samedi 28 mars 2020

*Lettre ouverte à Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre de la République d'Haïti, Jouthe JOSEPH*

Cap-Haïtien, le 22 mars 2020


Monsieur le Premier Ministre,

Je n'ai pas l'intention d'être lu par vous, non plus que mes opinions ou idées soient commentées par vous. La raison en est simple. Comme vous semblez être un chef de gouvernement avec peu de retenue en matière de communication, notamment en langage politique, j'évite par vous d'être scandalisé comme quoi, si je m'adresse à vous par la présente, c'est parce que je voudrais être "superstar" ou de votre propre mot, que je veuille faire du "buzz" dans le but de me vendre publiquement. Loin de-là, Monsieur le Premier Ministre, Jouthe JOSEPH.

Monsieur le Premier Ministre,

Je ne vous connais pas, d'ailleurs, vous et moi ne sommes pas de la même génération. En outre, je suis Avocat militant et vous, vous êtes ce que vous êtes ; Premier Ministre de la Première République des nègres. Quelle aubaine, à un moment ou l'institution politique du pays qui devrait se charger de votre agrément à ce poste, est frappée de caducité et de dysfonctionnement ; le Parlement haïtien ! Par ce vide institutionnel, vous arrivez aux timons des affaires sans même que n'ayez respecté les procédures y relatives. Pardon ! Cette erreur procédurale en droit constitutionnel n'est pas de votre faute, car, celui qui vous a choisi, nommé et investi personnellement, sait que l'histoire ne l'aura pas pardonné comme bien d'autres avant lui ayant préféré cette voie, en lieu et place de celle de la démocratie.




Monsieur le Premier Ministre,

Depuis votre accession à la tête de la Primature, vous n'entraînez que de discordance en termes de ‘’mauvais comportement oratoire’’ et surtout par votre sens de ridiculiser les choses. Votre capacité de manipulation gauchement vous a servi d'armes de guerre idéologico-politique avec laquelle vous avez participé à l’affaissement de la Radio Zénith FM, 102.5, organe représentative des derniers mouvements "anti-Tètkale". Ainsi, votre visite à monsieur Rony Colin, votre ancien ami, Magistrat de la Commune de Croix-des-Bouquets, n'était pas sans conséquences, et c'était un acte planifié au bénéfice du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel MOÏSE, à qui vous semblez avoir promis que s'il vous choisit comme Premier Ministre, vous lui donnerez la paix avec la Radio Zénith FM, véritable organe de la transmission des revendications populaires. C'est vrai que, certains des présentateurs d’émissions de cette station de Radio, quelquefois dérogent intégralement les principes déontologiques qui caractérisent le métier du Journaliste, mais des fois s'ils ne se sacrifiaient pas, le pire se produirait par ce gouvernement dont à l'heure actuelle vous êtes le représentant numéro un.

Monsieur Jouthe JOSEPH,

Vous prenez la parole à plusieurs reprises en public ces derniers temps de façon télédiffusée et/ou radiodiffusée, soit pour expliquer certaines réalités de la vie nationale, soit pour vous attaquer sans réfléchir à certains faits sociopolitiques pour lesquels vous paraissez ne disposer d'aucun argument. Par de-là, vous négligez en grande partie les articles 158 à 165 de la section D de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011, portant sur des attributions du Premier Ministre. Peut-être, pensé-je que tel n'est pas de vous, car, je refuse que je condamne sans juger. Mais, il est du devoir de celui qui vous a nommé de vous rappeler votre limite selon les prescrits constitutionnels.

Monsieur le Premier Ministre, vous avez dit notoirement ce que je vais vous rappeler par la présente. Avant tout, ce n’est pas pour vous exhorter, car, j’ai appris avec Nicolas Machiavel dans son livre à tendance politique, ‘’Le Prince’’ qu’il ne faut ordonner au Prince quoi que ce soit, mais de lui proposer des idées. Pour l’histoire et la vérité, je reprends ‘’in extenso’’ ce que vous avez avancé : " _De *l'or* pour mes amis, du *plomb* pour nos ennemis et du *bâton* pour des indécis_ ". Donc, mettant de côté les notions de classe sociale élaborées par Karl Marx, selon vous, il existe trois catégories de ‘’personnes’’ à Haïti, dont :

1-      Vos amis à qui vous serez très généreux ;
2-      Vos ennemis et ceux de vos amis pour qui d’après vous la mort est le seul réconfort ;
3-      Les indécis qui par vous recevront des coups jusqu'à se repentir...

