samedi 5 août 2017

Dr. Louis J. Noisin, décédé le 05 août 2015: Entre les rêves et les réalisations.

encrejournal
Je n’ai jamais compris l’existence redoutable de la mort. Cette dernière fait peur et dérange l’esprit, à un point tel, qu’on peut même arriver à ne pas se connaitre comme Homme. J’imagine que ce monde de tristesse qu’est la mort, incarne une méfiance à la vie et fait naître un chagrin insupportable à l’égard de l’être cher perdu dans l’au-delà de l’oubli. C’est ainsi que le spectre grimaçant que dessine la désolation, déroute l’espoir qui pourrait être nourri depuis un laps de temps…

La mort fait sa course, la mort fait sa route. L’homme s’y courbe, l’homme s’y perd. La mort entraîne des dégoûts.

Très tôt dans la matinée du 16 août 1926, à la fraîcheur du temps qui fit danser les plantes et les arbres, provoqua une vive douceur dans la nature où volèrent les oiseaux au vent, naquit dans le Nord héroïque d’Haïti, un enfant, un esprit humain grandissant d’une des familles bourgeoises et catholiques du territoire national. Les parents cultivés de cet enfant mis au monde ne tardèrent de le baptiser en la Cathédrale du Cap-Haïtien en l’appelant Louis Julien Noisin et pour les intimes, ‘’Ti Loulou’’.

Le pays, à l’époque fut troublé par des crises sociopolitiques. Son économie désorientée surtout par l’occupation américaine débutée en juillet 1915. Cela ne pouvait empêcher aux parents de Ti Loulou de l’envoyer à l’école à l’une des prestigieuses institutions classiques de la République d’Haïti, FIC du Cap-Haïtien et y fit son cycle primaire avec tant d’éclat.

Vers l’année 1940, Louis J. Noisin Monta à Port-au-Prince avec sa mère Tata ainsi connu, dans le but de fréquenter l’Institut Saint-Louis de Gonzague, puis le Lycée Toussaint Louverture pour son cycle secondaire. Collègue de classe de l’ex-président d’Haïti, le feu Leslie François S. R. Manigat à FIC de Port-au-Prince. Rentra à Cap-Haïtien, Louis poursuit ses études secondaires brillamment au Lycée National Philippe Guerrier où il fut ébloui et charmé sous les lèvres de son mentor, le professeur Louis Mercier qui lui apprit à aimer la patrie haïtienne, à travailler à sa prospérité et à aider les plus faibles sans s’agenouiller en face des plus riches. Ces leçons apprises de son maître à penser, allèrent incarner en lui un esprit d’humanisme et un caractère d’homme honnête qui firent de lui pendant toute son existence le travailleur du progrès, du développement, de la promotion du respect de l’être haïtien et de la défense de la valeur culturelle haïtienne.
Après ses études classiques au Lycée National Philippe Guerrier du Cap-Haïtien, il rencontra le Docteur Luc L. Colas et le Notaire Coradin qui l’intéressèrent à fréquenter l’École de Droit du Cap-Haïtien (ainsi appelée à l’époque) pour les études en Science Juridique qu’il maîtrisa avec science et conscience au bonheur du système judiciaire haïtien. Il acheva cette étude en 1950, du coup s’inscrivit au tableau de l’Ordre des Avocat du Barreau de Cap-Haïtien parmi les grands yeux et esprits juridiques, tels que : Me Salnave Emmanuel, Me Nathan Manigat, Avocats militants pour ne citer que ceux-là. Il eut de grandes causes et mena pendant toute sa carrière d’Avocat, un combat pour l’insertion et l’encadrement de la jeunesse qu’il considéra d’ailleurs comme la force motrice et le bel âge de la nation. Il milita en faveur de la classe moyenne, une structure sociale délaissée, vouée à elle-même. Il lutta contre la médiocrité dans le système éducatif supérieur haïtien et commença à s’inventer des titres dans le milieu national.

Ti Loulou quitta le Cap pour retourner dans la capitale d’Haïti dans le souci de se former beaucoup plus après ses quelques années passées au Barreau de l’Ordre des Avocat du Cap-Haïtien en y décrochant le titre de ‘’CHEVALIER’’. Il fréquenta la faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti et y obtint le grade de Licencié en Ethnologie. Il dispensa des cours de littérature française et de grammaire dans plusieurs établissements scolaires de Port-au-Prince. Il anima des séminaires portés sur le respect des droit de l’Homme, il prononça des discours en faveur de la femme haïtienne, il anima des conférences axées sur le rôle de l’international dans les affaires politiques et économiques haïtiennes, il combattit et dénonça la corruption dans les administrations publiques, etc. Il devint un intellectuel très demandé, car, son éloquence et sa verve oratoire furent inégalables à l’époque.
Pendant son séjour à Port-au-Prince, il rencontra avec Dr François Duvalier qui l’accueillit de bonne part pour son dévouement et son implication dans les activités publiques. Qui l’aurait crû ? Malgré les énormes reproches adressées au ‘’Papa Doc’’ pour son comportement dictatorial envers la jeunesse d’Haïti, remarques faites par bien des historiens de l’époque, pourtant ; l’amour de ce président pour Ti Loulou fut incontestable.

Le président François Duvalier avait reçu une invitation de l’UNESCO faisant appel aux intellectuels d’Haïti pour se rendre en Africain afin de porter la main forte au système éducatif de ce continent se trouvant à l’époque dans une situation très critique. Ce fut ainsi que beaucoup de problèmes y furent enregistrés, précisément après la deuxième guerre mondiale où les Belges habitant certaines zones, dont : Kinshasa, Congo belge ; décidèrent d’abandonner l’Afrique. Au nombre des intellectuels haïtiens retenus, le nom de Louis J. Noisin fut classé pour se rendre à Kinshasa puis au Congo belge pour participer au redressement du système éducatif africain. Il fut bien accueilli par le président Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga de Zaïre qui le nomma le préfet de l’éducation d’alors.
Il fit bien son travail et fut apprécié de tous jusqu’à ce que bon nombre d’enfants Africains nés à l’époque auraient pu être portés le nom de NOISIN comme patronyme. Il eut la chance de fréquenter quelques centres culturels et intellectuels du Congo, partagea avec les congolais sa connaissance en Ethnologie et Anthropologie africaine. Il ne s’arrêta pas en se donnant à la recherche de la valeur culturelle de l’Afrique jusqu’à ce qu’il ait eu détenu la maîtrise de la littérature congolaise.

Après les bonnes formations fournies aux congolais, Louis J. Noisin retourna à Haïti pour être le Secrétaire de l’Ambassade haïtienne à la République dominicaine. Ce fut là qu’il donna naissance à son quatrième fils, Edouard L. Noisin, né de sa femme mariée, Mme Denise Poitevien Noisin, une gonaïvienne. De cette dame bien connue pour sa prouesse artistique et son style de robe, Louis J. Noisin eut déjà trois autres enfants, dont : Philippe Noisin, Carole Noisin et Chantal Noisin.

Louis J. Noisin eut l’heureux privilège entre temps d’effectuer de grands voyages en Europe, particulièrement, en France où il eut l’intérêt de maîtriser la ‘’littérature française’’ qu’il sut déjà dispenser dans certains établissements scolaires de son pays natal. Il traversa en Asie pour le Japon et résida quelques années plus tard Aux États-Unis d’Amérique avec les membres de sa famille ; tantôt à Virginia, Georgia, tantôt à Atlanta. Delà, il entreprit une Maîtrise (Master) et un Doctorat en Anthropologie culturelle à ‘’Hampton University’’. Une fois soutenue sa thèse doctorale, il remplit la fonction de simple professeur à ladite université et quelques mois plus tard, il fut accepté comme le premier noir au rang des autres responsables de ‘’Hampton’’, avec un titre célèbre ; ‘’Professeur de tous les temps’’. Cela lui permit d’être rémunéré jusqu’à la fin de sa vie.

