergé l’existence de la vie vers la lutte pour se positionner par tous les moyens possibles dans la société. Mais quelle société ? Nous pouvons envisager le fait pour la pensée occidentale de vouloir s’imposer en toute matière, particulièrement dans le domaine de l’intellectualisme, comme un vecteur qui tend à conduire le monde vers une direction incertaine où les plus riches deviennent plus riches et les plus pauvres deviennent plus pauvres.

Dans la citation abordée dans la présente analyse, deux mots sont à considérer, dont : ‘’Vivre (Vie)’’ et ‘’Lutter (Lutte).  La vie, peut-elle être attribuée au concept de l’évolution humaine ? Lutter pour quoi faire ? Il (Victor Hugo) eut à consigner au deuxième concept l’élément essentiel permettant à l’homme de vivre. Mais, la lutte pour le penseur occidental, n’a-t-elle pas une considération bien spécifique ? Ou une manière de pousser les enclaves de la colonie de Saint-Domingue à travailler sans relâche avec des chaines aux pieds?

Voltaire, dans sa conception philosophique, eut à déclarer et nous citons : ‘’ Le travail est le seul moyen de rendre la vie supportable’’. Dans cette approche, ne voyons-nous pas la même idée de Victor Hugo relative à la lutte pour vivre ? Les démarches de ces deux hommes et bien d’autres encore sont simples, elles s’étendent sur la nécessité de contraindre l’homme à des activités bestiales rien que pour augmenter leurs richesses et leurs capacités intellectuelles.

Nous ne rejetons pas pour l’heure cette pensée à vrai dire, mais, nous la comprenons dans son sens le plus restreint et le plus historique. Avec le temps on saura que bien évidemment que les hommes s’introduisent au monde du jeu d’échec où ‘’ceux qui gagnent ce sont ceux qui perdent’’. Nous ne comprenons pas, car, ce jeu n’a ni de règles ni de principes, en s’y appliquant, on devient absolument MAITRE DU JEU.

 

Delcarme BOLIVARD, AV. MA

23/03/2016

lundi 22 février 2016

Mwen anvi konnen

Mw pa gen pretansyon rele peyi sa ni tèt chat, ni tèt poul, sof ke mw fè yon konsta sou egzistans bann pakèt institisyon tèt anba nou yo:

1- Nou gen Minis defans, nèg ki nan tèt li a pa menm konn trase yon kata, mw pa bezwen diw sil pa konn kondwi ni cha gè, ni chwal gè. Li pa menm ka defann tèt li nan yon ti konbat li menm ak yon lot nèg.

2- Nou gen Minis kilti ak kilt, li pa menm vle wè kilti peyi a menm osinon li pa menm konnenl ou konprann li. Yon kilti chifonnen pa pwop pitit li ak zantray li. Li pa ka fouti di yon mo nan divisyon legliz ak kriz kap pase anndan sistèm sa.

3- Nou gen Minis agrikilti ak resous ki anba tè yo, moun ki nan tèt li a pa menm ka diw kote richès peyi a chita, se mouche blan lap mande èd pou vin pran lo epi bal yon ti posyè monnen poul pran plezil ak fanmi li. Nan ministè sa yo pa menm konn enpotans latè, sa fè nan bidjè peyi yo akode yon ti kraze monnen pou resous sa pandan yap di '' Ayiti se yon peyi agrikol san mank''.

4- Nou gen Ministè kominikasyon, yo pa menm konn kominike, yo panse se kole de twa mo san sans ki pral fè yo konprann pa lot moun. Nan kominikasyon yo, yo plis blese zorèy moun tan pou yo di egzakteman sa yo vle di a.

5- Nou gen Ministè fanm, yo pa menm konnen konbyen fanm kap viv nan peyi a. Yo pa menm konnen kouman yap viv, ki sa yo fè e regle nan la vi. Yo pa menm respekte dwa yo ap diyite yo kom moun kap viv nan yon sosyete.

6- Nou gen Ministè pou moun pov, adye, kisa yo fè pou moun kap mande charite yo lajounene tankou lannwit. Ki sa yo di sou bann ti moun kap mande, kap siye machim e ki pa janm konn chimen lekol. Kisa ministè sa di sou rapo PNUD, IDH ak yon bann lot anko, ki, nan rapo mondyal yo sou devlopman sosyete ak moun toujou plase Ayi pi ba nan lis peyi ki pi pov yo.