Aussi longtemps qu'il soit, le pays n'a eu un tel Premier Ministre "Bossale" ne croyant pas aux jeux démocratiques et prêt à tout faire ou se sacrifier afin d’éliminer tous ceux qui contraire le voient. Vos amis ne pourront vous redresser comme il est maintenant question, car, vous leur avez promis de l'or. Ils ont peur de ne pas en revoir, voilà pourquoi ils vous laissent trainer dans cette voie n'ayant été jamais tracée pour des personnes de votre marque. Quant à vos ennemis qui sont également ceux de vos amis, ils pourront vous aider à accomplir votre tâche ministérielle si et seulement si vous êtes prêt à être débattu. Par leurs satires politiques, vous pouvez au moins vous faire un nom dans les annales de l'histoire en acceptant de garder celles qui sont bonnes et de rejeter professionnellement celles paraissant déraisonnables. Ainsi, vous prié-je de ne tuer ni vos ennemis ni ceux de vos amis, car, la brutalité en matière politique a pour objet de ruiner la puissance du tyran. Et pour le peuple, que dis-je ? … Les indécis ? Pourquoi utilisez-vous le fouet s'ils réclament ce qui leur revient de droit. Vous leur donnez tous les noms incongrus, tels : les irrésolus, les imbéciles, les illettrés, les ignorants ; que sais-je encore. Mais, vous oubliez s’ils sont ce que vous devriez être. Par vos actions inhumaines, celles de vous et de vos pairs, le peuple reste sans être éduqué et formé en vous aidant à gagner économiquement et politiquement votre vie au détriment de la leur.

Monsieur le Premier Ministre,

On ne dirige pas un gouvernement à l'heure actuelle par la force et la violence langagière. Si tel était le cas, le Président actuel des États-Unis, Donal Trump, serait un dieu. Monsieur le Premier Ministre, vos propos quant à ceux qui s'attaqueraient aux éventuels centres d'accueil des cas de ‘’Coronavirus’’, confirment votre inélégance et créent ou attirent vers vous beaucoup plus d'ennemis pour lesquels vous n'aurez pas suffisamment de " *Plomb*". Et ces derniers se risqueront dans l’avenir de demander votre tête à la Primature.
Monsieur Jouthe JOSEPH,

Votre dernière sortie dans la presse parlée, écrite et télévisée sur la situation du professeur Nelson Bellamy de l'Université d'État d'Haïti (UEH), Campus Henri Christophe de Limonade, incite la colère chez les Maîtres en communication politique et Stratèges en interprétation de discours. Vous avez insinué sans gêne avoir été informé par votre service de renseignement que le professeur sus-parlé se serait fait diagnostiquer pour cause de ‘’Coronavirus’’ au Laboratoire National de Santé Publique, afin de se visibiliser. Vous avez plus loin encore mentionné qu'à Haïti, on est prêt à faire n'importe quoi pour être connu de tous, comme quoi, le professeur de l'Université d'État d'Haïti, doctorant qu'il est, n'a eu d'autres moyens de se faire connaitre que par l'idée de dire qu'il ressentait des symptômes du ‘’Coronavirus’’ après être sorti fraîchement des États-Unis d'Amérique.

Monsieur le Premier Ministre,

Je ne dis pas que je ne vous crois pas par respect que j'éprouve à l'égard des autorités de mon pays. Mais, j'en doute, car, le professeur Nelson Bellamy, ‘’doctorant en Ethnologie’’ de son état a trop de moyens à sa disposition pour se faire connaitre. Ses recherches, ses études, ses expériences, tout pourrait lui servir d’intermédiaires pour se visibiliser. Mais, comme le diable voit dans les yeux de sa proie un autre diable ; voilà pourquoi, vous, monsieur le Premier Ministre, croyez que le professeur savait déjà qu'il n'avait rien. Et si le professeur avait-il vraiment cette idée en tête, ne serait-il pas nécessaire de traiter cette affaire autrement par l’État haïtien ? Monsieur le Premier Ministre, ne faites-vous pas plus de ‘’buzz’’ par votre comportement comme chef de gouvernement ?

Monsieur le Premier Ministre,

La présente ne vous est pas destinée par un collègue, ni par un ami, encore moins un indécis. Mais, un citoyen conscient et conséquent qui croit que le pays n'est à personne, il est à nous tous. Cette correspondance fait l'objet d'une contribution patriotique face à la décadence des institutions républicaines du pays et au mépris des valeurs morales haïtiennes.

En effet, vous voudriez croire, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Jouthe JOSEPH, en la renaissance de la méritocratie dont fait montre ma génération au dédain de la médiocratie représentant la règle à Haïti ces derniers temps.

*Delcarme BOLIVARD, Av.MA*


jeudi 6 février 2020

*Le recours intenté par certains Sénateurs de la 50ème législature dont le mandat arrive à terme selon le constat fait par le Président de la République, monsieur Jovenel MOÏSE :*

-*Des dilatoires instantanés au renforcement du système sociopolitique pourri haïtien.*_
------------------------------------------------


Le Lundi 13 janvier 2020 (minuit 05, heure locale) le Président actuel d'Haïti, Son Excellence Monsieur Jovenel MOÏSE,  sur son compte "tweeter" a déclaré ‘’ *expressis verbis*’’ : " _Ce Lundi 13 janvier  2020 ramène la fin de la 50ème législature. Nous constatons la caducité du Parlement et prenons acte de ce vide institutionnel occasionné par le départ des députés et des deux tiers du sénats_." (sic) Cette affirmation défraie la chronique où chacun essaie de l'interpréter par sa propre manière. De notre côté, nous avons pur et simplement compris le jeu politique du Président qui voulait à tout prix se débarrasser de certains des parlementaires qui, pour lui, constituent le fondement principal de son échec comme le 57ème Président de la République d'Haïti.