Par son Doctorat en Anthropologie culturelle, désormais on l’appela : Dr Louis J. Noisin. Il décida de laisser les États-Unis, les membres de sa famille pour rentrer à Haïti à un moment d’instabilité politique et de crise économique. Comme rêveur de tous les temps, d’ailleurs on le connait dans le monde intellectuel haïtien sous le titre de ‘’ l’homme du Nord ’’ ou ‘’ le dernier des Christophe ‘’ pour sa discipline et son application aux devoirs qu’il devint accomplir avec rigueur et ténacité. Il rencontra Jean-Claude Duvalier le fils de son bon ami défunt, Dr François Duvalier. Il ne perdit pas le temps pour solliciter de son Excellence le bâtiment où se logea l’ancien Union Club (UC) du Cap-Haïtien des rues 17 et 18 H-I, club qui sut accueillir les dames les plus élégantes de l’époque vêtues de belles robes brodées à fleurs et les garçons les plus pointus et précieux dans leurs langages de galanterie, sans oublier leurs bonnes convenances. Ce fut un club de haut lieu culturel et intellectuel. Chaque après midi, les hommes et les femmes spéciaux y vinrent s’amuser au rythme des mélodies de l’Orchestre Septentrional et bien d’autres groupes musicaux de l’époque.

La demande du Dr Noisin à son Excellence, le président Jean-Claude Duvalier, fut agrée et vint à l’idée de créer la première université privée des provinces d’Haïti, connue d’abord sous le nom de l’Institut Universitaire Roi Henri Christophe, puisqu’à l’époque seul l’État haïtien pouvait utiliser le concept ‘’Université’’. Le président agréa la demande importante du Dr Noisin pour le pays en matière de formation supérieure et dans l’objectif de déconcentrer la métropole de l’Ouest qui reçut en son sein trop d’étudiants des autres départements du pays.

Pour éteindre le feu de la crise politique Haïtienne de 1986 après le départ de Jean-Claude Duvalier, on remettait en question toutes les instituions politiques du pays, on élaborait la Constitution du 29 mars 1987 et se préparait pour l’organisation des élections de janvier 1988. Ces élections emmenaient le professeur Leslie François Manigat à la tête de l’État haïtien avec un taux de participation estimé à moins de 10%. Dans le nord du pays, Dr Louis J. Noisin fut élu Sénateur de la République avec 67% de voix. Arrivé au parlement haïtien, l’honorable Sénateur Dr Louis J. Noisin, fut élu président du sénat de la 44ème législature le 17 janvier 1988.

De ce poste honorifique qu’il gardait respectueusement, le Sénateur Dr Louis J. Noisin a eu la vertu de mener à bon port l’Assemblée Nationale à une époque politique extrêmement fragile et délicate. Comme pour toujours à Haïti, les grands hommes ne sont pas bien vus et rejetés par tous les moyens possibles, c’est ainsi que, quatre mois seulement passés au pouvoir, le Président Leslie François Manigat et tout le gouvernement d’alors furent renversés par les soldats des Forces Armées d’Haïti. Dr Louis J. Noisin, Sénateur du département du Nord fut exilé pour les États-Unis en laissant Haïti, ses ambitions, ses rêves les plus chers, ceux de doter du pays, notamment le département du Nord, d’un centre universitaire qui n’avait rien à envier de celles du continent occidental et oriental. Il partait, larmes aux yeux pour une autre vie dans une zone qui n’est pas la sienne : ‘’ La vie est un danger, un élan, un opium, un volcan, un désespoir espéré dans les os de la fragilité. C’est coup pour coup, coude à coude, l’esprit vespéral aux entrailles de la terre. Qui ne comprend sa vie ? Qui vivait, voyait, entendait, comprenait, torturait, manipulait, regrettait. Le chemin de la vie est étroit, saupoudré d’émaux ferriques où luit l’enchantement des faix qui se succèdent aux monts de la peine et de la gloire’’, disait-il toujours.

C’était triste d’assister au vandalisme de ses biens matériels et intellectuels. C’était triste de voir s’échapper le Dr Louis J. Noisin, déguisé en tenu de femme afin d’avoir la vie sauve sous la colère des bandits acharnés qui pillaient ses ressources économiques sous les yeux d’argus des membres des Forces Armées d’Haïti. L’Université Roi Henri Christophe des rues 17 et 18 H-I fut saccagée par certains membres de la population capoise hostiles au progrès, mais traditionnels anti-changements et anti-réflexions libératrices pour le pays tout entier.

La maison du Dr Noisin sise à la rue 18 F du Cap-Haïtien fut incendiée. On pouvait assister avec tant d’amertumes le feu qui dévorait la pensée créatrice d’un Homme haïtien. On pouvait observer regrettablement des hommes et des femmes biens connus de la cité christophienne qui participaient au ‘’ déchouquage ‘’ des biens du Dr Louis J. Noisin, qui traversaient les rues du Cap-Haïtien avec certains biens meubles de la victime de la politique haïtienne. Il racontait avec beaucoup d’afflictions ce moment ardu : ‘’En plein jour l’esprit politique sauvage de mon pays voulait m’arracher le patriotisme, un sang mille fois par seconde qui coule en moi. On m’a exilé sous les yeux d’argus de mes proches qui ne purent rien faire si non que, me laisser trahir avec quelques bousculades à l’esprit de mes persécuteurs d’alors. On m’a abattu au pouvoir sénatorial que le peuple de mon département m’avait confié grâce à mon savoir faire et le volume de mes pensées à servir le pays tout entier, comme c’était toujours mon rêve. Pourtant, aucune force humaine ne peut me faire désespérer sous tension colérique du sens d’aimer et de servir la patrie dans le cœur et dans l’esprit’’. Cependant, Dr. Noisin croyait dur comme fer que les ennemis pour lui n’existent pas : ‘’Je n’ai jamais eu d’ennemis, mais pour les adversaires, j’en ai pleins. Pour ces derniers, je ne m’en occupe même pas’’.

Dr. Louis J. Noisin racontait souvent ceci : ‘’ Je n’ai jamais eu d’ennemis. Si des hommes pensent qu’ils me le sont, telle n’a jamais été mon impression. Pourtant, à l’usage d’une bonne vérité, je pouvais les considérer comme des adversaires m’envoyant au plus haut degré de mon idéologie’’.
Exilé aux États-Unis, Dr. Noisin, rejoignait les membres de sa famille et quelques amis de la diaspora haïtienne. Il en profitait pour parfaire ses études, multipliait ses contacts, regroupait autour de lui des gens qui partageaient la même vision que lui. Il donnait des conférences autour de l’intégration de la diaspora dans les affaires civiles et politiques haïtiennes.

Dr Noisin s’occupait de ses activités intellectuelles jusqu’aux États-Unis. Philippe Noisin et Carole Noisin furent morts et Dr. Noisin pleuraient amèrement leurs départs. Le Sénateur Noisin passait plus de 17 ans aux États-Unis à mener des luttes contre la barbarie de la politique haïtienne qu’il accusait comme un carrefour dangereux où règnent la mort et la désolation.

Au moment où le Président Jean-Bertrand Aristide retournait au pouvoir à Haïti, Dr. Noisin lançait un ban pour la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale et le retour immédiat de tous les hommes politiques haïtiens exilés pour leurs prises de position et leurs idéologies. Il en profitait pour présenter plusieurs conférences et décidait conjointement sa femme pour rentrer à Haïti. Il laissait aux États-Unis, Chantal Noisin et Edouard Louis Noisin pour reprendre ses activités intellectuelles et politiques à Haïti.
Retourné à la tête de l’Université Roi Henri Christophe dont il était le Président fondateur, il trouvait piétiner la valeur éducative de ce grand centre universitaire qu’il a eu l’orgueil de créer dans le Nord d’Haïti contre la centralisation des choses de l’esprit du pays. Il y menait une vie paisible avec l’ensemble de ses collaborateurs, dont : Dr. Luc L. Colas, son collaborateur de vieille date, Ing. Gédéon Joseph, son cousin, ancien directeur de MTPTC/ branche Nord. Dr Louis J. Noisin continuait à lutter pour le respect des droits de l’homme, défendait le droit des enfants par un ensemble de discours prononcés dans toutes les circonstances de la vie courante.
Dr. Noisin animait plusieurs émissions à caractère socio-éducatif et politico-culturel sur les ondes de plusieurs stations de radio de la cité, dont : La Voix du nord, Radio Cap-Haïtien, Radio Citadelle etc. Il menait un combat radiophonique pour la nouvelle visibilité de l’Université Roi Henri Christophe par une série d’émissions prisées et relayées entre plusieurs stations de la ville du Cap-Haïtien. Ces séries d’émission portées sur les antennes des stations de radio de la place se caractérisaient autour du thème ; ‘’ LA VOIX DE L’UNIVERSITÉ ROI HENRI CHRISTOPHE’’.