7- Nou gen Ministè sante, poutan anpil moun ap mouri ak ti pwoblèm sante. Moun malad mouri menm pou yon sewom, yon piki. Ministè sa pa janm di anyen sou eta santem kap degrenn gole depi lontan. Pa gen lopital, pa gen dispensè, pa gen sant sante. Moun malad ap mouri nan kou mouch labatwa.

8- Nou gen Ministè deyo peyi a, li pa menm konn e konprann konplo yap fe sou peyi a paske se yon paket diplomat tèt san ko kap woule machin frèt, blende depi jou pou jouk lè solèy kouche. Yo pa gen bouch pou yo pale, paske yo pa menm konn sa yo pral di.

9- Nou gen Ministè jistis, poutan nan peyim jistis se pou vann. Nèg gen rezon ak kob li malere mouri ak to. Gwo potanta pa volè, se lespwi yo yap devlope, se nèg katye popilè ki gen menm long.

10-Nou gen Ministè planifikasyon, yo planifye sèlman lè yo vle piye ak dechè piye ti pèp la. Yo bliye tout fomil matematik ak kontab pou sèvi nanchon an. Yo planifye pou poch yo ak pou vant yo vinn pi anfle.

11- Nou gen Ministè zafè sosyete ak travay, li pa menm konprann fason sosyete sa ap bouje. Yo pa menm konprannn reyalite sosyete sa. Yap viv pou yo menm pou pesonn lot moun. Yo pa kreye travay men yap veye nèg kap foge travay. Yo bliye si sosyete se ou, se mwen.

12- Nou gen Ministè finans, podyab, li lap pou baw e egzekite a tan pwojè egzekitif. Yo bliye enterè pèp pou pa gwo palto ak gwo kolèt kap finn rich sou do pèp la.
Tout ak kale chèlbè, tout di yap travay e panse pou pèp la. Se poun louvri jenn poun konnen kiyès ki renmen peyi a ak kiyès kap volè peyi a.

Sim pa di yon ministè, edem, mwen pa sonje e mwen pa bezwen konnen tout paske yo tout pap regle anyen ki serye pou peyi sa.

BOLIVARD Delcarme, Av.MA
Le Citoyen. 22/02/2016

vendredi 12 février 2016

Des interrogations…

A quand les compagnes électorales pour la présidence doivent

Débuter pour le prochain tour du 14 Février 2016?

Qui sont les observateurs de cette prochaine tenue électorale?

Les observateurs, seront-ils à la fois mandataires?

Et les orienteurs, seront-ils des parlementaires? Ou parlent menteurs?

Le CEP, sera-t-il ressuscité? Ou le parlement en mode ''CEP''?

Qui est ''O-pont''? Sous le pont ou sur le pont?

Polycarpe ou polycarpe?,

De l'opposition en proposition?

A ces élections, plus de contestations?

Ou la satisfaction des poches de nos proches?

Où est le peuple en tout cela ? Et la démocratie de la démagogie ?

‘’Madji gridji’’ ou ‘’gridji madji’’ ou ‘’gridji gridji’’ ?

Graffiti pour nos murs et nos murailles délabrées ?

Que dire la Constitution  amendée du 09 Mai 2011 ?

Rien ou muette ? Le législateur, blasphémateur ou imposteur ?

Manque de compétence, de clairvoyance, de raison,

De logique politique ou de manque de paradigme politique ?

Le décret électoral du 02 Mars 2015, est où ? Déchiré par l’ambition,

Défeuillé par cupidité ? Que dire sur l’esprit de ce décret ?

Que dire sur les élections du 09 Aout 2015 ?

Que dire alors sur celles du 25 Octobre 2015 ?

Que dire, que dire sur Haïti, sur l’avenir de ce pays, et sur celui de la jeunesse ?

Et les manifestants manipulés, instrumentés et politisés?

Comprennent-ils les vocables ‘’Acteurs politiques’’ ?

‘’Société civile’’ ? ‘’Coup d’Etat électoral’’ ? ‘’Manipulation électorale’’ ? Etc.

La presse au service de qui ou de quoi ? Liberté d’expression avec orgueil ?

Le peuple travaille pour qui ? Et qui travaille pour lui ?

La chambre ? Chambrette ? Palais National, est-il chagrin de son locataire ?