Le mal est fait, et une autre fois les lois de la nation se piétinent sous les intérêts gauches des soi-disant autorités étatiques haïtiennes. Par ailleurs, notre fidèle préoccupation s'axe sur le recours intenté par les Sénateurs concernés par rapport à la décision présidentielle relative à la caducité ( *La Chambre basse*) et au dysfonctionnement ( *Le Sénat*) du parlement haïtien. La logique des idées, nous permet d'insinuer fermement que le Président de la République, par l'accomplissement de son acte a pu satisfaire à son égo d'homme politique du premier rang, et les Sénateurs dont il s'agit se fourvoient en interprétant faussement la loi mère de la nation. Donc, deux pouvoirs s'unissant pour intensifier l'instabilité et la faiblesse de nos institutions républicaines.

Lisons le dispositif de la prétendue requête des sénateurs, dont : Jean-Renel SÉNATUS, Jean-Marie Junior SALOMON, Dieupy CHÉRUBIN, Ronald LARECHE, Dieudonne Luma ETIENNE, Willot JOSEPH, Nenel CASSY, Onodieu LOUIS et Youri LATORTUE, qui saisit l'instance électorale haïtienne (CEP) : " _Par ces causes et motifs et tous autres à suppléer de droit, d’office et d’équité, entendre le CEP examiner sa compétence, dire qu’il est compétent pour connaitre de l’espèce ; reconnaitre que le Président de la République a enfreint le Décret électoral en violant les arts 50.3, 50.7 ; 45.2 ; 239 ; dire que les requérants sont des Sénateurs en fonction jusqu’au deuxième Lundi de la 6ème année de leur mandat, soit le dix (10) janvier 2022 ; reconnaitre le droit des requérants à intenter toutes actions au civil en réparation pour les préjudices subis en temps et au moment opportun, et ce sera justice_ ".(sic)

Considérant l'énoncé fondamental de l'action initiée par les Sénateurs susdits, nous nous réservons le Droit de nous demander, qu'elle est l'économie de tout cela? N'est-il pas une tentative appelant à brouiller la piste de la compréhension populaire? L'action intentée par ces Sénateurs, n'est-elle pas jointe à celle du Président de la République destinée à intensifier l'instabilité sociopolitique du pays? Ces deux pouvoirs politiques, ne s'entendent-ils pas au nom de la théorie du *Complot* pour continuer à marginaliser la population haïtienne dans ses revendications les plus significatives?

 *L'esprit de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011 en pareil cas :*

L'acte fondateur de la Nation haïtienne, la Constitution en vigueur, a prévu pour l'organisation des élections à Haïti, le Conseil Électoral Permanent (CEP) comme une institution républicaine, autonome et indépendante. En ses articles 191 à 199, elle présente ce qu'est le Conseil Électoral Permanent et donne à la loi le plein pouvoir de règlementer le fonctionnement de cette institution. C'est sans dire peut-être au nom de l'article 197 de la loi mère haïtienne que les Sénateurs se sentant lésés par la décision du Président de la République, intentent leur action. Lisons l'article 197 : " _Le Conseil Electoral Permanent est le Contentieux de toutes les contestations soulevées à l'occasion soit des élections, soit de l'application ou de la violation de la loi électorale, sous réserve de toute poursuite légale à entreprendre le ou les coupables par devant les tribunaux compétents_." Cet article fait référence au Conseil Électoral Permanent (CEP) et au moment électoral, mais non au Conseil Électoral Provisoire. À noter que, depuis le vote et la publication de la Constitution amendée, le Conseil Électoral Permanent comme instrument démocratique  n'est jamais institué. De-là, la non-application de l'article 191 de la Constitution haïtienne crée un vide institutionnel comme bien d'autres encore prévues par des articles de ladite Constitution. Le Conseil Électoral Provisoire a été prévu par la Constitution en vigueur pour un but spécial et une durée déterminée.

Au niveau du *Titre XIV* des dispositions transitoires de la Constitution amendée, en son article 289, elle dispose : " _En attendant l'établissement du Conseil Electoral Permanent prévu dans la Présente Constitution, le Conseil Electoral Provisoire de neuf (9) Membres, chargé de l'exécution et de l'élaboration de la Loi Electorale devant régir les prochaines élections et désigné de la façon suivante:_
 _1) Un par l'Exécutif, non fonctionnaire;_
 _2) Un par la Conférence Episcopale;_
 _3) Un par le Conseil Consultatif;_
 _5) Un par les organismes de Défense des Droits Humains ne participant pas aux compétitions électorales;_
 _6) Un par le Conseil de l'Université;_
 _7) Un par l'Association des Journalistes;_
 _8) Un par les Cultes Réformés;_
 _9) Un par le Conseil National des Coopératives_."

