samedi 24 février 2018

Sa fè'm mal (5)

Lè Prezidan meriken an, "Donald Trump", te trete'n peyi tou komòd, sa te fè plis pale anpil bò isit tankou lòt bò dlo, ke lè "Michel Martelly" ap rantre nan kò medam ayisyèn nou yo. Sa fè'm mal. E mwen p'ap janm bouke trete yon pakèt nan nou ipokrit je chèch k'ap chèche ti lajan ak ti manje, pandan yon gwoup nèg ak fanm ap fin dechèpiye yon peyi ki fè listwa.
Mwen pa gen dwa di anyen sou spektak sweet Micky yo, paske m'ap toujou gen tò, twòp moun renmen'l, twòp moun lage yo nan ti sousou pou yo mannyè viv. Se kondisyon peyi a ki fè sa, se edikasyon nou an ki fè sa. Se sa ki fè, anpil nan jenn fanm ak jenn gason ki santi yo menase, al fè chimen yo lot bò dlo. Men pa bliye, sweet la te toujou sweet, se nou ki t'al chèche'l pou'l te vin di nou manje lafyant.
Otè a di, ou pa gen dwa korije chèf ou, ni montre'l ke'w konnen pase'l, sa se vre. Men, nan ka Ayiti, sanble se moun k'ap dirije yo ki plis sanble tèt anba. Podyab, pou Prezidan "Jovenel" ki sanble gen volonte, men poko janm konnen kisa ki rele politik nan peyi Dayiti. Se la tout bagay ki sal se politik. Sa fè'm mal.
Tout koze sanble, tout pawòl pale, tout voum se do nan peyi isit. Yo bay kanaval plis valè ke edikasyon, paske nan yon sosyete lè plis moun pa fòme, gen plis chans pou yo toupizoup pèp sa ak koze kredi. Nan "servitude volontaire", "Étienne de la Boétie" bay kouman yon gouvènman ka mitonnen yon pèp, fè'l egare, djèdjè, pa wè klè ni tande sou sa ki gen awè ak avni'l, nan ba'l manje, ba'l mizik pou'l Kaladja.
Mache Ipolit boule, kanaval pi rèd. Sa fè'm mal. Ti machann kriye, boujwa kontan, DGI ap pyafe, profèsè pa touche, lekòl piblik tafya, elèv ak inivèsitè chikata, yon myoud pa di. Gade yon peyi mesye! Ankèt sou ankèt, ankèt devwale anvan bajou kase, mouche "Digicel" la, "Marteen Boute" kase kouvri sa. Se yo ki bay, se yo ki koumande. Se yo ki konstwi, se yo ki di kouman'l fè boule. 3 zè nan maten, se yo kite la, kouman mwen fè konnen? Dèfen Prezidan "Préval" te gen rezon lè'l te di: " Men je'm, men jò'w", se kan ou pran'w konnen.
Nan yon peyi serye, yo t'ap toujou mennen ankèt la e mouche "Digicel" la t'ap youn nan moun yo t'ap kesyone. Men elas! Ankèt la deja pran okèt, ansyen politisyen yo ak gouvènman an gentan konnen repons lan, se chat k'ap veye bè. Mouche telefòn nan di se fatra ki t'ap boule, Prezidan mande ankèt, nan kiyès pou nou pran? Nou pran nan pwa grate. Sa fè'm mal.
Adye ooo, Nan peyi Etazini, nonm nan trete pitit Bon Dye, tou kòmòd, tou latrin. Nan peyi Ayiti, jennonm nan di pèp la manje lafyant. Sa bon, se nou ki t'al retire derechany mo sal la sou li. Men, tonnè boule chen ak chat sa fout fè'm mal.
db
15/02/2018

lundi 29 janvier 2018

Le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe, est-il un instrument de persécution politique ? Ou un document servant à relever l’image du système judiciaire haïtien ?

encrejournal
Nous avons mis du temps à observer pour mieux aborder la question de ‘’Rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe’’ couvrant les périodes annuelles allant de septembre 2008 à septembre 2016, réalisé par la commission d’enquête ‘’anti-corruption’’ du Sénat haïtien, dont l’honorable Sénateur Evalière Beauplan du Nord-Ouest était le Président. De la remise officielle de ce rapport à l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Son Excellence Youri Latortue, du parti ‘’Atibonit An Aksyon’’ (AAA), le Vendredi 10 novembre 2017 au parlement haïtien, les médias et les réseaux s’enflamment.  Ce document qui devrait être combien important pour la restructuration et le contrôle intégral des institutions publiques et privées de la nation, défraye la chronique où chaque secteur, du moins, des personnes ciblées essaient, de toutes possibilités, de se soutenir ou de s’y dédouaner comme quoi le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe les souille la réputation. Quelle imprécation !

Après maintes analyses et réflexions, nous finissons par déterminer le fondement du principe selon lequel, le Droit de la Politique englobe et envahit négativement toutes les institutions républicaines haïtiennes. Tout est Politique quand on veut, d’une part, s’innocenter ou décider délibérément de bouder la justice haïtienne. D’autre part, quand on veut salir ouvertement la réputation de quelqu’un ou continuer à traîner dans l’ignorance le peuple haïtien déjà trop faible pour mesurer ou comprendre certaines gravités de situation devant engager la nation, faute d’éducation de toutes sortes. Ainsi, a posteriori, dans un contexte ironique, considérons-nous que la notion ‘’Politique’’ fait plus de mal que de bien à la société haïtienne, ce, depuis le post-esclavagisme jusqu’à nos jours, si nous observons à la loupe les conjonctures sociopolitiques et économiques du pays. C’est à repenser, puisqu’il est de principe premier que la Politique doit s’occuper du bien-être de la collectivité dans un contexte de bonne gouvernance.

Le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe de 656 pages, incluant des indices et des preuves, dit-on, pouvant permettre à la Justice haïtienne de s’y prononcer, indexe plusieurs anciens et hauts fonctionnaires de l’Etat haïtien accusés de ‘’forfaiture, concussion, détournement ou dissipation de derniers publics’’, toutes ces infractions sont prévues et punies par le Code Pénal haïtien en ses articles : 127, 128, 135 et 340, et selon les dispositions de la loi du 12 mars 2014 portant  prévention et répression de la corruption en ses articles : 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12. Dans ces démarches, l’esprit des articles précités sont en éveil, demande d’être appliqué à la lettre contre quiconque est l’objet de poursuites judiciaires relatives aux infractions susmentionnées.

La politique du Droit doit être perçue autrement, ce qui permettra à la Justice haïtienne d’être effective que d’être mise sur la sellette de la criminalité pour être jugée et condamnée à la place de toutes celles et de tous ceux méritoires d’être incarcérés après la justification de leurs culpabilités. Ce qui revient à considérer les grands axes de la pensée politique constructive de John Locke, reprise par Montesquieu, la séparation des pouvoirs. Donc, le pouvoir législatif par le rapport de la commission d’enquête ‘’anti-corruption’’, doit analyser résolument ledit document tant sur le fond que sur la forme. Et pour sauver l’honneur du peuple haïtien où l’État est pris comme otage de corruption, considéré boiteux de marque indélébile à l’échelle internationale, le parlement haïtien doit acheminer le dossier au pouvoir judicaire, par ses autorités y établies, qui dira le mot du Droit.

Les parlementaires doivent prouver la sagesse dont ils sont coiffés s’ils ne se livrent pas tous dans le chantier de la corruption, non seulement pour permettre au rapport d’atteindre son but, mais aussi pour permettre aux citoyens indexés de répondre aux questions de la Justice dans le délai de la loi sans chercher à les acculer pour causes politiques. C’est ainsi que l’État haïtien entrera dans le concert de l’État de Droit et s’écartera timidement du rang des pays ayant en leurs têtes des autorités les plus corrompus de la planète.

Apriori, il ne faut aucunement voir dans le rapport sur le fonds PetroCaribe un instrument de ‘’persécution politique’’ ou ‘’un document servant à relever l’image du système judiciaire haïtien’’  ou une attaque sans précédente à un groupe de personne bien spécifique’’ sans scruter les faits qui l’ont engendré. Si tel est le cas, c’est le moment ou jamais de coudre le tissu politique haïtien semblant être déchiré par ses paires depuis le lendemain de l’indépendance nationale jusqu’au moment où nous émettons ces opinions citoyennes. Par ailleurs, il faut y voir un appel à la restructuration de l’administration de l’État haïtien sabotée et sombrée par le sentiment égocentrique forgé du refus de l’acceptation des principes axiologiques qui gouvernent le monde (comme vrais).
Il faut, disons-nous, admettre que, malgré certaines failles constatées ou de rares exceptions qui pourraient être observées,  ledit rapport présenté par la commission ‘’anti-corruption’’ du Sénat haïtien est un écho à l’échec d’une classe dirigeante depuis plus de deux décennies dans des conditions méprisantes qui accouchent un pays ne cessant de tendre la main aux aides internationales lapidées par des vauriens dont l’histoire retient négativement les noms. Ce rapport doit nous conduire vers le début d’une série de procès dans nos tribunaux où la Justice se triomphera pour la gloire du pays.