Dr Louis J. Noisin participait à de grands colloques nationaux et le dernier en date est celui porté sur ‘’le plan stratégique de sauvetage national’’ organisé en 2009 à Santiago de la République Dominicaine avec de brillants panélistes, tels : Turneb Delpé, Sénateur Rudolph Henri Boulos, Guichard Doré, Jean H. Charles, Marc Louis Bazin, Lucie Marie-carmel, Robert Benodin, pour ne citer que ceux-là. À la même époque, il fut nommé Consultant au bureau du 1er Ministre de transition, son Excellence, Gérard Latortue.

A la fin de 2009, Dr Noisin a ouvert une compagne de sensibilisation en faveur de la culture haïtienne en réalisant de nouvelles séries d’émission radio-télédiffusée à la compagnie de son bien aimé, Me Delcarme Bolivard. Tantôt à la Radio Télé Vénus, tantôt à la Radio Télé Paradis. Et sa dernière série d’émission se réalisait sur les ondes de la Radio Télé Africa, toujours en la compagnie de Me Delcarme. Outre son talent de présentateur d’émissions, Dr. Noisin fut l’un des acteurs de cinéma du long métrage ‘’ Rescapé d’la vengeance’’ projeté au complexe Versailles du Cap-Haïtien en mai 2009.

En août 2010, il fut accueilli à ‘’Ramada Plaza Hotel’’ à Collins Avenue Miami Beach Florida par les responsables de ‘’Babas Production’’ pour participer à l’évènement annuel : ‘’Le Grand Nord en Soirée’’. Ce fut l’occasion pour lui de s’extérioriser artistiquement et intellectuellement sous les yeux brillants de la jeune haïtienne à Miami.

Dr Louis J. Noisin, au cours de son dernier temps, ne connaissait pas une stabilité sanitaire. Il devait sans relâche consulter son médecin, soit aux États-Unis où il a subi une intervention chirurgicale au niveau de la tête, soit à Haïti pour des soins médicaux importants. Il pratiquait une posologie de médicaments très élevée soit 36 pilules par jour à raison de 12 au matin, 12 à midi et 12 au soir. Devenu diabétique, il subissait un régime alimentaire contrôlé, cela ne pouvait empêcher que ses pieds soient infectés.

Le Sénateur Dr Noisin passait plus de 8 mois aux États-Unis pour continuer à suivre son traitement médical. Par ailleurs, son esprit, son amour et sa vision n’étaient qu’à Haïti. Il rêvait constamment d’être de retour dans son pays natal pour se mettre au service de la jeunesse, laquelle jeunesse lui inspirait la gloire de vivre en s’accrochant à l’ensemble ses prédications. Il baptisait un nouveau programme de développement intellectuel pour l’Université Roi Henri Christophe du Cap-Haïtien et croyait qu’avec lequel Haïti renaîtra de ses cendres comme le phénix.

A la fin de 2011, Dr. Louis J. Noisin à Haïti avec ses deux enfants : Chantal Noisin, Edouard L. Noisin. Il reprenait le contrôle de l’Université Roi Henri Christophe qui était, pendant son séjour à Virginia, dirigée par un staff composé en majeur partie des anciens étudiants de ladite université. Il donnait une nouvelle façade à son centre universitaire, regroupait autour de lui des jeunes pour leur donner un encadrement intellectuel, professionnel et patriotique. Il reprenait les antennes des stations de radio et des chaines de télévision de la place avec les anciennes séries d’émission ‘’La voix de l’Université Roi Henri Christophe’’ toujours avec son coéquipiers, Me Delcarme Bolivard.

Dr Louis J. Noisin, en 2012, menait une lutte dialectique sans précédente contre l’État haïtien et celui de la République dominicaine pour l’identification nominale de son université des rues 17 et 18 H-I du Cap-Haïtien. Cette lutte était menée pour empêcher au don universitaire de la République dominicaine à Haïti après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, de porter le nom du Bâtisseur, le roi Henri Ier. Ce don qui consistait à implanter un campus universitaire moderne du côté de Limonade, dans le Nord du pays, faisait de grands débats dans le monde intellectuel haïtien, pourtant, Dr. Louis J. Noisin croyait au cours de ses diverses interventions, que des débats oui, des combats non. ‘’La guerre des trois n’aura pas lieu’’ avançait-il. Il parvenait à avoir gain de cause pour l’histoire et pour la vérité.
Au début de 2013, Dr Louis Noisin montait à Port-au-Prince notamment au parlement haïtien dans le but de rencontrer le Président de l’Assemblée Nationale d’alors, l’honorable Sénateur Dieuseul Simon Desras pour une aide informationnelle. Comme ancien Président de la 44ème législature haïtienne, le Dr Louis J. Noisin souhaitait avoir sa pension légale pour avoir travaillé plus de 30 ans dans l’administration publique haïtienne ; voilà l’objectif premier de sa rencontre avec le Sénateur Desras. Ce dernier prenait à cœur la visite officielle du Dr. Noisin et lui donnait toutes les informations nécessaires devant lui permettre de mener à bien sa demande. En effet, rien n’est fait sur la demande de pension sollicitée par Dr. Louis J. Noisin, si non qu’une simple lettre d’accuser de réception de la présidence (sous le régime Tèt kale) adressée à lui sans espoir.

Déçu que sa demande n’ait été agrée, Dr Louis J. Noisin retournait à Cap-Haïtien pour continuer son travail de Président fondateur de la première université privée des provinces d’Haïti, Université Roi Henri Christophe (URHC), membre fondatrice de l’Union des Universités Privées d’Haïti (UUPH). Il profitait de l’occasion pour penser à mettre sur pied une station de radio à l’Université Roi Henri Christophe qui serait, d’après lui, la première station universitaire d’Haïti. Malheureusement, cet ambitieux rêve était rejeté d’un revers de main par son fils Edouard Louis Noisin qui croyait, d’une part que ce serait un gaspillage d’argent, et d’autre part, que l’Université Roi Henri Christophe n’était pas encore prête à accueillir un tel événement. Cela incarnait en Dr Louis J. Noisin quelques brins de chagrins qui le fatiguaient et lui faisaient verser des larmes de manière clandestine.
Au cours de cette même époque, Dr Louis J. Noisin, comme le grand rêveur par excellence, d’ailleurs disait-il Toujours : ‘’Il faut penser plus haut que les étoiles, et s’il faut tomber, tombez au rang des étoiles’’, envisageait une section vespérale à l’Université Roi Henri Christophe pour ceux-là qui laissaient le chemin universitaire pour quelle que soit la cause, d’y revenir pour être utiles à eux-mêmes, à leurs familles et au reste du monde. Vue la nécessité d’avoir un plus grand nombre possible de cadres bien formés pour prendre les rênes du pays ; l’Université Roi Henri Christophe se faisait le devoir intellectuel et comme bonne source du savoir d’ouvrir ses portes pour accueillir toutes celles et tous ceux voulant continuer leurs carrières universitaires. Ainsi, ‘’Night University’’ serait une véritable occasion offerte par l’Université Roi Henri Christophe sous la recommandation directe du Dr Louis J. Noisin aux élites intellectuelles du pays notamment, celles du Cap-Haïtien de boucler en beauté et sur les chapeaux de roues leurs études universitaires. Un tel projet a été mal reçu par le président exécutif de l’URHC d’alors.

À la fin de 2013, Dr. Louis J. Noisin entreprenait la construction de sa maison privée à Camp-Louise où il voulait créer le ‘’Village ma Dede’’ en l’honneur de sa bien aimée, Mme Denise P. Noisin, morte en 2007 à Haïti. Cette construction se réalisait au ralenti, puisqu’il était extrêmement difficile de décaisser l’argent à l’URHC, soit pour acheter des matériaux, soit pour payer les ingénieurs et ses alliés. Cette gestion irrationnelle du président exécutif de l’époque, Edouard L. Noisin, plongeait Dr Louis J. Noisin dans une désolation extrême, ce qui lui permettait de passer plus d’un mois à ne fréquenter l’enceinte de son Université qu’il créait après tant de luttes avec les autorités politiques et civiles d’Haïti.

Dr Noisin tombait malade. Accompagné de sa fille Chantal Noisin, il rentrait aux États-Unis pour subir une intervention chirurgicale. Quelques mois plus tard, il retournait à Haïti pour peut-être une dernière fois de sa vie. Il rencontrait beaucoup de difficultés dans sa résidence privée au Haut du Cap, particulièrement avec son fils Edouard qui le traitait comme un ennemi. Des actes incongrus lui étaient adressés par cet enfant effronté. Ce dernier ne le saluait pas pendant un bon laps de temps à la maison. Il le bousculait quelquefois, l’apprenait-on des autres membres de la maison qui n’y pouvaient rien faire sous le tempérament colérique de cet homme.