Cela signifie que ce Conseil n'avait d'autre mission que celle d'assurer l'organisation des élections de 1988, après lesquelles, son mandat avait pris fin. L'article 289.3 de la même Constitution, nous apprend : " _La mission de ce Conseil Electoral Provisoire prend fin dès l'entrée en fonction du Président élu_." Donc, s'adresser à un quelconque Conseil Électoral Provisoire pour faire valoir ses droits, n'a aucun fondement juridique, puisque cette institution a été reconnue dans l'organisation des élections à Haïti pour un but très spécial dans une durée bien déterminée. Aussi, acceptons-nous que même quand un Conseil Électoral Provisoire était en fonction, son mandat serait limité aux moments des élections.

 *Coup d'œil sur le Décret électoral du 02 mars 2015 en pareil cas :*

Comme toujours, les différents décrets et décrets lois électoraux à Haïti, proviennent d'une vision simple, celle de la manipulation des électeurs, des votants au profit d'un groupe ou d'un secteur de la vie nationale. L'ensemble de ces outils, au lieu d'aider le pays à avoir un mieux-être, ne fait que plonger le projet démocratique de la République dans la vallée de l'inconscience. En effet, le Décret électoral du 02 mars 2015 n'est pas contraire au libellé des autres qu'a connus le pays durant les 30 dernières années écoulées.

Le dernier outil juridique national en date en matière électorale, n'a aucune provision légale pour permettre aux sénateurs susmentionnés, de prendre le contrepied de la décision du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel MOÏSE. En plus, certains de ses articles ne s'harmonisent pas à ceux de la Constitution en vigueur. En ce qui nous concerne pour l'heure, voyons les articles 1er et 1.1 dudit décret électoral : ‘’ _Le Conseil Électoral Provisoire est une institution publique indépendante et impartiale, chargée de l’organisation et du contrôle des élections sur toute l’étendue du territoire de la République. Il jouit de l’autonomie administrative et financière._" Article 1er.1. : " _Il est le contentieux de toutes les contestations soulevées à l’occasion soit des élections soit de l’application ou de la violation de la Loi électorale, sous réserve de toute poursuite légale à entreprendre contre le ou les coupables par-devant les tribunaux compétents_."

Donc, puisque la Constitution du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011 ne reconnait que le Conseil Électoral Permanent, toutes démarches juridiques intentées auprès du Conseil Électoral Provisoire sont frappées de nullité absolue. Cette nullité s'explique par le seul fait que cette dernière institution ait été prévue par la Constitution haïtienne pour un but très spécial et une durée déterminée. De surcroît, le Conseil Électoral Provisoire tire son mandat de l'organisation des élections. Donc, une fois les moments électoraux terminés, le mandat de cette institution tombe de plein droit et n'a aucun effet juridique selon le principe une ‘’ _institution étatique inexistante ne peut en aucun cas produire des effets juridiques_.’’

De tout ce qui précède, disons que le Conseil Électoral Provisoire ne peut s'assimiler à celui permanent. Les sénateurs protestataires ne devraient avoir aucun gain de cause si se respecte la loi mère de la nation. Par conséquent, seule une décision politique malhonnête peut les sauver. Et que dira ou fera le peuple en tout cela?

 *Delcarme BOLIVARD, Av.MA*

 *06/02/2020*

jeudi 23 janvier 2020

*Interview réalisée avec Me Delcarme BOLIVARD dans le cadre de différents projets socioculturels devant marquer respectivement les 350 ans de la fondation de la ville de Cap-Haïtien et les 200 ans de la morts du Roi Henri 1er.*