Des propositions utiles :

a)      Au gouvernement
Le gouvernement haïtien doit maintenir sa neutralité dans le dossier du ‘’rapport’’ sur la gestion des fonds PetroCaribe, de manière que le pouvoir législatif joue normalement son rôle de contrôle pertinent. Qu’il prenne distance à ce document pour empêcher que l’idée d’État de Droit dont on parle dans le pays ne soit tout à fait une utopie. Au contraire, le pouvoir l’exécutif dans le cadre de sa mission de garantir le bon fonctionnement des institutions républicaines, doit encourager un dénouement heureux concernant le rapport.

b)     Aux parlementaires 
Au lieu de bouder ou d’infirmer les séances pour ne pas mettre sur le tapis le contenu intégral du rapport et d’en prendre une décision finale, mieux vaut de se démettre en acceptant de s’aligner aux côtés de celles et de ceux qui seront jugés et condamnés par le tribunal de l’histoire. Et le peuple saura qui de vous a fait plus de mal à la nation en préférant le bonheur personnel au vote populaire qui vous a conduit dans l’opulence de la vie.

c)      Aux autorités judicaires
Dans tout État sérieux qui se veut être un Etat de Droit, la Justice garde son impartialité en se renforçant constamment à inspirer confiance aux justiciables. Elle agit au nom de la loi en toute impartialité. Néanmoins, une Justice faible, est celle qui crée, au lieu de tout ordonner, l’anarchisme et le chaos au niveau de la société. En effet pour revitaliser le système judiciaire haïtien qui semble être mal vu tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale, dans la question du rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe, qu’il se prononce à l’aune du Droit. Ainsi, les autorités judiciaires haïtiennes n’ont qu’à avoir pour boussole la loi en vertu de laquelle le Tribunal compétent en la matière tranchera au nom de la République.

d)     Aux médias :
Il faut finir avec la  ‘’vidéocratie’’, la ‘’télécratie’’ le ‘’télépopulisme’’ en un mot,  la ‘’médiacratie’’ pour laisser à la Justice de faire son travail. À trop vouloir informer la population, certains directeurs d’opinion nuancent les actualités en prenant ‘’le pour le contre’’ dans des dossiers aussi fragiles pour le destin du peuple haïtien. Donc, la manipulation des informations ne feront qu’enterrer le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe au bénéfice d’une oligarchie corrompue tenant les rênes de la nation depuis plus d’un demi-siècle.

e)      A l’international
La communauté internationale doit se garder de prononcer de manière anticipée sur le rapport porté sur la gestion des fonds PetroCaribe. Elle doit y prendre des distances en attendant que soit faite la lumière sur la question, ce pour empêcher toutes sortes d’influence et d’ingérence. L’international, par la preuve de compréhension de la réalité haïtienne, doit au moins pour une fois, laisser aux autorités haïtiennes compétentes en la matière d’agir afin qu’ils ne disent pas avoir été intimités et contraints au moment de prendre des décisions.

 f)      A la population :
La masse populaire haïtienne, dans cette situation doit épouser un comportement de sagesse et d’observation pour ne pas se laisser instrumentaliser par un groupe qui se réclame maitre ou le plus concerné du rapport PetroCaribe. Elle doit au contraire surveiller celles-là et/ou ceux-là dont les noms sont cités dans le cadre du travail réalisé par la commission d’enquête ‘’anti-corruption’’ du Sénat afin de les sanctionner éventuellement au moment des élections si leurs culpabilités seront prouvées et justifiées par la Justice haïtienne.

Entant qu’observateur et analyste, sans vouloir indexer personne, nous sommes certains que le chapitre du rapport de la gestion des fonds PetroCaribe puisse servir de fondement pour corriger des erreurs et des gabegies administratives commises par une aristocratie ne voulant utiliser les biens et les richesses du pays qu’aux noms de la modernité et de la coopération internationale dilapidée. Il reste à savoir : Quels sont les véritables coupables dans ce dossier ? Qu’y sera livré et protégé au gré de l’histoire et de la vérité ?

Le peuple, dans toutes les conditions, en paiera les frais.

Ce qu’il ne faut pas ignorer, ceux qui ce sont exclus sciemment ou inconsciemment du rapport finiront par se rattraper par l’histoire.

Delcarme BOLIVARD

29 janvier 2018

vendredi 19 janvier 2018

Sa fè'm mal (2)

Aprè gwo chèf meriken an, prezidan Donald Trump, fin ban nou jouman kòm kwa, nou, ayisyen se machann SIDA nan peyi Etazini, nou, se tou "komòd" ak bann peyi Lafrik yo, nan tèt kole ak Salvadò; nan Repiblik dominikèn, majistra "Santiago de Los Caballeros", Abel Martinez, deklare ayisyen endesirab anpil.
Koze Towo meriken an fè plis pale anpil. Nèg ak fanm, tribò pabò, move kon kong, tonbe ekri bèl fraz, pale bèl franse, alòske, koze mouche a ap fè chimen'l, nonm yo bay pou Trump lan ap kontinye kale chèlbè nan gwo kay blach la. Yo pa twò pale sou ka panyòl la, se tankou pawòl la di: "chen ap jape, karavàn lan ap pase."
Sa ki touye'm frèt, e ki fè'm mal plis la, se paske chèf peyan'm (peyi'm) ap rizibye'm ankò. Y'ap fè tiwounou wounou anba chal, pandan se pèp k'ap chèche defann li ak zong, bout koute, elatriye. Mwen konn pouki yo pa di anyen, men mwen pap di li koulye a.
Pou mwen vini pi drèt nan sa k'ap ravaje kè'm nan, se bann koze sou do youn nan setanè nò yo, onorab Nawoon Marcellus. Nan Palman an, eskize'm wi, senatè Wilo, Wilo mwen di'w, byen fò devan kamera laprès, deklare senatè jènjan nou an, Nawoon, kòm senatè ki pi nil nan chanm wo a. Anyen pa janm di sou gwosè jouman sa. Yo fè'm kwè se politik k'ap fèt, donk, tout sa ki sal, santi pise, santi vomisman, tout se politik. Alatray papa!
Doktè Kelly C Bastien rantre tout longè nan pèsonalite onorab nou an, senatè Nawoon Marcellus, kòm kwa, senatè a pa fè filo, vòlò televizyon, detounen gwo magogo lajan; jouk koulye a, yon myoud pa di. Yo fè'm kwè ni doktè a ni onorab la se kabrit tomazo, menm plim menm plimay, se politik k'ap fèt. Sa vle di, denigre yon moun, plimen yon moun langèt deboutonnen, se jwèt, se politik k'ap fèt. A latraka pou politik papa. Sa fout fè'm mal!
Yo fè komisyon nan palman an, nan nivo chanm wo a, youn nan reprezantan moun nan nò yo, senatè Nawoon Marcellus, rive prezidan komisyon zafè letraje, li ranplase senatè Evalière Beauplan. Se bèl kichòy. Gen nèg ak fanm ki pyafe, ki fè fèt, woule atè tankou chini ki tonbe nan mitan sann dife pou nouvèl sa. Ni mwen tou, mw fè yon ti kontan kòm nèg nan nò.
Men, s'ak fè'm mal la, se defansè moun mari yo mouri ak ti moun ki pèdi manman yo ak papa yo, mèt André Michel, ki deklare nan "radio Mega ( 103.7 FM)" ke sèl yon peyi ki dirije ak "kokorat" k'ap mete yon moun tankou onorab senatè Nawoon Marcellus, kòm prezidan komisyon zafè letraje. Kidonk, prezidan ak tout premye minis la se kokorat? Depite ak senatè yo tou, se yon bann kokorat? Minis yo, pakèt direktè yo, tout se kokorat? Elatriye. Sa fè'm mal. Anyen pa janm di nan sa. Yo vle fè'm kwè se politik k'ap fèt.
Alò, se mo santi fò ki fè politik? Pa di'm se konsa li ye pa bò isit, kidonk, Ayiti pa yon peyi? Pa gen moun k'ap ni panse ni reflechi? Nou vle fè'm pè politik paske mwen p'ap rantre nan zafè manman nou? E pouki nou fache lè prezidan meriken an kalifye nou "tou dèyè, tou komòd ak tou kaka"? Se politik k'ap fèt. Sa fè'm mal.
db
19/01/2018

samedi 23 décembre 2017

Nwèl pa tonton’m


encrejournal
Depi’m piti, mwen tande tonton nwèl,
Mwen pèdi tan chèche’l, mwen pa janm wèl.
Yo di’m li lòt bò dlo ap bay kado,
Pote lajwa, kè kontan gwo sak sou do.
Yo di’m li pa sanble’m, li pa konnen’m,
Li p’ap vini bò isit, li pa renmen’m.