Voici un extrait lamentable laissé par Dr Louis J. Noisin méritoire d’être connu de tous : ‘’ J’arrive au moment où les rideaux de ma scène vitale doivent être fermés sur un ton silencieux et de mérite. Je partais en guerre, j’en sortais saint et sauf, enfin, je remportais la victoire. Je relève l’étendard de la jeunesse, les plus faibles qui sont mis de côté. En lambeau, ma protection se glisse dans embrasure de la porte de la conviction de servir mon pays avec tout ce qu’il renferme.
Sous les ails du temps, je m’envole vers mes semblables qui m’attendent souriant pour la récompense de mes entraves, de mes entrailles, de mes entreprises d’ici-bas. Je me perds, je m’enfouis dans l’espace. Que la protection de mes désirs, de mes actions, de mes activités, se retirent de moi et planent sur les hommes conséquents à mener au bon port la barque fragile de mon Haïti chéri (sans e muet. Il s’agit là du pays- Haïti)’’.

A partir de 2014, l’état de santé du Dr Louis J. Noisin devenait très critique. Il était hospitalisé à plusieurs reprises à l’Hôpital Universitaire Justinien du Cap-Haïtien. Descendu de l’hôpital, il reprenait timidement ses activités de construire sa maison privée à Camp-Louise au ‘’Village ma Dede’’ dédié à l’honneur de sa femme défunte. Il menait une vie de tristesse pour avoir perdu son autorité à l’Université Roi Henri Christophe. Il semblait être mort pendant qu’il vivait. Pourtant, il gardait parfois son stoïcisme en déclarant : ‘’Je suis là, l-à, mais non pas l-as’’. On retenait toujours sa phrase héroïque : ‘’Tout va bien Mme de la Marquise, le château n’a pas brûle. Je suis en pimpant’’.

À la fin de l’année 2014, sous la timide demande du Dr Louis J. Noisin, il était convenu de rendre un hommage en sa faveur à l’occasion de son anniversaire en Août 2015. D’habitude, les collations de diplôme de fin d’études à l’Université Roi Henri Christophe (URHC) se réalisaient à n’importe quelle date, et cette fois-ci, il était arrêté de le faire le 16 août 2015, jour de l’anniversaire de naissance du Président fondateur de la 1ère Université des provinces d’Haïti. Tout était mis en place pour ce jour glorieux, celui au cours duquel on célébra le 89ème printemps du Dr. Louis J. Noisin.

L’an 2015 pointait, alors que les responsables de l’URHC se préparaient pour offrir une journée de fête sans égale au Dr Noisin. Ce dernier, qui était déjà emporté par la mauvaise gestion de l’Université Roi Henri Christophe, par l’ensemble des révocations illégales, abusives et arbitraires des employés conséquents de l’URHC, exécutées sommairement par son fils Edouard L. Noisin.

En se préparant pour la fête, c’est ainsi qu’aggrave la situation. Dr Louis J. Noisin à la maison se portait très mal. De janvier 2015 à juin 2015, la situation se détériorait où il sentait la mort de lui s’approcher. Au début du mois de Juillet de la même année, il connaissait une instabilité sanitaire sans précédente. Il allait à l’Hôpital de temps à autre. À la fin du mois de juillet 2015, il ne voulait plus boire et plus manger en observant une grève de faim en présence de quelques membres de sa famille à la maison qui ne lui disaient rien des conséquences de cette prise de position. Hospitalisé pour une dernière fois à l’Hôpital Sacré-Cœur de Milot dans le Nord d’Haïti, il a rendu l’âme le mercredi 05 août 2015 à l’âge de 89 ans.

Cette perte doit provoquer une indignation contre la vie en se demandant : ‘’Pourquoi vivre ? Pourquoi mourir ? Dr Louis J. Noisin a tout fait pour doter la région du Nord, particulièrement le Cap-Haïtien, d’une citadelle de la connaissance, l’Université Roi Henri Christophe des rues 17 et 18 H-I. son départ mortel est une aventure indésirable pour toute l’humanité.
Premier secrétaire de l’ambassade haïtienne au Mexique en février 1957, professeur d’Anthropologie culturelle à l’Université Williamsburg, à l’Université Johns Hopking de Baltimore et au College of William and Mary, Virginia, Président du Rotary Club du Cap-Haïtien en Juillet 1985, secrétaire de l’ambassade haïtienne à la République Dominicaine, consultant national lors de l’élaboration de la Constitution de 1987 ; enfin, Dr Louis J. Noisin se faisait un nom dans l’échiquier de l’intelligentsia nationale et internationale.

À l’Hôpital Sacré-Cœur de Milot, Dr Louis J. Noisin est décédé vers les sept heures 30 du matin. C’était triste de voir que le spectre de ce géant homme enveloppé dans un linceul et ait été enlevé jusqu’aux environs d’une heure de l’après midi. Cela fait montre que les derniers moments du Dr. Noisin n’étaient ni glorieux ni faciles. On peut croire jusqu’après toutes preuves contraires que pour certains, la mort du Dr Louis J. Noisin est insignifiante et cet intellectuel pointu et rodé n’était grand que dans son vivant.

Dr Louis J. Noisin est mort et enterré avec ses ambitions. Que les générations montantes prennent de bonnes notes de ce qu’il avait réalisé, de ce qu’il avait tenté de réaliser et de ce qu’il avait entrepris pour sauver l’Honneur des Hommes de son pays et de toute l’humanité.

Que vous soyez bien accueilli, Dr. Louis J. Noisin par le Dieu tout puissant qui vous récompensera pour vos bonnes entreprises ici-bas.

Et nous répétons votre serment d’allégeance que vous avez appris au Lycée National Philippe Guerrier sous les lèvres de votre mentor, le professeur Louis Mercier : ‘’Je crois aux génies bienfaisants de ma race, aux destinées immortelles et glorieuses de ma patrie, que je servirai avec dévouement et désintéressements jusqu’au sacrifice’’. Ad majorem Dei gloriam.

“L’aube est moins claire”
''L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.
Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu’un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d’ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !
Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous'' ?
(Victor Hugo)

Delcarme BOLIVARD, Av. MA
05 août 2017
Cap-Haïtien, Haïti
www.ulh.edu.ht

mardi 11 juillet 2017

Haïti au sommet de l’hypocrisie politique: Une pratique déplorable à corriger

encrejpurnal.blogspot.com
Les grandes écoles et théories sur lesquelles se fonde la notion de ‘’politique’’ à travers le monde, exigent la bonne gouvernance de la cité et demandent que les phénomènes politiques soient normalement abordés par la politique[1]. Ce lien logique entre ce qui est et ce qui doit se faire en matière politique, embrasse un ensemble de savoir applicable au maintien de la paix et de la sécurité de toutes sortes au niveau de l’évolution des citoyens.

En manière politique, il convient d’apercevoir plusieurs idéologies selon que l’on voudrait comprendre la réaction des acteurs politiques qui peuvent agir contrairement au réflexe et l’entendement de la population[2]. De même, dans le cadre de la gestion des conflits ou des crises politiques, non seulement il est impératif de savoir identifier l’origine de ces obstacles au développement durable, c’est-à-dire, d’être capable de trouver leur provenance, mais aussi et surtout de maitriser les éléments de réponse relatifs à ces troubles politiques. Delà, nous pouvons avancer que, quel que soit le degré du conflit politique, l’appareil étatique y est impliqué d’une manière ou d’une autre. Ce qui signifie que l’État est partie au conflit, enjeu, arbitre ou médiateur du conflit[3]. Ainsi, deux voies s’imposent lors de la gestion des conflits politiques: soit le Droit, soit le consensus[4].

Dans le cadre d’Haïti, les réalités politiques sont totalement contraires à celles édictées par la méthodologie de la Science Politique et apportent chaque jour une nouvelle considération de l’évolution des choses publiques. Des manœuvres frauduleuses au mépris de la loi, des stratégies négatives pour accéder au pouvoir, des violences politiques, entre autres, caractérisent formellement la situation de la Politique à Haïti. Ce qui débouche toujours sur des moments de crises nationales.
Au niveau de la zone Caribéenne, suivant les données recueillies relatives au progrès des pays sur le plan politique[5], Haïti se positionne à un degré très bas, vue que son système politique est caractérisé par un ensemble de réalités épistémologiques manifestées par l’instabilité, la corruption et l’ingérence de l’international dans les affaires publiques de cet État[6]. Cependant, les acteurs politiques nationaux continuent d’inculquer au peuple haïtien les nations de souveraineté qu’ils ne peuvent justifier par rapport aux exigences de la fonction régalienne. Cette dernière pratique  plonge le peuple haïtien, déjà victime de l’ignorance, dans la plus grande confusion consistant à une étape fondamentale aux conques du pouvoir politique.