Dans le cadre de notre quête du savoir sur l'organisation de différentes activités socioculturelles pour l'année 2020 dans le département Nord, notamment à Cap-Haïtien, nous avons rencontré le professeur Delcarme BOLIVARD avec qui nous allons commenter les actualités.
 *Nord Agence Presse (NAP)* : _Salut professeur Delcarme BOLIVARD._
 *Delcarme BOLIVARD (DB)*  : Salut Nord Agence Presse. Tout le plaisir est pour moi de répondre à vos différentes questions.
 *NAP* : _Merci de répondre à notre demande, professeur Delcarme BOLIVARD. En fait, avant de commencer notre interview, nous voudrions vous demander de vous présenter à nos chers lecteurs qui auraient bien aimé vous connaitre davantage._
*DB* : Je ne crois pas que les lecteurs de cette Agence de presse ne me connaissent pas (Rires). Toutefois, selon les principes élémentaires de la bienséance, il faut que je le fasse.
Je suis Delcarme BOLIVARD, avocat militant à l'Ordre des Avocats du Barreau de Cap-Haïtien. Maître en Science politique,  Spécialiste en Droit parlementaire et philosophie politique. Écrivain et professeur d'Universités.
 *NAP* : _Beaucoup de chapeaux, cher maître (Rires)?_
 *DB* : En effet!
 *NAP* : _Venons direct à notre sujet. Maître Delcarme BOLIVARD, aujourd'hui, la question de la célébration des 350 ans de la ville de Cap-Haïtien, est sur toutes les lèvres. Et la commémoration du bicentenaire de la mort du Roi Henri 1er d'Haïti fait là une. Qu'elle en est votre première impression?_
 *DB* : Je trouve louables toutes initiatives devant marquer les 350 ans de la ville de Cap-Haïtien et les 200 ans de la mort du bâtisseur, le Roi Henri 1er d'Haïti. Toutefois, je me demande si le contexte fragile de la situation chaotique du pays ne va pas tout déranger. Cela sous-entend que ce grand évènement pouvait permettre au département du Nord, particulièrement la ville de Cap-Haïtien d'avoir une très large visibilité, si et seulement si la conjoncture de l'heure se redressait.
 *NAP* : _Comment pourrait-on situer ces deux grands événements dans l'histoire nationale?_
 *DB* : La ville de Cap-Haïtien fut un temps la zone la plus attrayante du pays par rapport à son mode de construction et surtout sa valeur historique. Par ailleurs, avec le temps, elle est dénuée de sa gloire d'autrefois pour être victime d'une surpopulation (exagérée) et des constructions anarchiques sous les yeux faiblards non seulement des autorités étatiques centrales, mais aussi et surtout sous ceux des autorités locales ne maîtrisant pas les grands principes du développement.
Quant au premier et dernier Monarque haïtien, le Célèbre Henri Christophe, sa gloire, sa grandeur d'âme et d'armes se perpétuent à travers ses grandes réalisations, dont le Palais Sans Soucis et la Citadelle La Ferrière attirant sans complexe le monde entier. Cependant, pas manque de promotion et de vulgarisation de la pensée de ce Roi. Ses grandes œuvres aujourd'hui se vandalisent et se profanent tant par certains dirigeants dans l'international que par ceux au niveau du territoire national ayant bénéficié de la valeur populaire.
 *NAP* : _Avez-vous une ou des idée sur les membres de la commission d'organisation de ces évènements?_
 *DB* : À vrai dire non. Cela est dû à un manque de promotions pour ces nobles événements. Mais, d'après moi, une telle commission devrait être formée de grands connaisseurs en la matière, dont : des géographes, des ingénieurs, des techniciens en urbanisation, des géologues, des économistes, des avocats, des artistes, pour ne citer que ceux-là.
 *NAP* : _Que peut-on attendre de ces activités?_
 *DB* : Le département du Nord en général et la commune de Cap-Haïtien en particulier devraient profiter de l'occasion pour vendre leurs cites historique et touristique. C'est le moment où les autorités locales devraient, s'il en a, se montrer à la hauteur de leurs missions consistant à défendre ou soutenir les intérêts de la commune et de la développer de manière durable.
 *NAP* : _Est-ce que d'après vous, la population septentrionale, dont les capois sont prêts pour accueillir ces moments?_
 *DB* : En principe, on est jamais prêt en termes de préparation pour les grands évènements. Mais, dans le cas de la célébration des 350 ans de la ville du Cap-Haïtien et la commémoration des 200 de la mort du Roi Henri 1er d'Haïti, le constat est commun, nous ne sommes pas prêts. En voici quelques raisons :
a) l'insalubrité fait rage au niveau de la ville du Cap-Haïtien;
b) l'insécurité gagne le terrain;
c) crise et vide  institutionnelle;
d) faiblesse économique;
e) Manque d'implication des citoyens;
f) Manque de promotion pour ces événements.
g) etc.
 *NAP* : _Un dernier moi, cher maître._
 *DB* : La ville de Cap-Haïtien, pour ses 350 ans, doit avoir une fête à la dimension de son histoire. Il faut embellir la ville pour y attirer beaucoup de touristes. Une entente consciente entre les membres de la population capoise serait la bienvenue pour une fête de la ville de Cap-Haïtien sans précédente.
Il nous faut, avant l'arrivée de ces événements, promouvoir l'idéal christophien dans nos écoles, églises, universités, sur les places publiques, etc. Le Roi Henri 1er, est notre Pharaon en termes de grandes constructions et réalisations humaines. Donc, pour le bicentenaire de sa mort, qu'il nous revienne pour nous supporter et nous aider dans notre développement et progrès national.
 *NAP* : _Nous vous remercions, cher maître._
 *DB* : A moi de vous remercier, NAP.

 *Cap-Haïtien, le 18/02/2020*

samedi 11 janvier 2020

*Considérations sur la question de ‘’diriger le pays par décret’’ émanant de la Présidence après le 13 janvier 2020*

Le fait que le Conseil constitutionnel prévu par la Constitution en vigueur en son article 190 bis, ne soit point institué, l'interprétation et la constitutionnalité des lois s’examinent comme l'on veut. Et certains vides institutionnels dans le cadre de la politique nationale parviennent inévitablement de la Constitution du 29 mars amendée le 9 mai 2011, pour être le reflet des rancœurs historiques et sociopolitiques contre des membres du règne des Duvalier, de 1957 à 1986. Cette Constitution, si elle ne se penche pas sur certains faits, pour d'autres qui l'intéressent pourtant, sont quotidiennement foulés au pied des autorités étatiques qui cherchent à s'assimiler comme des saints gagnants au mépris de la vaillante population haïtienne.