La cigarette de Baby Doc, est-elle remise à l’ex-Président crâne rasé ?

Cette cigarette, est-elle toujours allumée des deux extrémités ?

Qui va la tenir ? L’opposition divisée, le parlement CEP,

Le législatif oublié et négligé ou le peuple hébété ?

 

Delcarme BOLIVARD, Av. MA

12/02/2016

 

jeudi 4 février 2016

Pas aujourd’hui…


Pas aujourd'hui qu'il s'attaque aux grands maitres du solfège, à l'inspiration musicale de la poésie et de l'art de coudre des beaux mots.

Pas aujourd'hui qu'il s'attaque aux charmes de nos femmes en instrumentant sa mère par des injures et des verbes incongrus qui font pleurer les cœurs paisibles de nos citoyens conséquents et citoyennes attentives.

Pas aujourd’hui qu’il chante sans être chanteur en ignorant toutes les vertus d’un musicien dont les compositions se considèrent dans toutes les sociétés où règnent le respect de l’autre et celui de soi-même, comme un véritable remède aux grands maux de la corruption, de la cupidité, de l’ignorance…

Pas aujourd’hui qu’il se mêle et se beigne sans réserve dans l’océan pervers qui ronge son cerveau comme de la cocaïne qui consume son bon sens et l’envoie vers le monde macabre.

Pas aujourd’hui qu’il se débouille négativement pour sauver l’espoir et l’espérance dans sa famille dont les membres sont rongés par le deuil et les vices.

Pas aujourd’hui qu’il ne se connait pas sous l’impulsion de son orgueil de tout faire sans savoir pour autant rien faire.

Pas aujourd’hui que son âme se traine vers l’abîme de la médiocrité après les multiples mensonges adressés pour sauver sa peau sous la torche et le marteau de la justice de la vie.

Pas aujourd’hui. Pas aujourd’hui qu’il ne se connait sous les bouffées de fumée en plein public, en plein air de ces cigarettes malhonnêtes.

Pas aujourd’hui qu’il ne respect personne, en ne se respectant pas il se croit tout permis, tout autorisé.

Pas aujourd’hui qu’il ignore, qu’il est ignorant des principes de base de la bonne convenance, de la confrérie  et de la convivialité.

Pas aujourd’hui qu’il est vu et perçu comme un malade mental, un désavoué, un porteur ou une bouche âcre des camouflets contre les bonnes gens qui n’ont aucune crainte de braver la mort au nom de la démocratie et du patriotisme.

Pas aujourd’hui qu’il est ainsi : irrationnel, immoral, démesuré en parole et en action.

Pas aujourd’hui qu’il commet ces genres de bêtise, ces genres de menace, car, son esprit et ses pensées ne sont programmés que pour ça.

Pas aujourd’hui qu’il est de cette manière et accepte d’y patauger voire mourir.

Croyez-moi, pas aujourd’hui son nom ne cesse de répéter dans de très mauvaise situation. Donc, s’il s’attaque à vous aujourd’hui, sachez qu’il l’a déjà fait beaucoup plus terriblement à quelqu’un d’autre. Courage ! Et s’il ne s’attaque pas à vous encore, croyez-moi, il le fera de toute façon. Si vous n’y croyez pas, demandez à sa femme, ses enfants maudits et ses proches flatteurs.

 

BOLIVARD Delcarme, Av. MA   

04/02/2016           

 

jeudi 14 janvier 2016

DE L’INSTABILITÉ POLITIQUE À HAÏTI



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Quand le système politique s’organise mal dans un pays, cela fait naitre un ensemble de bouleversement et de crise qui paralysent le développement et créent des occasions troublantes au niveau de la société. Dans le cadre d’Haïti, la misère et la pauvreté sont conditionnées par l’instabilité socio-politique du pays où l’investissement ne peut se réaliser à cause d’une peur généralisée qui handicape toutes les activités de la vie courante.
De-là, il faut chercher à comprendre et à déterminer l’origine de l’instabilité de la politique haïtienne, à vérifier si les causes qui l’ont engendrée peuvent au moins améliorer afin de tenter de résoudre le problème de la misère sociale à Haïti.  