Dlo nan je fanmi isit, mak nan kou,
Anba kout fwèt lanmizè tonbe sou kou.
Tonton ou mouche nwèl pa konn doulè
Nèg ak fanm nan peyi isit ki fin pèdi koulè,
Kouche atè, trennen kou chen san mèt.
Yo p’ap fete, richès ba yo plis ke san mèt.

Kote se vwe, tonton nwèl ap vin isit!
Nan labou, fatra, dlo sal isit !
Kote se vwe, tonton nwèl konn malere!
San travay, sekirite,  n’ap toujou malere.
Se mannyè pou’n di byen fò
Fèt nwèl pa pou nou, men’m si’n fè jefò.

Adye ! kouri lago pasi pala,
Men ton nwèl isit, men li la.
Yo di’m li blan, li gen anpil bab,
Zye’l tout koulè, men longè rad.
Tout se koze kredi, se filalang
Nou ak tonton nwèl pa konprann menm lang.

Pou jan nou ye la, anba lanmizè nou foubi,
Li pa fasil pou’n wè nwèl, nou plis wè zonbi.
Zonbi pa nan limyè ni manje sèl.
Nwèl pa tonton’m li te manje sè’l.
Yon jou n’ap fete lanmou, lamitye ak rekonsilyasyon
Lè nou tout va kwè ke fèt nwèl pa yon solisyon.



Delcarme BOLIVARD

23/23/17

samedi 18 novembre 2017

La remobilisation des Forces Armées D’Haïti : Une préoccupation dans un contexte sociopolitique fragile.

encrejournal
La question de la remobilisation des Forces Armées d’Haïti introduit une nouvelle vague de débats tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale. Sur ce grand fait sociopolitique, chaque secteur a une position nuancée. Tantôt des approches y élaborées, dérivées des intérêts singuliers ne voulant pas que l’esprit de la Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, soit de mise en utilisant l’insécurité sociale comme conducteur des crises et des chaos dans le pays pour combler leurs envies de prise de pouvoir. Tantôt des réflexions parviennent des acteurs politiques croyant que le rétablissement des Forces Armées D’Haïti est une nécessité quant à la lutte contre l’anarchisme, le libertinage et surtout le délaissement de nos frontières comme soi-disant État souverain.

De l’armée indigène de 1803 en passant par l’armée féodale de 1807 à 1915, l’armée des protectionnistes de 1915, l’armée de la désoccupation américaine de 1934, l’armée de Jean Jacques Acaau de 1943, la Gendarmerie, jusqu’à l’Armée d’Haïti en 1947, dénommée Forces Armées D’Haïti en 1958 avec François Duvalier, cette dernière démobilisée en 1995 avec le retour de Jean-Bertrand Aristide, Haïti a connu des forces militaires en série. En dépit de la reconnaissance légale d’une force armée par la Constitution haïtienne en vigueur en ses articles : 264, 264.1, 264.2, 264.3, 265, 265.1, 266, 267, 267.1, 267.2, 267.3, 267.4, 267.5, 268, 268.1, 268.2, 268.3, cela n’empêche que cette institution indépendante soit en veilleuse de quinze ans de cela.

Il est de fondement que les forces armées constituent pour une nation un véritable moyen de développement dans le cadre du maintien de l’ordre, de la s’sécurité, de la protection des citoyens et des institutions. Elles désignent l’un des facteurs essentiels de la ‘’fonctionne régalienne’’. Ce qui montre que la sécurité extérieure d’un pays doit être assurée par la Diplomatie dans un contexte de prévention et par des forces armées en cas de conflit, pour la défense nationale sans oublier les stratégies à placer pour la question des risques et désastres environnementaux. Par contre, l’instrumentalisation ou l’utilisation d’une force armée à des fins politiques ou toutes autres manœuvres pouvant engendrer des situations de trouble et de violence, permettent de saisir l’échec flagrant d’une telle institution contribuant à appauvrir une nation au lieu de la propulser vers le progrès et le développement durable.
           
Les idées précédentes nous laissent comprendre la bivalence que peut avoir une force armée dans l’accomplissement de ses attributions. L’‘’armée’’ a permis à la Russie, les États-Unis, la Corée du Nord, la Chine, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, le Canada de s’imposer nationalement et internationalement pour le mode de fonctionnement qu’elle offre à ces États précités. Tandis que, dans certains pays communément appelés ‘’sous-développés’’, tels : La République du Congo, Burundi, Sénégal, Burkina Faso, Libéria, Zimbabwe, Haïti,  pour ne citer que ceux-là, l’armée joue un rôle de destruction massive contre l’établissement de la paix publique pour être instrumentalisée par des autorités étatiques.

Le cas d’Haïti sur la liste des pays dont les forces militaires ne font que provoquer de graves crises sociopolitiques nous préoccupe l’esprit quand nous nous rappelons le rôle que jouaient les soldats des Forces Armées D’Haïti dans des violences politiques, des coups d’État, des gabegies administratives, des meurtres, des manquements aux principes des droits de l’Homme. Nous pouvons en déduire que pendant les trente dernières années, l’existence d’une force armée nationale fait plus de mal que de bien au peuple haïtien.

Par son utilisation politique à outrance, l’’’armée d’Haïti’’ consume tout un rêve du peuple, celui de vivre dans un parfait état de sécurité et de paix durable. Des Forces Armées D’Haïti, que de citoyens paisibles arrivent à perdre leur vie, que de compatriotes sont victimes d’éviction. Donc, si les Forces armées D’Haïti ont été démobilisées pour causes d’infiltration politique et économique en 1995 par Jean-Bertrand Aristide, en 2017, sous la Présidence de Jovenel MOÏSE, elles doivent être conçues autrement. Elles doivent être directement au service de la société au lieu d’être sous le contrôle du pouvoir exécutif comme il a été le cas d’autrefois. Elles doivent avoir en tout temps et en tout lieu l’esprit de la Constitution en vigueur comme vecteur d’achèvement des tâches nobles.

Les Forces Armées D’Haïti remobilisées sous la Présidence de Jovenel MOÏSE, est une institution reconnue par la Constitution du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011. Cette institution est apolitique, dont les membres ne peuvent appartenir à aucun parti politique et doivent observer la plus stricte neutralité selon la disposition de l’article 265 de la loi mère du pays. Il faut souligner tout bonnement que la remobilisation des Forces Armées D’Haïti est une préoccupation dans un contexte sociopolitique et économique fragile. Au moment où cette armée refait surface, presque tous les secteurs de la vie nationale sont en crise :

1-      L’éducation ne peut pas être assurée effectivement, ce qui traine à la longueur de la journée dans les rues une kyrielle d’élèves des Lycées et des Écoles nationales pour n’avoir pas de professeurs en salle de classe. Et ces derniers se plaignent de la négligence du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle qui ne pense pas à les payer à temps, cependant, exige à certains dont les dossiers sont en cours depuis 10 à 20 ans de concourir pour un poste de professorat.

2-   Cette institution (Forces Armées D’Haïti) revient à un moment où un rapport sur le fonds Pétro-Caribe fait la une de l’actualité pour avoir accusé plusieurs anciennes et nouvelles autorités étatiques dans leurs mauvaises gestions de ce fonds. Ce qui entraine une très dégoutante image pour Haïti qui s’identifie par la conclusion de ce rapport aux yeux de l’international comme le bastion de la corruption des pays insulaires, pourquoi pas du monde entier.

3-     L’économie haïtienne est en déroute et s’affaiblit de plus en plus par les gabegies administratives. De-là, les agents de l’ordre public (les policiers) ne peuvent pas être rémunérés régulièrement,  des grèves dans les hôpitaux publics, des licenciements répétés et abusifs etc. Le pays se voit obligé continuellement de tendre la main à l’international qui continue à s’amuser dans nos malheurs.

4-   Des manifestations en série organisées par les opposants du gouvernement en place, demandent inconditionnellement au Président de laisser la tête de la Magistrature suprême de l’État pour être accusé de ‘’blanchiment des avoirs’’, fait prévu et puni par le code pénal haïtien. Ces manifestants en profitent pour dénoncer et critiquer énergiquement la loi de finances 2017-2018, qui d’après  eux, ne reflète pas les aspirations du peule.