Ainsi, à Haïti, les articles de la Constitution sont interprétés comme les versets bibliques où chacun cherche à avoir raison de sa prise de position. Du moins, un même article de la Charte mère de la nation peut saisir ou apprécier un fait de différente manière selon le désir des autorités étatiques. Donc,  puisqu'il y a trop de vides constitutionnels et trop de faiblesses institutionnelles, des analyses et commentaires coulent à flot surtout quand il s'agit de soutenir son rang.

Considérant la force néfaste et la nature impitoyable de la politique haïtienne, l’'échec du droit est toujours prévisible. À telle enseigne, à Haïti, les matures du système corrompu haïtien, d'ailleurs qu'ils ont créé, sont en mesure de tout faire pour étayer leurs idéologies désobligeantes. C'en est une déception à la philosophie du Droit compte tenu l'ampleur de la déchéance de la justice haïtienne.

Donc, le deuxième Lundi du mois de janvier 2020, si l'esprit des instruments juridiques électoraux haïtiens se respecte, certains parlementaires doivent rester tant bien que mal. C'est vrai, il convient de signaler que la 50ème législature haïtienne s'entache de dédains par rapport aux comportements malhonnêtes et déloyaux de certains parlementaires, dont, des sénateurs ; mais aux yeux de la loi, cette institution ne doit pas être dysfonctionnelle. Si l'exécutif, par la force de la nature des choses, arrive à constater le deuxième Lundi du mois de janvier de l'an en cours la caducité et le dysfonctionnement du Parlement haïtien, inversement à ce qui se dit ou se répète ; le Président de la République ne pourra pas diriger par décret. Quel est le fondement de cette thèse émise? Et s'il arrive à le faire par la force de la politique? Qu'elle en sera la ou les conséquences?

La question de diriger le pays par décret au moment de vide institutionnel n'est pas l'apanage du Président de la République. La Constitution en vigueur en son article 285.1 (abrogé) dispose (suffisamment) de (provisions légales) contre cette prétendue intention, faisant du Conseil National de Gouvernement le principal responsable de cet acte. À ce propos, interrogeons-nous comme suit : Y a-t-il un tel conseil pour l'heure à Haïti? L'article dont s'agit, ne se classe-t-il pas dans la catégorie des articles relatifs aux dispositions transitoires? Cet article, n'est-il pas abrogé? Maintenant, il reste à savoir qu'au cas où le Président aurait le dessein de diriger le pays par décrets, n'accepterait-il pas volontairement de donner sa démission après maintes tentatives dilatoires de la prétendue opposition politique au cours des moments "pays lock?". N’agirait-il pas contraire au principe de l’abrogation de la loi ?

Lisons attentionnément l'article 285.1 (abrogé) de la loi mère haïtienne : " _Le Conseil National de Gouvernement est autorisé à prendre en conseil des Ministres, conformément à la Constitution, des décrets ayant force de loi jusqu’à l’entrée en fonction des Députés et Sénateurs élus sous l’empire de la présente Constitution._" Par cet article abrogé, le Président ne pourra pas diriger s'il se respecte et respecte la loi de son pays (Art. 136 CH. : ‘’ _Le Président de la République, chef de l’État, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État._"). En outre, une loi, un décret, un décret-loi, ou tout simplement un article abrogé n'a aucune force d'application, comme un corps inerte n’a aucune importance.

En effet, dans la démocratie, Charles Louis de Secondat (Montesquieu) nous enseigne sans langue de bois la théorie de la séparation de pouvoir. Pour lui, ‘’ *Que le pouvoir arrête le pouvoir.*’’ Nous référant à l’article 60.1 de la Constitution haïtienne en vigueur, nous retenons la limite des pouvoirs politiques d’Haïti : ‘’ _Aucun d’eux ne peut sous aucun motif, déléguer ses attributions en tout ou en partie, ni sortir des limites qui lui sont fixées par la Constitution et par la loi."_

Ainsi, à travers tout le chapitre III de la Constitution haïtienne, consacré au pouvoir exécutif, il n'est aucunement donné au Président les prérogatives de diriger le pays par décret. Mais quand en réalité cela se fait, c'en est un affront aux principes constitutionnels. Au niveau du même chapitre, Section B, article 150, nous lisons : " _Le Président de la République n’a d’autres pouvoirs que ceux que lui attribue la Constitution._" De ce fait, constitutionnellement les pouvoirs du Président de la République sont bornés.