Indépendant depuis 1804, Haïti, comme soi-disant État-nation, continue avec la pratique de l’hypocrisie politique. Partant du régime impérialiste de Jean-Jacques Dessalines jusqu’à nos jours, où le système démocratique du pays est assombri par l’orgie des dirigeants mal forgés, le principe du déterminisme politique haïtien est toujours de rigueur dans le sens négatif.

Nous comprenons jusqu’ici, qu’au moment des élections, les partis politiques à Haïti fleurissent comme de mauvaises herbes et n’ont, pour la plupart, aucun contrôle sur leurs membres[7]. Certains dépourvus d’aucun fondement légal et d’autres caractérisés par une existence fortuite, cependant, acceptés par un Conseil Electoral Provisoire (CEP, qui devrait être de préférence, CONSEIL ÉLECTORAL PERMANENT selon l’esprit de la Constitution de 1987, amendée le 09 mai 2011[8].) corrompu, n’envisageant que les intérêts égoïstes de ses composants. Des résultats postélectoraux, pour nombre des candidats, sont toujours falsifiés ou préfabriqués. Des élections qualifiées toujours d’irrégularité et de fraude par des candidats-perdants au nom d’une démocratie fondée sur l’irrespect des normes axiologiques et le rejet des principes établis. Des contrevenants parlementaires sous les auspices de l’immunité accordée par le vote d’un électorat incongru, des promesses insidieuses avec lesquelles ils provoquent le choix irrationnel et émotionnel de la population. Des implications directes de l’État dans l’instabilité sociopolitique du pays nous permettent de comprendre le niveau malhonnête d’une classe politique nationale caractérisée par le chaos et la corruption.

Monsieur Aram Belhadj, Professeur de ‘’Problèmes économiques contemporains’’ à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Nabeul (FSEGN), Université de Carthage, Tunisie, explique et démontre clairement les grands problèmes qui peuvent endommager le processus du développement d’une société[9]. Parmi lesquels, il s’est surtout accentué sur le rôle de l’État dans l’implication des crises sociétales. Le professeur, dans ses approches, a considéré le cas des pays en voie de développement où la perfidie politique des autorités engendre une décadence totale  à l’égard de la société[10].

Par la mauvaise manière d’interpréter ou de faire la politique à Haïti, des tableaux sombres  et à la fois réalistes se dressent au milieu de la population. L’État haïtien se crée  des ennuis[11]. Les gouvernements qui se succèdent ou celui qui est en place, manifestement par la politique économique négative, favorise des problèmes endogènes, tels : déficits publics, problèmes environnementaux, etc. A priori, ceux qui analysent les aspects économiques de la politique nationale peuvent, sans ambages, comprendre le caractère d’hypocrisie des acteurs politiques haïtiens dans une démarche consistant à tout remettre en question pour la sauvegarde des intérêts personnels.

Nous pouvons réaliser que, le niveau de l’hypocrisie de la politique haïtienne est fondée sur un certain laxisme des hommes et femmes politiques de chez nous qui croient et continuent à        croire que les manœuvres frauduleuses constituent un véritable vecteur assortissant aux progrès des idéologies politiques. Cependant, tout cela représente un facteur négatif qui pourra empêcher que le développement d’Haïti soit vraiment effectif. C’est ce que nous pouvons appeler le déséquilibre en matière du choix de gouvernabilité dans un esprit de marchandage politique.

Donc, si nous voulons avoir une société fondée sur l’éthique et le respect des méthodes afin de lui permettre de prendre une autre direction, il faut tout au moins nous écarter des rubriques s’élevant contre la bonne marche et le bon fonctionnement de la politique. Il nous faut croire aux grands principes politiques qui contextualisent notre réalité comme peuple, tout en nous gardant du fondement théorique du fonctionnalisme politique. C’est alors que nous aurons un pied ferme dans la construction  d’une société nouvelle pour une Patrie florissante.

10/07/2017
8hs 51 PM (Heure locale)

Delcarme BOLIVARD, Avocat
Maître en Science Politique
Doyen de la Faculté des Sciences Politiques
Et Responsable du Bureau de Communication/Information
À l’Université Libre d’Haïti (ULH)





[1] .- La science politique est la discipline qui étudie les phénomènes politiques.
[2] .- Louis-Naud PIERRE, UE 2/Découverte des Sciences humaines Introduction à la Science Politique.
[3] . - Patrice CANIVEZ, « Qu'est-ce qu'un conflit politique ?. », Revue de métaphysique et de morale 2/2008 (n° 58) , p. 163-175.
[4] . - Idem.
[5] .- Jalabert LAURENT, « Les violences politiques dans les Etats de la Caraïbe insulaire (1945 à nos jours) », Amnis [En ligne], mis en ligne le 01 septembre 2003, consulté le 10 juillet 2017. URL : http://amnis.revues.org/484.
[6] .- Lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/144192/Violence-et-politique-en-Haiti#sthash.3Fjr2GIw.dpuf
[7] .- http://www.haitilibre.com/article-13473-haiti-elections-liste-complete-des-partis-politiques-agrees-et-non-agrees.html
[8] .- Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, art. 191.
[9] .- Belhadj ARAM, ‘’Cours optionnel: Problèmes économiques contemporains’’, niveau : 1ère année LF Economie.
[10] . - Idem.
[11] .- Manque de savoir faire dans le mécanisme d’état d’urgence et bien d’autres cas encore dans le pays.

jeudi 22 juin 2017

Mes souvenirs (I)

Quand je laissai en 1996 l'Ecole Nationale Anténor Firmin de Cap-Haïtien sous les coupoles de mes anciennes professeures, je me sentis déjà prêt pour affronter les épreuves de la vie. Et ce fut à ce moment que je commençai à méditer sur les efforts de mes parents à une époque de hautes crises sociopolitiques haïtiennes. Petit en âge, mais doué d'une maturité rectiligne, je bien vite compris que le dévouement au progrès et au développement d'un pays doit être inévitablement passé par l'éducation et la mise en place d'une structure stratégique relative au respect des effets culturels de la nation.
Sans passer par quatre chemins, accompagné d'alors de mon beau-frère, mon conseiller-parrain de mariage, le feu Ronèl Ambroise (que son âme repose en paix ), je me fus fait inscrit au Lycée National Philippe Guerrier de Cap-Haïtien où je fus de bonne part accueilli par certains professeurs et cadres de ladite école. Parmi eux : Directeur Hudson Jean-Baptiste, Me Marcelin Jean-Baptiste, surveillant, Me Zakari Jean, Surveillant général. Le premier nous fit croire qu'un vrai Lycéen ne doit jamais tricher aux examens afin qu'il devienne le meilleur en tout lieu et pour qu'il puisse, quand il grandira, se mettre au service de son pays en bon citoyen conséquent. Cette pensée de Maître H. Jean-Baptiste me donna l'envie d'être de retour au Lycée, dans une vaste cour ombragée de feuilles vertes où les élèves se préparèrent conséquemment pour prendre les rênes du pays. Et cela, par les études et par la rédaction continuelle de leurs devoirs de classe et de maison.
Quant à Maître Marcelin lui même, ce fut un espoir pour la jeunesse d'alors. Ami de tous. Il nous appris que le vrai citoyen est celui qui se respecte pour attirer des autres autant de respects possibles. Ce fut avec lui que j'appris à aimer mon pays. Il m'invita à observer le comportement farouche de nos hommes politiques de peur que je m'y mêle sans que je sache. Il mit sous mes yeux les astuces de certains politiciens haïtiens. Il me raconta que la prise de pouvoir politique à Haïti se fit par tous les moyens, il suffit que l'on y accède. Pourtant, m'indiqua-t-il, que telle (la manière de prendre les pouvoirs politiques à Haïti) fut une très mauvaise pratique et me conseilla de respecter la Constitution et d'y croire afin de permettre au pays de devenir vraiment un État de Droit.
Me Zaka, ainsi à l'époque appelé par nous, fut un grand disert d'avenir prometteur pour la jeunesse de ma génération. Professeur d'histoire et de géographie, Maître Zaka nous raconta tout. "Le peuple qui participe de manière irrationnelle aux élections, la lutte pour le pouvoir politique à Haïti, la défaite de l'Église par rapport à sa mission, la lutte paysanne, les conflits terriens, les séquelles de l'occupation américaine, le mouvement Aristidien, le réchauffement climatique, l'environnement et ses ennemis, etc." Le professeur Zaka, nous appris que les intérêts de la nation haïtienne doivent être abordés à "l'haïtienne", ce qui suppose être relevé de la compétence expresse de nos hommes valeureux sans écarter le peuple, si et seulement si ce peuple soit bien formé et éduqué comme cela se doit. Le professeur mit en nous un esprit de grandeur et de prospérité qui nous permis de savoir résister à toutes sortes de tentatives et de marchandages.
Ainsi, mes souvenirs du Lycée sont inépuisables et ils constituent pour moi un vecteur ou une boussole d'orientation me permettant d'être ce qu'aujourd'hui je suis. J'appris presque tout sous les lèvres de certains grands professeurs de l’ère. J'appris à ne pas appliquer les principes de la lâcheté au regard de la raison. J'appris à respecter la règle de l'axiologie. J'appris à respecter la Constitution de mon pays. J'appris à me connaître "citoyen conséquent" devant s'impliquer aux grandes décisions de développement de la nation. Tout fut au Lycée National Philippe Guerrier de Cap-Haïtien.
Delcarme Bolivard Av. MA 
db 
22/06/2017
ULH.