En effet, que de situations fragiles dans lesquelles remobilisent les Forces Armées D’Haïti, présentées officiellement à Cap-Haïtien, Vertières, le Samedi 18 novembre 2017 sous le haut commandement de monsieur Jodele LESAGE, nommé par l’arrêté présidentiel du Vendredi 17 novembre de l’an en cours. Mais, demandons-nous pourquoi le chef de l’État haïtien se préoccupe de cette question de l’armée ? Que faut-il attendre de cette force ? Son budget de fonctionnement, répond-il aux aspirations d’une force armée de l’heure ? Les jeunes soldats, ne sont-ils pas des enfants ou des proches d’anciens militaires, qui partiront à la vengeance de leurs familles ?

Seule une parfaite observation nous est un rempart !

Delcarme BOLIVARD


18/11/2017

jeudi 2 novembre 2017

Observations sur les Eglises à Haïti


encrejournal
Si les Eglises (les différentes religions) se collaboraient pour dédier un candidat à chaque poste électif à Haïti, ce serait mieux. Delà, elles prendraient les rênes de la Cité et appliqueraient surtout les principes de Dieu à savoir: Développer, cultiver et multiplier la terre. Elles feraient le nécessaire de ne pas faire croire aux fidèles qu’ils sont seulement des héritiers du royaume céleste, mais, des éléments positifs ou de vrais citoyens besognant au progrès et à la bonne gouvernance du pays.

Au lieu de tout remettre à Dieu, les Eglises impliqueraient les fidèles au paradigme du changement national en finissant de les éduquer et les instruire civilement et politiquement. Les fidèles, au rythme des anges du ciel qui s'accrochent à encenser le Dieu tout puissant comme leur principale activité, entre eux, ils apprendraient à lire et à écrire au lucre de la nation. Par ce simple geste de civilité, ils comprendraient davantage la Bible et les prédications de leurs pasteurs ou prêtres seraient par eux plus pénétrées. A ce niveau, l’œuvre divine prendrait un nouvel essor à l’utilité de la communauté. Moins d’’’AMEN’’ sans rien comprendre, plus de ‘’il serait bon de faire ceci ou cela selon la volonté de Dieu’’. Tout, pour le bien-être de la collectivité.

A travers le monde, chaque Eglise se vente d’être beaucoup plus proche de Dieu et de maîtriser à la lettre les commandements divins, sans pour autant valider leur présence sur la terre par l’accomplissement de grands actes. Du Judaïsme en passant par Christianisme, Islam, Hindouisme jusqu’au Bouddhisme, on ne fait que se venter d’avoir la vraie puissance ‘’divine’’. Pourtant, chacune d’entre elles ignore ou néglige à sa façon le rôle que pourraient jouer les fidèles dans la construction du nouveau monde s’ils étaient formés de manière citoyenne. 

Chez nous, le même constat se dresse vers la désolation d’un combat aussi acharné entre des hommes de même catégorie sociale qui sauraient, cependant, s’allier et s’armer divinement à la défense d’une cause commune qu’est la ‘’patrie’’ au nom des principes de la démocratie contemporaine. Et s’il fallait parler de la pervertie et de la dépravation sociopolitiques d’Haïti, il serait important de soulever le rôle de l’Eglise en tout cela, s’interroger sur la nécessité de rendre effectif ce monde afin de parvenir  à un établissement de grandes œuvres mises au service des citoyens. Par de-là, la mission première de l’Eglise serait de veiller sur le respect d’application scrupuleuse des principes de Dieu, de plus, contribuer au développement du pays en encourageant leurs membres à participer aux actions civiles et politiques devant engager la nation.

Dieu, quel que soit le nom qu’on lui attribue : Yahvé (de l’Hébreu YHWH), Allah, ‘’Grand Maître’’, garde son amour, sa toute puissance envers les hommes. Par ailleurs, ces deniers  se détournent de la bonne voie et se livrent plutôt qu’à être servis au lieu de servir le pays.

C’est une remarque imprimée intégralement sur la réalité de l’existence des Églises à Haïti. Au lieu d’aider les fidèles à développer l’esprit d’équipe pour fortifier la Nation, elles (Eglises) ne font que dresser des barrières sociales destinées à empêcher aux fidèles de vivre fraternellement pour le bien être de la collectivité. Au lieu de prêcher la Démocratie en se servant des principes fondamentaux de la Sainte Écrite (la Bible), elles ne favorisent que la puissance et l’austérité des prêtres ou des pasteurs au préjudice d’une couche espérant un futur meilleur sans rien planifier au présent. Au lieu de bâtir à Haïti de grandes écoles, des Universités remarquables, des hôpitaux modernes, de grandes industries, elles ne font toutefois que de jouer au cerveau des fidèles en tirant d’eux de grands avantages, pour surtout augmenter la capacité de leurs temples afin d’accueillir beaucoup plus de monde dans l’idée d’en tirer profit.

Il nous faut finir avec l’idée que nos fidèles sont des passagers de ce monde et que leur véritable place est là-haut dans le ciel. Il faut, cependant les impliquer à la vie civile et politique d’Haïti pour qu’ils sachent avant tout, qu’ils ont leurs propres contributions à apporter dans la construction du pays. Mais ne les laisser pas périr pour faute de connaissances. Et si les Églises à Haïti négligent leur responsabilité consistant à redresser la barque fragile de la nation, elles vont continuer à nous désunir au lieu de nous conduire au port du changement global.

31/10/2017

Delcarme BOLIVARD



mardi 26 septembre 2017

Lettre d'un jeune haïtien Avocat adressée à son mentor

encrejournal
    Pays des Hommes vivants, 26/06/2015

De: Me  Carl-Démé Lavibord
A: Me Wilili K. Paul
Objet: Félicitations


Honorable confrère,

Je ne voudrais pas que je sois le premier à réagir sur votre rapport fourni relatif au dossier des sieurs Albert Frainfrain et Anténor Séjourné accusés de "déchouqueur[1]". Par ailleurs, si cela arrive, permettez que j'y avance quelques mots.

Estimable confrère. Vous venez de me faire comprendre que l'Avocat est celui qui est prêt à tout, quand ses demandes fondées en Droit ne sont pas respectées ou bafouées par certains juges corrompus, dépourvus d’élégance juridique, souhaitant traiter les défenseurs des veuves et des orphelins comme des gueux, si vous admettez que j’utilise votre propre mot. Vous m'avez permis de comprendre la force de la conviction et de la croyance avec laquelle, sans ambages, vous avez défié la marque dictatoriale du juge de siège d'alors. Vous avez injecté en moi particulièrement, le refus de l'inacceptable. Vous m'avez hier appris comment me soutenir au cas où j'aurais raison dans un Procès pénal ou civil.

La plaidoirie en faveur des accusés Albert et Anténor a transformé le Tribunal en une faculté de Droit, où, Cher Maître, élégamment vous avez défendu les causes de notre client. Dans cet espace sacré, appelé pour sa grandeur, le Temple des Thémis, vous avez développé et expliqué en maitre l’un des éléments fondamentaux des libertés publiques ; qu’est la liberté individuelle, reconnue, garantie et protégée par la Constitution en vigueur en ses articles 24, 24-1, 24-2, 24-3. Vous avez exposé en bon connaisseur, la règle et la typologie de l’Abeas corpus’’, dont : Abeas corpus préventif, Abeas corpus correctif et Abeas corpus proprement dit. Vous avez démontré que le premier peut se faire contre toute forme de manipulation juridique. Vous avez, cher confrère, au prétoire, expliqué en outre, les deux autres formes de l’Abeas corpus.

Distingué maître,

Votre réaction hier à la déférence du Doyen du Tribunal Criminel, est fondée en fait et en Droit, ce qui me pousse à vous en féliciter grandement. En bon Avocat,  vous vous êtes aussi attaqué au Représentant du Ministère Public qui n'a pas su faire l'état de la hiérarchie des normes juridiques dans un État de droit et démocratique. Au moment de votre plaidoirie éloquente, Vous lui avez donné une leçon qu'il saura retenir durant toute son existence comme raté en Droit. (Je m'en excuse).

Vous avez défendu la cause du cabinet et beaucoup plus clairement, la mienne, à un moment où les parents des accusés ne voulaient pas me comprendre. Outre des leçons précitées  retenues, je suis persuadé que vous ayez raison de nous demander de réfléchir avant de nous aventurer sur certains dossiers juridiques à nous soumis. J'en suis d'accord. Nous devons raisonner sur certaines sommes à nous remises pour certains dossiers.