Donc, le Président n'a aucune provision légale pour asseoir son désir de diriger le pays par décret après le Lundi 13 janvier 2020. Normalement, il ne se prononce pas sur cet acte, mais laisse le soin à ses porte-paroles, ses conseillers et autres de l’avancer à travers les médias. Par la logique du bienfait, la Présidence comme institution, ne mérite-t-il pas une loi organique? Et qu'en est-il du Parlement haïtien? Cette institution, ne mérite-t-elle pas une refonte? Sera-t-il important si le Droit national soit un Droit beaucoup plus actif ? (Ou jurisprudentiel?) Pourquoi n'institutionnalise-t-on pas l'opposition haïtienne?

Enfin, John Irving nous apprend : ‘’ _Le Président est élu pour faire respecter la Constitution et, plus largement, pour faire respecter la loi !... Il n’a pas le droit d’agir au-dessus des lois, il est censé nous servir d’exemple._’’

10/01/2020

*Delcarme BOLIVARD Av.MA*

jeudi 9 janvier 2020

*La 50ème législature haïtienne, la déconstruction d'une valeur républicaine : entre les normes et les réalités sociopolitiques*

Les regards rivés sur la dernière législature haïtienne en date, dégagent un ensemble d'énergies intellectuelles sur ce qui est, en termes de l'existence de ce pouvoir, sur ce qui devrait être, en termes du respect des lois y relatives et sur ce qui sera, compte tenu de l'ampleur de la situation qui s'annonce triste à nos parlementaires.

La 50ème législature haïtienne a sa marque d'inefficacité légistique et est le symbolisme de la chute des institutions républicaines nationales. Ces composantes, pour la plupart viennent de nulle part, ou d’un bouillonnement de médiocratie absolue.
Nous n'exposons pas les faiblesses de la 50ème législature haïtienne comme le plus terre-à-terre, ou du moins, qu'elle soit la plus visible des critiques du pouvoir législatif. Cependant, considérant le désaccord entre les normes juridiques et les réalités sociopolitiques saillantes de cette génération de parlementaires, nous sommes convaincu que nulle se désigne cette législature, dont un très large constituant doit partir le deuxième Lundi du mois de janvier 2020 sous les effets de la loi. Or, se rappelant qu'à Haïti, continuellement, c'est le Droit de la politique qui prime sur la politique du Droit, tout peut être attendu ce jour-là.

La 50ème législature accouche les parlementaires haïtiens les plus déblatérés. Que ce soient dans leurs actes accomplis, que ce soient dans leurs mentalités, les parlementaires de la 50ème législature se tuent sans même qu'ils le sachent sous les conséquences malheureuses de l'histoire politique nationale. Entre autres, citons quelques mauvaises images dressées par certains parlementaires de la 50ème législature :

1- Le nom de Gary Bodeau et celui Gandhy Dorfeuille auraient été cités dans le scandale de l'achat de l'eau et du café pour la chambre basse;
2- Le Sénateur Garcia Delva serait accusé de complice dans un dossier d'enlèvement;
3- Le Sénateur Jean-Mari Ralph Féthière aurait pointé l'arme et tiré sur une foule le menaçant, disait-il;
4- le Sénateur Onondieu Louis aurait été accusé dans un dossier de corruption;
5- Les noms des Sénateurs : Dieudonne Luma Étienne, Jacques Sauveur Jean, Kedlaire Augustin, Wilot Joseph et Wilfrid Gelin auraient été cités dans le scandale de 500.000 dollars américains pour le vote du Premier Ministre nommé Fritz-William Michel;
5- Le vandalisme de la chambre basse et celle Haute par les parlementaires, respectivement, députés et sénateurs de l'opposition.

A noter que, cette liste des actes causés par les parlementaires de la 50ème législature n'est pas exhaustive. Elle se focalise sur l’intention de ternir la représentation parlementaire haïtienne.

À quoi faut-il attendre le 13 janvier 2020? Les compromis politiques, seront-ils primés sur les normes juridiques? Pourquoi certains parlementaires de la 50ème législature haïtienne doivent partir et d'autres rester? Quel est l'intérêt du pays en tout cela ? Par ces questions, nous nous tâcherons d'en faire sortir la lumière.

La Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011, en son chapitre II, sections A et B, traite les conditions requises pour être député et sénateur. Il (Chapitre) dispose des missions parlementaires et laisse le soin à la loi organique électorale de préciser les règles du jeu démocratique. D'où l'existence de toute une myriade de décrets, de décrets lois et de lois électorales à Haïti.

Le dernier cadre légal des élections à Haïti en date, est le décret du 02 mars 2015 sous l'égide duquel s'organisaient les élections des collectivités territoriales, celles législatives et exécutive. Ce décret fixe la durée du mandat des élus et précise clairement les moments électoraux dans le but de ne laisser aucun vide institutionnel au nom de la souveraineté populaire. Il convient de signaler que mises à part certaines communes des départements du pays où les élections au premier degré étaient à reprendre, dans d'autres tout allaient pour le mieux. Il va de soi pour le législatif. Alors que pour l'exécutif, il fallait attendre jusqu'en 2016 pour que les élections aient été acceptées comme bonnes.