mercredi 14 juin 2017

Pour ma Femme

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À tes pieds, s’adressent des mots
Mesurables à ta beauté,
Comparable à ton goût.
Goût restant sous les lèvres d’amour
Pour imbiber un cœur délaissé.




Ce qu’il faut sous mes doigts,
Une lyre, sous mes bras pour te chanter
Sans arrêt au son ajusté des oiseaux
Nous entendant au battement de leurs ailes.
Ailes sous lesquelles nous voyageons
Vers le monde des amoureux.

Ton corps, mon sépulcre,
Tes doigts au piano glissant sur ma peau d’homme
Me laissent croire qu’il est jour en pleine nuit.
Tes yeux éclatent l’aurore.
L’aurore où je t’ai vue paraître
À la cime d’un cœur aimant.

Perdu dans l’éclat de ton sourire.
Tes veines pour circuler le sang de mon sentiment.
Dans ton chantier ornemental, ma voix chancèle
Au rythme de la force du souvenir.
Souvenir du phare éclatant mes pas
Vers la route de ton parfum corporel.

Ton odeur m’est un réconfort.
Et si alors le temps nous guette
Pour entrer dans son sein éternel,
Nous nous en réjouissons pour nous être rencontrés.
Rencontrés comme le faucon et son nid,
Du pan de ta robe je pars en vérité.

On se fait des plans de vie.
Au-delà de la terre, nous serons des exemples.
Pour moi, tu deviendras adolescente.
Pour toi, je deviendrai guerrier.
Guerrier pour notre cause soutenir
Adolescente pour notre amour perpétuer.

14/05/2017

Delcarme BOLIVARD, Av.MA  

mardi 16 mai 2017

Haïti: Travail et société

Le travail est le premier châtiment que Dieu inflige à l'Homme. Et ce dernier évoque la théorie de la "division du travail" qui engendre plus tard deux groupes déséquilibrés socialement :
1- Les "oppresseurs" qui sont les puissants au service desquels l'on travaille nuit et jour. Ce sont eux qui légifèrent pour codifier ou réglementer leurs industries, leurs factoreries, leurs usines, etc. Ils créent au niveau de la société un désaccord entre les travailleurs et les effets de leur "force du travail" par une déstabilisation de l'énigme du développement. Les oppresseurs, dans certains pays, dont ceux étant victimes de titre "sous-développé" ou de "sous-mondialisé", font un corps avec les autorités politiques, notamment l'exécutif, pour continuer à exercer leur domination et leur exploitation sur la population. Ils achètent la conscience de ces hommes politiques en les supportant au moment des élections et en retour, ils auront les plus grandes parts du marché.
Delà, le pouvoir économique prime et engloutie celui de la politique, contredit le principe de "la séparation des pouvoirs" et favorise clairement la corruption au niveau des institutions étatiques. Par-dessus de tout, l'éthique et la morale économicopolitique se déstructurent à la faveur d'une force intransigeante du côté des dominants rêvant toujours du profit et progrès au détriment d'une couche sociale vouée à elle-même.
2- Les opprimés qui sont les travailleurs, dépendants socialement de ce qu'ils fabriquent dans les industries, factoreries, usines, etc. Ce sont eux qui ont "la force du travail" pour laquelle ils ne reçoivent que les mauvais traitements et des châtiments corporels (voir la réalité des travailleurs de Boukinafaso).
Les opprimés, sous l'influence des principes établis par les oppresseurs, mènent une vie débordante de misère et ne sont pas capables de répondre aux exigences du temps. Ce sont eux, qui plus tard, se convertissent en groupe de pression, empêchent la bonne marche de la société, manifestent violemment leurs désinvoltures et s'apprêtent à renverser les pouvoirs publics, disons mieux l' "Etat". Pour atteindre leur mission, les opprimés s'acharnent et tombent en rébellion contre les discriminations des oppresseurs. Ils s'en révoltent pour être incapables de jouir même à une dimension très réduite le courage de leurs mains besogneuses. D'où l'existence intégrale d'une discordance sociétale. Les riches désirent être toujours riches en mettant de côté toutes les rigueurs de la moralité. Et les pauvres rêvent un jour d'être patrons pour finir avec l'humiliation quotidienne de la rancune institutionnelle imposée par les riches.
Dans le cadre D'Haïti, le travail apparaît comme un luxe à payer cher. Les patrons sont des parrains aux élections de certains candidats. Ce qui leur permet de jouir de tous les avantages possibles et quelquefois arrivent même au-dessus de la Constitution. L'établissement de cette entente entre la classe économique et la classe politique à Haïti, charrie un ensemble de faiblesses destiné à empêcher au pays de se fixer vers le monde du changement total et durable. D'ailleurs, les taxes et les impôts de la première classe plus haut mentionnée, se paient de préférence à l'étranger, cependant, l'assiette fiscale de l'Etat haïtien reste et demeure vide et sans être appréciée.
Cela crée dans le pays une instabilité à outrance où les gouvernements se succèdent à Haïti, pourtant aucun d'entre eux, n'arrive même à identifier le vrai problème de la nation. Les travailleurs haïtiens revendiquent leurs droits, alors que l'Etat ne fait que satisfaire les besoins égoïstes de ceux-là qui ont permis aux autorités publiques de gagner les élections par toutes les manœuvres inimaginables. L'incompétence sévit dans les administrations de l'Etat haïtien et s'institutionnalise par les autorités nationales en commun accord avec la classe bourgeoise haïtienne inexistante pour rabaisser la main d'oeuvre et rejeter les valeurs imposantes.
Delcarme Bolivard Av. MA 
db
01/05/17


An Ayiti

Voici ce que je ne comprends pas et qui mérite d'être corrigé :
An Ayiti,
1- Depi yon moun bouch li pa pwòp, li rele tèt li politisyen;
2- Depi yon moun konn voye boutèy ak wòch, li gen tan bon poul chèf;
3- Depi yon moun konn boule kawotchou, yo te gen tan wè l kou yon lidè;
4- Depi yon moun nan manifestasyon tout jounen, mache piye magazin, li te gen tan prè pou yo koutel;
5 - Depi yon moun flatè, li te gen tan ka otorite;
6- Depi yon moun fèzè, li te gen tan bon poul dirije;
7- Depi yon moun pa fome, li te gen tan wè se li ki ka fè e defè;
8- Depi yon moun ap bay manti, li te gen tan prè pou l palmantè;
9- Depi yon moun soumoun, li te gen tan popilè;
10- Depi yon moun chita nan baz tout jounen, li te gen tan prè pou l al nan Eleksyon;
11- Depi yon moun ka kole 2 - 3 mo san fondman , li gen tan santi l pwè pou l al pale pou pou pèp;
12- Depi yon moun ap kritike san pwopoze anyen, li gen tan santi l pwè pou l nan leta.
Mesye dam, bagay yo pa dwe konsa, politik se yon Syans ke moun dwe aprann byen yon mannyè pou byen gere peyi a. Se pa ni voye wòch ak boutèy ki fèw politisyen. Ni mache ranpe kay otorite ki pa fòme e ki pa konn g-a ga nan fèy patat ki fèw politisyen. Se pa fè ti pil gwo pil ak yon bann moun ke wap kweve lespri yo, pandan wap chèche geri boskow ki fèw gen tan santi w rive nan politik.
Ba inivèsite peyi a, se fè pwomosyon pou lekselans, bonjan syans ak metòd.
Ba l respè a moun ki konnen tout bon vwe pou dirije nanchon an pou yon Ayiti DJANM e GRANMOUN pou tèt li. Sispann fè voye monte. 
 Si nenpòt moun paka medsen, agwonòn, engenyè, avoka e latriye, ebyen nenpòt moun paka POLITISYEN.