Je fais le serment d'usage que je suis prêt à suivre la belle équipe dont vous avez mentionné au prétoire. Ainsi, dois-je vous rappeler que l'équipe entièrement se levait pour vous supporter dans votre prise de position face à un juge traditionnel comme l'a si bien remarqué clandestinement le Doyen du TPI de (…). (Je me garde de citer la Juridiction)

Enfin, je vous rappelle tous, les membres de ce grand cabinet, que nous avons gagné. Et, cette victoire combien méritée fera le tour de la ville comme une traînée de poudre.

Mais, ne dites pas, Honorable confrère: " Sachez que vous n'êtes pas obligé de me suivre ou de prendre ma position". Cette déclaration n’a pas sa place, car, nous sommes l'équipe championne, nous sommes la belle équipe condamnée à emboiter le même pas.

Sincèrement Vôtre,

Me Lavibord Carl-Démé.




[1] .- Spoliateur

vendredi 18 août 2017

Extrait de : ‘’Le retour furieux de Sovè’’

encrejournal.blogspot.com
(...) Sur le chemin des oiseaux, il n’y a pas d’embouteillage. Les hommes oublient facilement leurs entrailles. À la cime de la réflexion, l’un arrive à avancer que le pouvoir d’Haïti doit être oligarchique, pendant que se plaint l’autre de ce propos mesquin prononcé.

Pour la vengeance prochaine, Sovè déclare en plein public : ‘’ bat chen an, tann mèt li[1]’’. À la croisée des chemins étroits, il faut laisser passer le plus fort, ce, pour s’échapper à la colère soudaine de cette espèce.

Là haut dans le ciel où se classent en ordre : la lune, le soleil et les étoiles, se fait entendre une chanson glorieuse et honorifique d’une chorale des anges qui expliquent que le Bon Dieu est vraiment GRAND.

Destinés à glorifier Dieu, soumis aux commandements de ce Roi qui vivra éternellement ; les anges sont là pour apporter au Seigneur Tout Puissant de bonnes nourritures. Quelle nourriture ? De bonnes louanges et de bonnes gloires mélangées d’une croyance infinie.

– ‘’Oh ! Tonnerre de Dieu’’, disait Ilyodor assis dans un petit coin attend courageusement son ennemie farouche, la mort. – ‘’Qui foutre causé ça. Papa mort, pitit remplacé, diablo ! Conion[2] !’’.
Au fond de la nuit, sous la stridulation nuisible et scandaleuse de certains criquets et certaines sauterelles, sous le frappement dru des pas des loups garous, l’esprit de Sovè campe autour de celui des bienfaiteurs de son ancienne famille. Saint-Julia rêve de revenir à Haïti à la seule fin que ce pays refasse surface de l’amour et de la prospérité pour le bonheur de ses enfants.

Extrait de : ‘’Le retour furieux de Sovè’’.
Catégorie : Nouveau Roman
Page : 260
Prix : ?
Auteur : Delcarme BOLIVARD




[1] . Attendez aux conséquences de ses actes.

[2] . Quelle est cette connerie. Le défunt est remplacé par son fils, diantre ! la foudre du ciel !

samedi 5 août 2017

Dr. Louis J. Noisin, décédé le 05 août 2015: Entre les rêves et les réalisations.

encrejournal
Je n’ai jamais compris l’existence redoutable de la mort. Cette dernière fait peur et dérange l’esprit, à un point tel, qu’on peut même arriver à ne pas se connaitre comme Homme. J’imagine que ce monde de tristesse qu’est la mort, incarne une méfiance à la vie et fait naître un chagrin insupportable à l’égard de l’être cher perdu dans l’au-delà de l’oubli. C’est ainsi que le spectre grimaçant que dessine la désolation, déroute l’espoir qui pourrait être nourri depuis un laps de temps…

La mort fait sa course, la mort fait sa route. L’homme s’y courbe, l’homme s’y perd. La mort entraîne des dégoûts.

Très tôt dans la matinée du 16 août 1926, à la fraîcheur du temps qui fit danser les plantes et les arbres, provoqua une vive douceur dans la nature où volèrent les oiseaux au vent, naquit dans le Nord héroïque d’Haïti, un enfant, un esprit humain grandissant d’une des familles bourgeoises et catholiques du territoire national. Les parents cultivés de cet enfant mis au monde ne tardèrent de le baptiser en la Cathédrale du Cap-Haïtien en l’appelant Louis Julien Noisin et pour les intimes, ‘’Ti Loulou’’.

Le pays, à l’époque fut troublé par des crises sociopolitiques. Son économie désorientée surtout par l’occupation américaine débutée en juillet 1915. Cela ne pouvait empêcher aux parents de Ti Loulou de l’envoyer à l’école à l’une des prestigieuses institutions classiques de la République d’Haïti, FIC du Cap-Haïtien et y fit son cycle primaire avec tant d’éclat.

Vers l’année 1940, Louis J. Noisin Monta à Port-au-Prince avec sa mère Tata ainsi connu, dans le but de fréquenter l’Institut Saint-Louis de Gonzague, puis le Lycée Toussaint Louverture pour son cycle secondaire. Collègue de classe de l’ex-président d’Haïti, le feu Leslie François S. R. Manigat à FIC de Port-au-Prince. Rentra à Cap-Haïtien, Louis poursuit ses études secondaires brillamment au Lycée National Philippe Guerrier où il fut ébloui et charmé sous les lèvres de son mentor, le professeur Louis Mercier qui lui apprit à aimer la patrie haïtienne, à travailler à sa prospérité et à aider les plus faibles sans s’agenouiller en face des plus riches. Ces leçons apprises de son maître à penser, allèrent incarner en lui un esprit d’humanisme et un caractère d’homme honnête qui firent de lui pendant toute son existence le travailleur du progrès, du développement, de la promotion du respect de l’être haïtien et de la défense de la valeur culturelle haïtienne.
Après ses études classiques au Lycée National Philippe Guerrier du Cap-Haïtien, il rencontra le Docteur Luc L. Colas et le Notaire Coradin qui l’intéressèrent à fréquenter l’École de Droit du Cap-Haïtien (ainsi appelée à l’époque) pour les études en Science Juridique qu’il maîtrisa avec science et conscience au bonheur du système judiciaire haïtien. Il acheva cette étude en 1950, du coup s’inscrivit au tableau de l’Ordre des Avocat du Barreau de Cap-Haïtien parmi les grands yeux et esprits juridiques, tels que : Me Salnave Emmanuel, Me Nathan Manigat, Avocats militants pour ne citer que ceux-là. Il eut de grandes causes et mena pendant toute sa carrière d’Avocat, un combat pour l’insertion et l’encadrement de la jeunesse qu’il considéra d’ailleurs comme la force motrice et le bel âge de la nation. Il milita en faveur de la classe moyenne, une structure sociale délaissée, vouée à elle-même. Il lutta contre la médiocrité dans le système éducatif supérieur haïtien et commença à s’inventer des titres dans le milieu national.

Ti Loulou quitta le Cap pour retourner dans la capitale d’Haïti dans le souci de se former beaucoup plus après ses quelques années passées au Barreau de l’Ordre des Avocat du Cap-Haïtien en y décrochant le titre de ‘’CHEVALIER’’. Il fréquenta la faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti et y obtint le grade de Licencié en Ethnologie. Il dispensa des cours de littérature française et de grammaire dans plusieurs établissements scolaires de Port-au-Prince. Il anima des séminaires portés sur le respect des droit de l’Homme, il prononça des discours en faveur de la femme haïtienne, il anima des conférences axées sur le rôle de l’international dans les affaires politiques et économiques haïtiennes, il combattit et dénonça la corruption dans les administrations publiques, etc. Il devint un intellectuel très demandé, car, son éloquence et sa verve oratoire furent inégalables à l’époque.
Pendant son séjour à Port-au-Prince, il rencontra avec Dr François Duvalier qui l’accueillit de bonne part pour son dévouement et son implication dans les activités publiques. Qui l’aurait crû ? Malgré les énormes reproches adressées au ‘’Papa Doc’’ pour son comportement dictatorial envers la jeunesse d’Haïti, remarques faites par bien des historiens de l’époque, pourtant ; l’amour de ce président pour Ti Loulou fut incontestable.