Notion de l’instabilité politique à Haïti

L’instabilité politique à Haïti ne date pas d’aujourd’hui, elle est aussi vielle que l’existence de ce pays et entraine la notion de sous-développement dans le milieu haïtien. En effet, les problèmes institutionnels et les conflits sociaux dans le pays où la masse populaire se voue à elle-même, sont les véritables facteurs de l’instabilité politique haïtienne.

Cependant, ces derniers temps, la situation de la politique haïtienne est en nette décadence. Plus de respect aux normes constitutionnelles, plus d’acteurs politiques conséquents, c’est le désordre au niveau de l’appareil de l’État qui valorise aujourd’hui la notion d’individualisme au détriment de celle du collectivisme.

Évolution et histoire

Au lendemain de l’indépendance nationale, la jeune nation commençait à avoir beaucoup de problèmes tant sur le plan structurel de l’État que sur plan d’organisation sociale. La masse populaire qui s’engageait à la lutte anticolonialiste et esclavagiste était mise de côté au profit d’un groupe d’hommes communément appelés ‘’anciens libres’’. Les richesses du pays allaient être mal reparties et l’État d’alors, à vouloir tout contrôler, faisait naitre une situation difficile de crise sociale et économique.

La solidarité entre les mulâtres et les noirs de 1803 à 1804 pour une issue favorable à la guerre de l’indépendance, était banalisée et rejetée pour une question de distribution de terre et de toute sorte de richesse qui créa plus tard la naissance de deux mondes : les nouveaux riches et les déshérités. Ces derniers, mécontents de la façon dont l’État fut géré, s’adonnèrent à fragiliser l’indépendance nationale[1].

Deux (2) ans seulement après la proclamation de l’indépendance nationale aux Gonaïves, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, père-fondateur de la nouvelle patrie, assassiné au Pont-Rouge le 17 Octobre 1806. À la mort de Dessalines, la situation politique et sociale du pays fut bouleversée et provoquée une crise économique immense. Le pays fut divisé, d’où la genèse de l’instabilité politique à Haïti.

Bien d’autres évènements tragiques furent marqués l’histoire de l’instabilité politique à Haïti, cependant, pour ne pas en présenter une liste trop longue, nous nous intéressons aux troubles politiques du début du XXème  siècle haïtien qui occasionnaient le débarquement militaire de 1915 à 1934 des soldats des États-Unis pour une occupation unilatérale. Toujours dans le cadre d’une crise répétée, 60 ans plus tard, soit en Octobre 1994, les soldats américains sont revenus dans nos murs couverts d’une stratégie d’occupation multilatérale mise en place par les Nations-Unies pour la restauration de l’ordre constitutionnel[2].

Malgré l’intervention directe des Nations-Unies pour le rétablissement de l’ordre institutionnel, la situation ne s’est pas redressée. De nouvelles luttes pour le pouvoir politique aggravent la situation. Deux (2) passations de pouvoir, 2001 et 2004 compromettent tous les grands efforts entamés pour le maintien de l’État de droit et de démocratie dans le pays.

Il faut aussi noter l’évolution de l’instabilité politique à Haïti à partir de 2000 jusqu’à 2015. De cet intervalle, nous notons par exemple le vide législatif qui allait plus tard occasionner les élections contestées du 21 Mai 2001 et celles du 26 Novembre de la même année, l’installation de Me Gérard Gourgue comme président de l’opposition[3], la démission du président Jean-Bertrand Aristide à la veille de la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale, le gouvernement de transition de Me Boniface Alexandre/Gérard Latortue, les élections frauduleuses de 2006 qui amenaient René Gracia Préval à la présidence d’Haïti, sans oublier les élections controversées de 2011 fondées sur le chambardement de la structure politique haïtienne qui n’existait même pas, par le musicien Michel Joseph Martelly à la tête de l’État haïtien au rejet de l’ex-sénateur de la République d’Haïti, Mme  Mirlande H. Manigat. Beaucoup de chanceliers ont démissionné sous les pressions politiques de l’opposition haïtienne. Et jusqu’à date où nous sommes, le pays vient de connaitre une instabilité politique ayant permis de passer quatre (4) ans sans renouveler le personnel politique haïtien, notamment, le tiers sénat, la députation et les collectivités territoriales, ce qui entrainait pendant un bon laps de temps une crise institutionnelle. Et les dernières élections législatives du neuf (9) Août 2015 sont totalement critiquées, contestées profondément sur tous les points de vue avec une faible participation de l’électorat haïtien soit 18% sur tout le territoire national, des fraudes massives y ont été enregistrées qui donneront plus tard les élections présidentielles du 25 Octobre 2015 un caractère le plus critiqué et le plus contesté des élections présidentielles d’Haïti. De-là, certains partis politiques et d’autres secteurs de la vie nationale réclament l’annulation pure et simplement de ces élections et le départ sans condition des membres du CEP. Tout cela découle du facteur de l’instabilité politique à Haïti.