12/05/2017
Delcarme BOLIVARD, Av.MA

 db

dimanche 30 avril 2017

VERS UN AGENDA PLUS ADAPTÉ DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE EN HAÏTI : PROPOSITIONS POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE

Dans cette étude, nous tâcherons de présenter un ensemble de propositions utiles qui pourront permettre à l’État haïtien de mieux se structurer par rapport à l’aide internationale afin de promouvoir un véritable développement dans le pays. En effet, Plusieurs propositions ont été déjà offertes par de grandes personnalités haïtiennes, dont les plus connues sont les suivantes :

Le professeur Marc L. Bazin, dans son ouvrage ‘’Des idées pour l’action’’ dresse un ensemble de moyens pouvant permettre à Haïti d’être un État fort afin de combattre la pauvreté criante qui sévit dans le pays depuis un laps de temps. Il observe particulièrement les évènements qui ont surgi à Haïti au cours de 2004 en passant par les inondations  et les émeutes de la fin de 2008 jusqu’au tremblement dévastateur du 12 Janvier 2010.

Le professeur Marc L. Bazin propose huit (8) priorités de l’État utile que nous adoptons dans le cadre de cette étude. Ce sont :

1- Réduire les inégalités

2- Créer l’emploi

3- Dynamiser le secteur agricole

4- Augmenter la contribution du secteur bancaire à la croissance

5- Satisfaire la demande en services d’infrastructure

6- Améliorer le capital humain

7- Adapter la politique budgétaire aux circonstances du moment

8- Réaménager les rapports avec l’aide internationale

- L’aide devrait s’adapter aux besoins nouveaux découlant des émeutes de la faim, aussi bien quant à son montant et sa souplesse que dans la recherche d’un équilibre satisfaisant entre la stabilité macroéconomique et les besoins pressants d’investissements dans les infrastructures, la relance de l’agriculture, la création d’emplois et la satisfaction des besoins en matière de santé et d’éducation

-  L’ouverture des marchés des pays développés à nos exportations devrait être encouragée

-  Le soulagement de la dette devrait intervenir à un rythme plus rapide

-  Nos propres stratégies et propriétés devraient être mieux comprises

-  L’aide devrait passer en priorité par le gouvernement et utiliser des mécanismes de comptabilisation qui permettent d’éviter les complications, les litanies de rapports et la balkanisation du budget(1).

Le professeur Leslie F. Manigat lui-même parle de ‘’Capital humain’’ à protéger comme vecteur d’indice important pour sauver le pays. Pour lui, l’haïtien est la véritable énergie qu’il faut pour développer le pays sans attendre l’aide internationale(2).

Pour permettre à Haïti de prendre une novelle direction face à l’aide internationale, il propose de :

1) Remettre l'humanitaire à sa place : une place, qui n'est ni la première ni la plus importante.

2) Décoloniser le regard et re-politiser le débat : « ne parlez pas de nous, mais avec nous », et penser/poser l'action en termes d'égalité, de souveraineté et de légitimité.

3) Réinventer l'action de coopération internationale :
-    sortir de la schizophrénie(3) des ONG et instances internationales appelant à renforcer l'État haïtien, alors même que son affaiblissement a été (et continue d'être) orchestré par des politiques économiques imposées par les institutions internationales, et que, sur le terrain, on ne cesse de contourner l'État. Les ONG et instances internationales ne sont pas la solution au problème de l'État haïtien ; elles y participent,
-    re-situer l'action des ONG internationales : en appui aux acteurs haïtiens – ce qui suppose de penser non seulement leur participation à l'action, mais aussi un contrôle et un pouvoir sur celle-ci – et en se mettant au service de leurs projets et revendications de changements(4).

Ricardo Seitenfus, l’ancien représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en Haïti, à travers son ouvrage titré : ‘’L’échec de l’aide internationale à Haïti. Dilemmes et égarements’’, présente une lecture critique des efforts continus de la communauté internationale visant à aider au dénouement de l’énigme haïtienne(5).

Pour résoudre le problème, l’auteur suggère une solution anthropo-psychosociologique, qui consiste à : ‘’entrer dans la peau de l’autre, supprimer les idées préconçues, s’éloigner de l’apparence qui tend à masquer la réalité, divorcer de la tentation des conclusions hâtives, savoir écouter avant de parler’’.

De notre côté, nous proposons dans cette étude, entre autres :

- Renforcer la capacité gouvernementale et décisionnelle de l’État ;

- Établir chez les citoyens une confiance à l’égard de l’État ;

- Créer de nouvelles techniques d’investissement financier ;

- Favoriser une capacité d’analyse de la crise politique et économique haïtienne par les concernés ;

- Renforcer le cadre institutionnel haïtien ;

- Analyser et structurer les pouvoirs politiques d’Haïti ;

- Contrôler l’intervention directe de l’international dans les démarches à résoudre les problèmes politiques et économiques à Haïti ;

- Réviser le secteur agricole national ;

- Combattre l’instabilité politique et la crise économique à Haïti par la reconnaissance des stratégies haïtiennes

A la communauté internationale :

De réaliser ses interventions en conformité aux principes de la Charte humanitaire et normes minimales pour les interventions lors des catastrophes ;

D’engager un processus de dialogue avec tous les secteurs de la vie nationale en vue d’arriver à l’élaboration d’un plan de construction adapté aux réalités nationales.

 db

Delcarme BOLIVARD, Av.MA

30/04/2017

1.- Marc L. BAZIN: "Des idées pour l'action", Page 268
2.- Leslie F. MANIGAT: "La crise haïtienne contemporaine", page 294.
3.- Psychose délirante caractérisée par une perte de contact la réalité et une dissolution de la personnalité.
4.- Frédéric THOMAS : " Conférence donnée sur l'échec de l'aide internationale.
5.- Claude JOSEPH : Une lecture critique de " L'échec de l'aide internationale à Haïti..." de Ricardo Seitefus, 19/06/2015.

jeudi 23 mars 2017

Boutèy Kleren'm

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Nan mitan chan kann a yè,
Plante, rekòlte pitimi.
Se la nou kwaze,
Se la ou fè'm depale,
Se la ou fè'm michan,
Se la ou fè'm bòzò.
Anba ponyèt mwen ou kache,
Mwen refize separe'w.
Se ou ki ban'm nan'm
Se ou ki ban'm fan'm.
Ou fè'm kodjòm
Tankou manman tanbou.
Mwen sèmante, ou se medikaman'm.
Kout manchèt, kout pikwa
Pèdi lavi nan lanmò klere'm.
Tèt mwen lou, mwen santi m'ap chavire,
Mwen tonbe radote, mwen tonbe rablabla.
"Ay! Boutèy mwen o,
Tu m'as toupizoup, tu m'as fouke devan.
Tu m'as toufonnen, tu m'as chifonnen".
Je'm pèdi koulè, bav ap koule.
Mwen kilbite, mwen di wi pou non.
Me dan'm, me ran'm.
Pike kole, vole lajan'm.
Mwen bliye non'm, ou fè'm kazwèl.
Mwen tonbe nan won, tonbe atè.
Pyafe, kraze brize ak boutèy kleren'm.
Ke mwen pran pou 10, ke mwen pran pou 15,
Ke'l te boutèy nwè, ke l te jòn,
Ke'l te nan bak, ou l te nan kab,
Li toujou regle zafè'm.
Mwen pa kon'n lanwit ni lajounen
Mwen pa kon'n semèn ni ton nwèl,
Se sèl boutèy kleren'm, mwen konnen.
Boutèy kleren'm, se ou ki koz.
Boutèy lanni'm, se ou ki fè sa.
Boutèy tafya'm, se ou ki fè'm kaladja.
"Ay! boutèy mwen o, tu m'as flanke atè.
Tu fout mwen yon bikòs, yon bigidap, yon pakala.
Tu m'as toufonnen, tu m'as chifonnen.
Pyafe, kraze brize ak boutèy kleren'm".