Le président François Duvalier avait reçu une invitation de l’UNESCO faisant appel aux intellectuels d’Haïti pour se rendre en Africain afin de porter la main forte au système éducatif de ce continent se trouvant à l’époque dans une situation très critique. Ce fut ainsi que beaucoup de problèmes y furent enregistrés, précisément après la deuxième guerre mondiale où les Belges habitant certaines zones, dont : Kinshasa, Congo belge ; décidèrent d’abandonner l’Afrique. Au nombre des intellectuels haïtiens retenus, le nom de Louis J. Noisin fut classé pour se rendre à Kinshasa puis au Congo belge pour participer au redressement du système éducatif africain. Il fut bien accueilli par le président Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga de Zaïre qui le nomma le préfet de l’éducation d’alors.
Il fit bien son travail et fut apprécié de tous jusqu’à ce que bon nombre d’enfants Africains nés à l’époque auraient pu être portés le nom de NOISIN comme patronyme. Il eut la chance de fréquenter quelques centres culturels et intellectuels du Congo, partagea avec les congolais sa connaissance en Ethnologie et Anthropologie africaine. Il ne s’arrêta pas en se donnant à la recherche de la valeur culturelle de l’Afrique jusqu’à ce qu’il ait eu détenu la maîtrise de la littérature congolaise.

Après les bonnes formations fournies aux congolais, Louis J. Noisin retourna à Haïti pour être le Secrétaire de l’Ambassade haïtienne à la République dominicaine. Ce fut là qu’il donna naissance à son quatrième fils, Edouard L. Noisin, né de sa femme mariée, Mme Denise Poitevien Noisin, une gonaïvienne. De cette dame bien connue pour sa prouesse artistique et son style de robe, Louis J. Noisin eut déjà trois autres enfants, dont : Philippe Noisin, Carole Noisin et Chantal Noisin.

Louis J. Noisin eut l’heureux privilège entre temps d’effectuer de grands voyages en Europe, particulièrement, en France où il eut l’intérêt de maîtriser la ‘’littérature française’’ qu’il sut déjà dispenser dans certains établissements scolaires de son pays natal. Il traversa en Asie pour le Japon et résida quelques années plus tard Aux États-Unis d’Amérique avec les membres de sa famille ; tantôt à Virginia, Georgia, tantôt à Atlanta. Delà, il entreprit une Maîtrise (Master) et un Doctorat en Anthropologie culturelle à ‘’Hampton University’’. Une fois soutenue sa thèse doctorale, il remplit la fonction de simple professeur à ladite université et quelques mois plus tard, il fut accepté comme le premier noir au rang des autres responsables de ‘’Hampton’’, avec un titre célèbre ; ‘’Professeur de tous les temps’’. Cela lui permit d’être rémunéré jusqu’à la fin de sa vie.

Par son Doctorat en Anthropologie culturelle, désormais on l’appela : Dr Louis J. Noisin. Il décida de laisser les États-Unis, les membres de sa famille pour rentrer à Haïti à un moment d’instabilité politique et de crise économique. Comme rêveur de tous les temps, d’ailleurs on le connait dans le monde intellectuel haïtien sous le titre de ‘’ l’homme du Nord ’’ ou ‘’ le dernier des Christophe ‘’ pour sa discipline et son application aux devoirs qu’il devint accomplir avec rigueur et ténacité. Il rencontra Jean-Claude Duvalier le fils de son bon ami défunt, Dr François Duvalier. Il ne perdit pas le temps pour solliciter de son Excellence le bâtiment où se logea l’ancien Union Club (UC) du Cap-Haïtien des rues 17 et 18 H-I, club qui sut accueillir les dames les plus élégantes de l’époque vêtues de belles robes brodées à fleurs et les garçons les plus pointus et précieux dans leurs langages de galanterie, sans oublier leurs bonnes convenances. Ce fut un club de haut lieu culturel et intellectuel. Chaque après midi, les hommes et les femmes spéciaux y vinrent s’amuser au rythme des mélodies de l’Orchestre Septentrional et bien d’autres groupes musicaux de l’époque.

La demande du Dr Noisin à son Excellence, le président Jean-Claude Duvalier, fut agrée et vint à l’idée de créer la première université privée des provinces d’Haïti, connue d’abord sous le nom de l’Institut Universitaire Roi Henri Christophe, puisqu’à l’époque seul l’État haïtien pouvait utiliser le concept ‘’Université’’. Le président agréa la demande importante du Dr Noisin pour le pays en matière de formation supérieure et dans l’objectif de déconcentrer la métropole de l’Ouest qui reçut en son sein trop d’étudiants des autres départements du pays.

Pour éteindre le feu de la crise politique Haïtienne de 1986 après le départ de Jean-Claude Duvalier, on remettait en question toutes les instituions politiques du pays, on élaborait la Constitution du 29 mars 1987 et se préparait pour l’organisation des élections de janvier 1988. Ces élections emmenaient le professeur Leslie François Manigat à la tête de l’État haïtien avec un taux de participation estimé à moins de 10%. Dans le nord du pays, Dr Louis J. Noisin fut élu Sénateur de la République avec 67% de voix. Arrivé au parlement haïtien, l’honorable Sénateur Dr Louis J. Noisin, fut élu président du sénat de la 44ème législature le 17 janvier 1988.

De ce poste honorifique qu’il gardait respectueusement, le Sénateur Dr Louis J. Noisin a eu la vertu de mener à bon port l’Assemblée Nationale à une époque politique extrêmement fragile et délicate. Comme pour toujours à Haïti, les grands hommes ne sont pas bien vus et rejetés par tous les moyens possibles, c’est ainsi que, quatre mois seulement passés au pouvoir, le Président Leslie François Manigat et tout le gouvernement d’alors furent renversés par les soldats des Forces Armées d’Haïti. Dr Louis J. Noisin, Sénateur du département du Nord fut exilé pour les États-Unis en laissant Haïti, ses ambitions, ses rêves les plus chers, ceux de doter du pays, notamment le département du Nord, d’un centre universitaire qui n’avait rien à envier de celles du continent occidental et oriental. Il partait, larmes aux yeux pour une autre vie dans une zone qui n’est pas la sienne : ‘’ La vie est un danger, un élan, un opium, un volcan, un désespoir espéré dans les os de la fragilité. C’est coup pour coup, coude à coude, l’esprit vespéral aux entrailles de la terre. Qui ne comprend sa vie ? Qui vivait, voyait, entendait, comprenait, torturait, manipulait, regrettait. Le chemin de la vie est étroit, saupoudré d’émaux ferriques où luit l’enchantement des faix qui se succèdent aux monts de la peine et de la gloire’’, disait-il toujours.

C’était triste d’assister au vandalisme de ses biens matériels et intellectuels. C’était triste de voir s’échapper le Dr Louis J. Noisin, déguisé en tenu de femme afin d’avoir la vie sauve sous la colère des bandits acharnés qui pillaient ses ressources économiques sous les yeux d’argus des membres des Forces Armées d’Haïti. L’Université Roi Henri Christophe des rues 17 et 18 H-I fut saccagée par certains membres de la population capoise hostiles au progrès, mais traditionnels anti-changements et anti-réflexions libératrices pour le pays tout entier.

La maison du Dr Noisin sise à la rue 18 F du Cap-Haïtien fut incendiée. On pouvait assister avec tant d’amertumes le feu qui dévorait la pensée créatrice d’un Homme haïtien. On pouvait observer regrettablement des hommes et des femmes biens connus de la cité christophienne qui participaient au ‘’ déchouquage ‘’ des biens du Dr Louis J. Noisin, qui traversaient les rues du Cap-Haïtien avec certains biens meubles de la victime de la politique haïtienne. Il racontait avec beaucoup d’afflictions ce moment ardu : ‘’En plein jour l’esprit politique sauvage de mon pays voulait m’arracher le patriotisme, un sang mille fois par seconde qui coule en moi. On m’a exilé sous les yeux d’argus de mes proches qui ne purent rien faire si non que, me laisser trahir avec quelques bousculades à l’esprit de mes persécuteurs d’alors. On m’a abattu au pouvoir sénatorial que le peuple de mon département m’avait confié grâce à mon savoir faire et le volume de mes pensées à servir le pays tout entier, comme c’était toujours mon rêve. Pourtant, aucune force humaine ne peut me faire désespérer sous tension colérique du sens d’aimer et de servir la patrie dans le cœur et dans l’esprit’’. Cependant, Dr. Noisin croyait dur comme fer que les ennemis pour lui n’existent pas : ‘’Je n’ai jamais eu d’ennemis, mais pour les adversaires, j’en ai pleins. Pour ces derniers, je ne m’en occupe même pas’’.

Dr. Louis J. Noisin racontait souvent ceci : ‘’ Je n’ai jamais eu d’ennemis. Si des hommes pensent qu’ils me le sont, telle n’a jamais été mon impression. Pourtant, à l’usage d’une bonne vérité, je pouvais les considérer comme des adversaires m’envoyant au plus haut degré de mon idéologie’’.
Exilé aux États-Unis, Dr. Noisin, rejoignait les membres de sa famille et quelques amis de la diaspora haïtienne. Il en profitait pour parfaire ses études, multipliait ses contacts, regroupait autour de lui des gens qui partageaient la même vision que lui. Il donnait des conférences autour de l’intégration de la diaspora dans les affaires civiles et politiques haïtiennes.