Donc, de 2004 en passant par 2011 jusqu’en 2015, la politique haïtienne ne fait que se désorienter et se dégrader. Les principaux conflits politiques et sociaux entrainent  la déstabilisation de l’être haïtien qui ne sait où reposer la tête face aux conjonctures difficiles et fragiles du pays.

Caractéristiques et trais dominants

Le contexte fragile dans lequel évolue la politique à Haïti permet de comprendre la place occupée par ce pays à travers l’Amérique latine et plus directement au niveau de la Caraïbe insulaire. Par des crises politiques, la misère et la corruption dans les administrations publiques, Haïti s’identifie comme le pays le plus pauvre de l’Hémisphère occidentale.

Les indicateurs socio-politiques concernant Haïti  présentent des images visibles d’instabilité comme bien des pays d’Afrique d’autrefois en situation de guerres et de conflits d’armés. Pourtant, cette considération haïtienne est nettement contraire à la pensée politique du professeur Bel Angelot qui constate qu’Haïti est un pays de deuils et de faux conflits puisqu’il s’agit de maintenir l’individualisme dans les affaires publiques de la nation[4].

Nous parvenons jusqu’ici à identifier quelques caractéristiques et des traits dominants de l’instabilité politique à Haïti qui sont les suivants, entre autres :

-          Mauvaise gouvernance

-          Irrespect des normes constitutionnelles

-          Anarchisme socio-politique

-          Blocages institutionnels

-          Dysfonctionnement de l’appareil de l’État

-          Insécurité socio-politique et économique

-          Gel de l’aide international[5].

Facteurs occasionnels

Les crises socio-politiques à Haïti traversent toute l’histoire de ce pays. Elles fragilisent toutes les institutions et débouchent sur une situation de misère et de pauvreté chez le peuple haïtien. Donc, nous comprenons par maintes études réalisées sur la question de l’instabilité politique à Haïti, que ces moments de fortes tensions et de chaos ne se produisent pas de par eux-mêmes. Ils résultent intégralement de l’individualisme du côté des acteurs politiques haïtiens, de leur amour du pouvoir afin de s’enrichir au détriment de la masse, de leur incapacité de diriger, de leur ignorance des effets négatifs de l’ingérence des choses publiques.

Conséquences

Les conséquences de l’instabilité politiques sont toujours visibles. Dans tous les pays où règne l’instabilité politique, la vie sociale et économique sont toujours boiteuse, les institutions se dévalorisent, la corruption dans les administrations publiques, entre autres, sont les effets directs de l’instabilité politique.

Laurent Jalabert, professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane, France, dans son article titré : ‘’les violences politiques dans les États de la Caraïbe insulaire’’, présente de manière systématique les conséquences qui peuvent découler dans un contexte politique instable. Pour Jalabert, l’instabilité politique provoque l’insécurité surtout les points de vue et paralyse notamment le bon fonctionnement des institutions étatiques.

Dans le cadre d’Haïti, l’instabilité politique devient une institution qui tend à détériorer la société haïtienne. Si nous nous référons de 1804 à nos jours, nous pouvons constater tant de problèmes que peut créer l’instabilité politique, tels : vides institutionnels, dysfonctionnement de l’État, passivité des acteurs politiques, abus d’autorité, pauvreté massive, élections irrégulières et frauduleuses, contestations des élections, irrespect de la Constitution.

BOLIVARD Delcarme, Av. M.A      14/01/2016

[1] . Sonson Price, ‘’Haïti État de choc’’, p.20
[2] . King Pascal pecos LUNDY, ‘’Crise, réformes économiques et pauvreté en Haïti’’, P. 7
[3] . Sonson Price ibid. P. 158
[4] . Bell Angelot, ‘’Haïti, État de deuil et de faux conflits, pèp debou, dirijan ajenou’’. Préface.
[5] . Organisation people en Lutte (OPL), ‘’Vers 2004’’, rapport.
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