19/03/2017
10 hs 44 (heure locale)

mercredi 15 mars 2017

Oraison funèbre

encrejournal
 Révérend Pasteur Voltaire JOSEPH
Autorités  ecclésiastiques
Roderson Christian Ambroise, mon neveu
Famille affligée
Différents groupes et chorales de support
Amis attristés
Mesdames, mademoiselles et messieurs.

Publiquement, JE DIS MERCI BEAUCOUP à Ronèl Ambroise pour ce qu’il a été pour moi pendant son vivant. Je savais le lui dire bien avant que son âme soit rendue à Dieu. Et au moment de la traversée du désert, Ronèl gardait encore pour moi des secrets qui s’échappent de la compétence de grands rois et de grands prophètes. Pour tout, et pour ce dont je ne me souviens pas, JE DIS MERCI BEAUCOUP à Ronèl Ambroise. 
Chaque personne de cette assistance, retient Ronèl Ambroise en souvenir pour quelque raison que ce soit. Chaque participant ici-présent, songe à une aventure positive réalisée avec Ronèl Ambroise. L’Homme est imparfait, Dieu seul est grand. Et s’il était donné à chaque personne de cette grande assemblée de rendre un ultime hommage ou de raconter en un tour de main un moment vécu avec Ronèl, cette journée serait insuffisante et chacun dirait à sa façon comment on avait bénéficié de quelque chose de bon de la part de lui.
En 1990, pour découvrir la beauté de sa zone natale, Dubré, 1ère section communale de Milot, Ronèl Ambroise m’y accompagnait et en avait profité pour me parler de l’Equipe de football de l’Argentine. Il m’avait convaincu d’être fans de cette sélection sans que j’aie eu vraiment de connaissance en la matière. Il y a de cela 27 ans.
Mes premières phrases en français, m’ont été dictées et acquises par Ronèl Ambroise. Il m’a appris à jouer à la guitare et m’a aidé à résoudre les numéros de mathématique les plus difficiles. Ronèl, homme de confidence, plébéien, serviteur de la société, ami du bien et du savoir. Ronèl, crois-moi, tu seras bien reçu par le Dieu tout puissant dans son royaume.
Mesdames, mademoiselles et messieurs.    
Le corps lugubre de cet homme que vous voyez ici, enveloppé dans le linceul mortel d’aujourd’hui, cet homme logé inerte dont l’existence fut trahie par une rude maladie à laquelle il n’a jamais pensé ; cet homme cher était pour moi un beau frère, un frère, le parrain de mon mariage, mon principal conseiller, ma confidence, oui, il était ma confidence. Cet homme, livré à un combat vital, achève sa course et brandit son courage pour retourner d’où il est sorti afin de rencontrer son Dieu, le père tout puissant, le créateur de l’univers.
La nouvelle de la mort de mon cher parrain, Ronèl Ambroise (Que son nom soit béni), fut connue par plusieurs autres personnes avant moi et surtout avant son fils, Roderson Christian Ambroise. Quand cette nouvelle m’a été transmise par l’un de mes amis de la cité, j’en ai perdu la tête, j’en ai pleuré. Soudain,  ma force et mon courage s’écartent de moi et je me suis demandé pourquoi vivre s’il faut mourir un jour. Par cette perte douloureuse, je me questionne sur la finitude de l’homme. En effet, mon ami beau-frère, Charles, ainsi appelé par ses intimes, comprenait et acceptait sans ambages d’appliquer l’essence de l’égoïsme qui veut que l’on doive mourir pour laisser vivre quelqu’un d’autre. Mon fils neveu Roderson, sache que tu es le prix et la victoire du départ mortel de ton père.
Mesdames, mademoiselles, messieurs, les affligés
Pendant que le deuil et le chagrin vous crèvent le cœur par la perte d’un homme qui nous était tous cher, quatre (4) grands évènements ont marqué la présence de Me Ronèl Ambroise dans ma vie. Ces quatre (4) évènements se convertissent en quatre (4) grandes raisons pour lesquelles je prends à l’instant présent la parole. C’est vrai, je n’ai pas l’art de Nicolas Boileau, non plus, celui qui maitrise l’art scénique, toutefois, par la volonté et le désir, je vous présenterai sommairement l’ensemble de ces raisons :
‘’Je voudrais que tu deviennes un lycéen comme moi’’, me disait celui que vous voyez ci-gît dans ce cercueil, c’était en 1996, il y a de cela 21 ans. Il m’a tendu la main, m’a accompagné jusqu'à l’embrassure du Lycée National Philippe Guerrier de Cap-Haïtien en me donnant cinq (5) gourdes pour m’y faire inscrire. Je songe à cela, comme si c’est aujourd’hui. C’en est la première raison. Vas en paix mon cher ami !
Sept (7) ans plus tard, soit en 2003, encore ce même Ronèl Ambroise, m’a pris par la main tout jeune que j’ai été, pour m’emmener à la Faculté de Droit des Sciences Économiques et de Gestion de Cap-Haïtien (FDSEG-CH) question de m’inscrire avec ses propres moyens économiques à la Fac de Droit, en me disant ce qui suit : ‘’Mon petit-frère, tu dois être un Avocat’’. Je pense à cela, comme si c’est aujourd’hui. C’en est la deuxième raison. Vas en paix mon cher conseiller !
Au nom de ma sœur morte, je parle de toi aujourd’hui, Me Charles. Au nom de ta femme mariée défunte, pour qui tu as témoigné beaucoup de respects, parce qu’après même sa mort tu continues à l’aimer, tu continues à garder pour elle un souvenir inoubliable en ne te mariant jamais à une autre femme, pour sauver son honneur et ses folles amours à ton égard jusqu’à ce que tu la rejoignes dans l’au-delà de l’existence. Marié en 1996 à un moment où le pays connaissait toutes sortes de crises, Ronèl, là où tu es, tu contemples encore ma très chère feue sœur qui t’aimait beaucoup. Il y a de cela 21 ans. Cela me monte à l’esprit comme si c’est aujourd’hui. C’en est la troisième raison. Vas en paix mon beau frère.
 Mesdames, mademoiselles, messieurs, les affligés
La quatrième et dernière raison pour lesquelles je prononce cette oraison funèbre, c’est pour honorer la mémoire de mon parrain de mariage au nom de mon neveu, fils et petit frère, Roderson Christian Ambroise. Je  m’exprime pour lui dans cette circonstance lamentable. Lui qui saura que le sens de la vie dérive de l’incapacité de l’Homme de résister face à la mort. Lui qui, dis-je, par la fermeté, acceptera de continuer à vivre au-delà de la souffrance et de la nostalgie. Lui qui saura que ‘’la vie signifie tout ce qu’elle a toujours été, et que le fil n’est pas coupé’’[1], il y a juste une autre histoire à vivre et à raconter. Crois-moi, vivre c’est souffrir et ‘’quand une étoile s’éteint, elle n’éteint pas le ciel’’[2] a dit l’autre.
Je ne m’en voudrais pas terminer sans envoyer mes sincères condoléances aux courageux membres de la famille AMBROISE, DOUDOU, JEAN, SYLVESTRE, JOSEPH, sans oublier l’effort de ma sœur Mimose dans la course de souffrance insupportable de Me Charles, laquelle souffrance l’a emmené jusqu’ici.
Pierre Corneille eut à dire : ‘’ Qu’à chaque pas, l’homme est beaucoup plus proche de la mort que la vie’’. Et Job, le souffrant d’enchérir : ‘’Avant d’être né, l’Homme était déjà trop vieux pour mourir’’. ‘’L’homme est un souffle debout’’, déclarait Blaise Pascal. Ainsi : Me Charles :
Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré[3].

Si je parle c’est pour me faire entendre et comprendre. Si je pleure c’est parce que je suis attendri. Vas en paix Ronèl Ambroise !

04/03/2017
Delcarme BOLIVARD, Av/MA
5 heures 6 PM. Heure locale.
Prononcée le 06/03/2017
Par moi : Delcarme BOLIVARD, Av/MA
A : La 1ère Eglise Baptiste de Cap-Haïtien, rue 14 K.




[1] . HENRY Scott-Holland : Poésie, Je suis juste de l’autre côté du chemin.
[2] . MICHEL Sardou: Chant, Espérer
[3] . ALFRED de Musset: Poésie, Tristesse

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