Dr Noisin s’occupait de ses activités intellectuelles jusqu’aux États-Unis. Philippe Noisin et Carole Noisin furent morts et Dr. Noisin pleuraient amèrement leurs départs. Le Sénateur Noisin passait plus de 17 ans aux États-Unis à mener des luttes contre la barbarie de la politique haïtienne qu’il accusait comme un carrefour dangereux où règnent la mort et la désolation.

Au moment où le Président Jean-Bertrand Aristide retournait au pouvoir à Haïti, Dr. Noisin lançait un ban pour la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale et le retour immédiat de tous les hommes politiques haïtiens exilés pour leurs prises de position et leurs idéologies. Il en profitait pour présenter plusieurs conférences et décidait conjointement sa femme pour rentrer à Haïti. Il laissait aux États-Unis, Chantal Noisin et Edouard Louis Noisin pour reprendre ses activités intellectuelles et politiques à Haïti.
Retourné à la tête de l’Université Roi Henri Christophe dont il était le Président fondateur, il trouvait piétiner la valeur éducative de ce grand centre universitaire qu’il a eu l’orgueil de créer dans le Nord d’Haïti contre la centralisation des choses de l’esprit du pays. Il y menait une vie paisible avec l’ensemble de ses collaborateurs, dont : Dr. Luc L. Colas, son collaborateur de vieille date, Ing. Gédéon Joseph, son cousin, ancien directeur de MTPTC/ branche Nord. Dr Louis J. Noisin continuait à lutter pour le respect des droits de l’homme, défendait le droit des enfants par un ensemble de discours prononcés dans toutes les circonstances de la vie courante.
Dr. Noisin animait plusieurs émissions à caractère socio-éducatif et politico-culturel sur les ondes de plusieurs stations de radio de la cité, dont : La Voix du nord, Radio Cap-Haïtien, Radio Citadelle etc. Il menait un combat radiophonique pour la nouvelle visibilité de l’Université Roi Henri Christophe par une série d’émissions prisées et relayées entre plusieurs stations de la ville du Cap-Haïtien. Ces séries d’émission portées sur les antennes des stations de radio de la place se caractérisaient autour du thème ; ‘’ LA VOIX DE L’UNIVERSITÉ ROI HENRI CHRISTOPHE’’.

Dr Louis J. Noisin participait à de grands colloques nationaux et le dernier en date est celui porté sur ‘’le plan stratégique de sauvetage national’’ organisé en 2009 à Santiago de la République Dominicaine avec de brillants panélistes, tels : Turneb Delpé, Sénateur Rudolph Henri Boulos, Guichard Doré, Jean H. Charles, Marc Louis Bazin, Lucie Marie-carmel, Robert Benodin, pour ne citer que ceux-là. À la même époque, il fut nommé Consultant au bureau du 1er Ministre de transition, son Excellence, Gérard Latortue.

A la fin de 2009, Dr Noisin a ouvert une compagne de sensibilisation en faveur de la culture haïtienne en réalisant de nouvelles séries d’émission radio-télédiffusée à la compagnie de son bien aimé, Me Delcarme Bolivard. Tantôt à la Radio Télé Vénus, tantôt à la Radio Télé Paradis. Et sa dernière série d’émission se réalisait sur les ondes de la Radio Télé Africa, toujours en la compagnie de Me Delcarme. Outre son talent de présentateur d’émissions, Dr. Noisin fut l’un des acteurs de cinéma du long métrage ‘’ Rescapé d’la vengeance’’ projeté au complexe Versailles du Cap-Haïtien en mai 2009.

En août 2010, il fut accueilli à ‘’Ramada Plaza Hotel’’ à Collins Avenue Miami Beach Florida par les responsables de ‘’Babas Production’’ pour participer à l’évènement annuel : ‘’Le Grand Nord en Soirée’’. Ce fut l’occasion pour lui de s’extérioriser artistiquement et intellectuellement sous les yeux brillants de la jeune haïtienne à Miami.

Dr Louis J. Noisin, au cours de son dernier temps, ne connaissait pas une stabilité sanitaire. Il devait sans relâche consulter son médecin, soit aux États-Unis où il a subi une intervention chirurgicale au niveau de la tête, soit à Haïti pour des soins médicaux importants. Il pratiquait une posologie de médicaments très élevée soit 36 pilules par jour à raison de 12 au matin, 12 à midi et 12 au soir. Devenu diabétique, il subissait un régime alimentaire contrôlé, cela ne pouvait empêcher que ses pieds soient infectés.

Le Sénateur Dr Noisin passait plus de 8 mois aux États-Unis pour continuer à suivre son traitement médical. Par ailleurs, son esprit, son amour et sa vision n’étaient qu’à Haïti. Il rêvait constamment d’être de retour dans son pays natal pour se mettre au service de la jeunesse, laquelle jeunesse lui inspirait la gloire de vivre en s’accrochant à l’ensemble ses prédications. Il baptisait un nouveau programme de développement intellectuel pour l’Université Roi Henri Christophe du Cap-Haïtien et croyait qu’avec lequel Haïti renaîtra de ses cendres comme le phénix.

A la fin de 2011, Dr. Louis J. Noisin à Haïti avec ses deux enfants : Chantal Noisin, Edouard L. Noisin. Il reprenait le contrôle de l’Université Roi Henri Christophe qui était, pendant son séjour à Virginia, dirigée par un staff composé en majeur partie des anciens étudiants de ladite université. Il donnait une nouvelle façade à son centre universitaire, regroupait autour de lui des jeunes pour leur donner un encadrement intellectuel, professionnel et patriotique. Il reprenait les antennes des stations de radio et des chaines de télévision de la place avec les anciennes séries d’émission ‘’La voix de l’Université Roi Henri Christophe’’ toujours avec son coéquipiers, Me Delcarme Bolivard.

Dr Louis J. Noisin, en 2012, menait une lutte dialectique sans précédente contre l’État haïtien et celui de la République dominicaine pour l’identification nominale de son université des rues 17 et 18 H-I du Cap-Haïtien. Cette lutte était menée pour empêcher au don universitaire de la République dominicaine à Haïti après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, de porter le nom du Bâtisseur, le roi Henri Ier. Ce don qui consistait à implanter un campus universitaire moderne du côté de Limonade, dans le Nord du pays, faisait de grands débats dans le monde intellectuel haïtien, pourtant, Dr. Louis J. Noisin croyait au cours de ses diverses interventions, que des débats oui, des combats non. ‘’La guerre des trois n’aura pas lieu’’ avançait-il. Il parvenait à avoir gain de cause pour l’histoire et pour la vérité.
Au début de 2013, Dr Louis Noisin montait à Port-au-Prince notamment au parlement haïtien dans le but de rencontrer le Président de l’Assemblée Nationale d’alors, l’honorable Sénateur Dieuseul Simon Desras pour une aide informationnelle. Comme ancien Président de la 44ème législature haïtienne, le Dr Louis J. Noisin souhaitait avoir sa pension légale pour avoir travaillé plus de 30 ans dans l’administration publique haïtienne ; voilà l’objectif premier de sa rencontre avec le Sénateur Desras. Ce dernier prenait à cœur la visite officielle du Dr. Noisin et lui donnait toutes les informations nécessaires devant lui permettre de mener à bien sa demande. En effet, rien n’est fait sur la demande de pension sollicitée par Dr. Louis J. Noisin, si non qu’une simple lettre d’accuser de réception de la présidence (sous le régime Tèt kale) adressée à lui sans espoir.

Déçu que sa demande n’ait été agrée, Dr Louis J. Noisin retournait à Cap-Haïtien pour continuer son travail de Président fondateur de la première université privée des provinces d’Haïti, Université Roi Henri Christophe (URHC), membre fondatrice de l’Union des Universités Privées d’Haïti (UUPH). Il profitait de l’occasion pour penser à mettre sur pied une station de radio à l’Université Roi Henri Christophe qui serait, d’après lui, la première station universitaire d’Haïti. Malheureusement, cet ambitieux rêve était rejeté d’un revers de main par son fils Edouard Louis Noisin qui croyait, d’une part que ce serait un gaspillage d’argent, et d’autre part, que l’Université Roi Henri Christophe n’était pas encore prête à accueillir un tel événement. Cela incarnait en Dr Louis J. Noisin quelques brins de chagrins qui le fatiguaient et lui faisaient verser des larmes de manière clandestine.
Au cours de cette même époque, Dr Louis J. Noisin, comme le grand rêveur par excellence, d’ailleurs disait-il Toujours : ‘’Il faut penser plus haut que les étoiles, et s’il faut tomber, tombez au rang des étoiles’’, envisageait une section vespérale à l’Université Roi Henri Christophe pour ceux-là qui laissaient le chemin universitaire pour quelle que soit la cause, d’y revenir pour être utiles à eux-mêmes, à leurs familles et au reste du monde. Vue la nécessité d’avoir un plus grand nombre possible de cadres bien formés pour prendre les rênes du pays ; l’Université Roi Henri Christophe se faisait le devoir intellectuel et comme bonne source du savoir d’ouvrir ses portes pour accueillir toutes celles et tous ceux voulant continuer leurs carrières universitaires. Ainsi, ‘’Night University’’ serait une véritable occasion offerte par l’Université Roi Henri Christophe sous la recommandation directe du Dr Louis J. Noisin aux élites intellectuelles du pays notamment, celles du Cap-Haïtien de boucler en beauté et sur les chapeaux de roues leurs études universitaires. Un tel projet a été mal reçu par le président exécutif de l’URHC d’alors.

À la fin de 2013, Dr. Louis J. Noisin entreprenait la construction de sa maison privée à Camp-Louise où il voulait créer le ‘’Village ma Dede’’ en l’honneur de sa bien aimée, Mme Denise P. Noisin, morte en 2007 à Haïti. Cette construction se réalisait au ralenti, puisqu’il était extrêmement difficile de décaisser l’argent à l’URHC, soit pour acheter des matériaux, soit pour payer les ingénieurs et ses alliés. Cette gestion irrationnelle du président exécutif de l’époque, Edouard L. Noisin, plongeait Dr Louis J. Noisin dans une désolation extrême, ce qui lui permettait de passer plus d’un mois à ne fréquenter l’enceinte de son Université qu’il créait après tant de luttes avec les autorités politiques et civiles d’Haïti.

Dr Noisin tombait malade. Accompagné de sa fille Chantal Noisin, il rentrait aux États-Unis pour subir une intervention chirurgicale. Quelques mois plus tard, il retournait à Haïti pour peut-être une dernière fois de sa vie. Il rencontrait beaucoup de difficultés dans sa résidence privée au Haut du Cap, particulièrement avec son fils Edouard qui le traitait comme un ennemi. Des actes incongrus lui étaient adressés par cet enfant effronté. Ce dernier ne le saluait pas pendant un bon laps de temps à la maison. Il le bousculait quelquefois, l’apprenait-on des autres membres de la maison qui n’y pouvaient rien faire sous le tempérament colérique de cet homme.

Voici un extrait lamentable laissé par Dr Louis J. Noisin méritoire d’être connu de tous : ‘’ J’arrive au moment où les rideaux de ma scène vitale doivent être fermés sur un ton silencieux et de mérite. Je partais en guerre, j’en sortais saint et sauf, enfin, je remportais la victoire. Je relève l’étendard de la jeunesse, les plus faibles qui sont mis de côté. En lambeau, ma protection se glisse dans embrasure de la porte de la conviction de servir mon pays avec tout ce qu’il renferme.
Sous les ails du temps, je m’envole vers mes semblables qui m’attendent souriant pour la récompense de mes entraves, de mes entrailles, de mes entreprises d’ici-bas. Je me perds, je m’enfouis dans l’espace. Que la protection de mes désirs, de mes actions, de mes activités, se retirent de moi et planent sur les hommes conséquents à mener au bon port la barque fragile de mon Haïti chéri (sans e muet. Il s’agit là du pays- Haïti)’’.

A partir de 2014, l’état de santé du Dr Louis J. Noisin devenait très critique. Il était hospitalisé à plusieurs reprises à l’Hôpital Universitaire Justinien du Cap-Haïtien. Descendu de l’hôpital, il reprenait timidement ses activités de construire sa maison privée à Camp-Louise au ‘’Village ma Dede’’ dédié à l’honneur de sa femme défunte. Il menait une vie de tristesse pour avoir perdu son autorité à l’Université Roi Henri Christophe. Il semblait être mort pendant qu’il vivait. Pourtant, il gardait parfois son stoïcisme en déclarant : ‘’Je suis là, l-à, mais non pas l-as’’. On retenait toujours sa phrase héroïque : ‘’Tout va bien Mme de la Marquise, le château n’a pas brûle. Je suis en pimpant’’.

À la fin de l’année 2014, sous la timide demande du Dr Louis J. Noisin, il était convenu de rendre un hommage en sa faveur à l’occasion de son anniversaire en Août 2015. D’habitude, les collations de diplôme de fin d’études à l’Université Roi Henri Christophe (URHC) se réalisaient à n’importe quelle date, et cette fois-ci, il était arrêté de le faire le 16 août 2015, jour de l’anniversaire de naissance du Président fondateur de la 1ère Université des provinces d’Haïti. Tout était mis en place pour ce jour glorieux, celui au cours duquel on célébra le 89ème printemps du Dr. Louis J. Noisin.

L’an 2015 pointait, alors que les responsables de l’URHC se préparaient pour offrir une journée de fête sans égale au Dr Noisin. Ce dernier, qui était déjà emporté par la mauvaise gestion de l’Université Roi Henri Christophe, par l’ensemble des révocations illégales, abusives et arbitraires des employés conséquents de l’URHC, exécutées sommairement par son fils Edouard L. Noisin.

En se préparant pour la fête, c’est ainsi qu’aggrave la situation. Dr Louis J. Noisin à la maison se portait très mal. De janvier 2015 à juin 2015, la situation se détériorait où il sentait la mort de lui s’approcher. Au début du mois de Juillet de la même année, il connaissait une instabilité sanitaire sans précédente. Il allait à l’Hôpital de temps à autre. À la fin du mois de juillet 2015, il ne voulait plus boire et plus manger en observant une grève de faim en présence de quelques membres de sa famille à la maison qui ne lui disaient rien des conséquences de cette prise de position. Hospitalisé pour une dernière fois à l’Hôpital Sacré-Cœur de Milot dans le Nord d’Haïti, il a rendu l’âme le mercredi 05 août 2015 à l’âge de 89 ans.

Cette perte doit provoquer une indignation contre la vie en se demandant : ‘’Pourquoi vivre ? Pourquoi mourir ? Dr Louis J. Noisin a tout fait pour doter la région du Nord, particulièrement le Cap-Haïtien, d’une citadelle de la connaissance, l’Université Roi Henri Christophe des rues 17 et 18 H-I. son départ mortel est une aventure indésirable pour toute l’humanité.
Premier secrétaire de l’ambassade haïtienne au Mexique en février 1957, professeur d’Anthropologie culturelle à l’Université Williamsburg, à l’Université Johns Hopking de Baltimore et au College of William and Mary, Virginia, Président du Rotary Club du Cap-Haïtien en Juillet 1985, secrétaire de l’ambassade haïtienne à la République Dominicaine, consultant national lors de l’élaboration de la Constitution de 1987 ; enfin, Dr Louis J. Noisin se faisait un nom dans l’échiquier de l’intelligentsia nationale et internationale.

À l’Hôpital Sacré-Cœur de Milot, Dr Louis J. Noisin est décédé vers les sept heures 30 du matin. C’était triste de voir que le spectre de ce géant homme enveloppé dans un linceul et ait été enlevé jusqu’aux environs d’une heure de l’après midi. Cela fait montre que les derniers moments du Dr. Noisin n’étaient ni glorieux ni faciles. On peut croire jusqu’après toutes preuves contraires que pour certains, la mort du Dr Louis J. Noisin est insignifiante et cet intellectuel pointu et rodé n’était grand que dans son vivant.

Dr Louis J. Noisin est mort et enterré avec ses ambitions. Que les générations montantes prennent de bonnes notes de ce qu’il avait réalisé, de ce qu’il avait tenté de réaliser et de ce qu’il avait entrepris pour sauver l’Honneur des Hommes de son pays et de toute l’humanité.

Que vous soyez bien accueilli, Dr. Louis J. Noisin par le Dieu tout puissant qui vous récompensera pour vos bonnes entreprises ici-bas.

Et nous répétons votre serment d’allégeance que vous avez appris au Lycée National Philippe Guerrier sous les lèvres de votre mentor, le professeur Louis Mercier : ‘’Je crois aux génies bienfaisants de ma race, aux destinées immortelles et glorieuses de ma patrie, que je servirai avec dévouement et désintéressements jusqu’au sacrifice’’. Ad majorem Dei gloriam.

“L’aube est moins claire”
''L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.
Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu’un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d’ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !
Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous'' ?
(Victor Hugo)

Delcarme BOLIVARD, Av. MA
05 août 2017
Cap-Haïtien, Haïti
www.ulh.edu.ht
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