Maintenant, il reste à savoir, déjà pour la chambre basse c'est totalement clair puisque les députés ont accompli leur mandat de quatre ans, qui doit partir comme membres du Grand corps. A ce niveau, deux approches méthodologiques doivent être envisagées : les effets des normes juridiques établies et la force des réalités sociopolitiques haïtiennes. De ces deux démarches, nous insistons sur la première pour la simple et bonne raison que le Droit (en matière de loi) a pour vocation première de régulariser le corps social et de maintenir un équilibre entre ce qui se fait et ce qui doit se faire.

Pour la Constitution en vigueur en son article 95, elle dispose : " _Les sénateurs sont élus pour six (6) ans et sont indéfiniment rééligibles._" et l'article 95.3 poursuit : " _Le renouvellement du Sénat se fait par tiers (1/3) tous les deux ans._" Ce qui signifie que la Charte mère de la nation fixe la durée du mandat des sénateurs. Donc, tous les sénateurs qui rentraient le deuxième Lundi du mois de janvier 2016, dépendamment de leurs quantités de voix obtenues, devraient, respectivement laisser le Parlement en 2018 et en 2020, dont le deuxième Lundi du mois de janvier.
Le décret électoral du 02 mars 2015 a repris " *In extenso*" l'esprit de la constitution en vigueur concernant le mandat des sénateurs. Et nous y lisons ce qui suit : _La durée du mandat du sénateur de la République est de six (6) ans conformément à l'article 95 de la Constitution amendée. Art 45.2_. _Le renouvellement du Sénat se fait par tiers (1/3) tous les deux ans. Art. 46._

Donc, en tout état de cause, les sénateurs dont les mandats arrivent à termes doivent partir sans conditions et cela selon les prescrits légaux. De surcroît, en toute logique, ceux-là ayant bénéficié les privilèges de rester jusqu'en 2020, quoi que leurs mandats se soient terminés en 2018, auraient dû restituer à l'État ce qu'ils ont reçu comme privilèges.
Ce même décret poursuit en son article 50.3 : ‘’À l’occasion des élections sénatoriales impliquant à la fois un renouvellement et une ou deux vacances au sein d’un même département, les électeurs votent pour autant de candidats qu’il y a de postes à pourvoir. Le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix reste en fonction jusqu’au deuxième lundi de janvier de la sixième année de son mandat. Le Sénateur élu avec un nombre de voix immédiatement inférieur comble la vacance produite en cours de mandat pour le temps qui reste à courir. Tout éventuel troisième Sénateur élu, soit celui qui vient en troisième position, termine le mandat qui arrive à terme en premier. Retenons que l’esprit de cet article n’est profitable qu’aux sénateurs ayant été élus dès le premier tour pour le renouvellement et ceux-là dont la présence s’occupait d’une ou deux vacances au niveau de leur département.

Donc,  10 parlementaires doivent rentrer chez eux mains au dos, tristesse à l'esprit le Lundi 13 janvier 2020. Et que les autres, même quand de manière symbolique doivent rester au parlement. Cependant, tous, que ceux qui restent ou qui partent, méritent d’avoir le sentiment d’anéantissement et du regret absolu pour n'avoir rien fait pour la population haïtienne durant leurs mandats. Avec eux tous, la population pataugeait dans la misère. Sans eux, elle peut prendre en main son destin en élisant des femmes et des hommes, n'ont pas pour la couleur de leur peau, le niveau de leur économie, la dimension de leurs slogans de compagnes électorales, mais pour leurs projets de société, leur patriotisme avéré et leur sens d'homme moral digne de ce nom.

Mais, l'inapplication de l'article 190-bis de la Constitution du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011, n'est-elle pas à la base de tout cela (sur la constitutionnalité des lois)? La caducité du Parlement haïtien, n'est-elle pas effective? Par de-là, continuera-t-on de parler de la souveraineté nationale puisque le Parlement est le co-dépositaire de celle-ci?

En effet, dans le Droit parlementaire ce sont les précédents qui justifient les actes ponctuels. Mais, quant au Parlementarisme haïtien, il est mitigé continuellement de mauvais précédents faisait de lui un droit inefficace dans le monde juridique d'Haïti. Nous assistons toujours par des mauvais précédents à l'effondrement du statut civil de l'organisation de l'État par la caducité de certaines législatures haïtiennes. Ce qui est contraire au libellé de l'article 59.1 de la Constitution amendée.

06/01/2020

 *Delcarme BOLIVARD, Av.MA*



Art. 111.8 de la Constitution du 29 mars 1987 amendée le 09 mai 2011, fait vraiment peur ou est porté à trop d’équivoque. Nous le lisons au passage : ‘’En aucun cas, la Chambre des députés ou le Sénat ne peut être dissous ou ajourné, ni le mandat de leurs membres prorogé.’’

mercredi 1 janvier 2020

*Haïti 2019, le règne des maux haïtiens : 2020, 216 ans d'indépendance*

_Message à la Nation haïtienne à l'occasion de son 216ème printemps d'indépendance_


Après la victoire de l'armée indigène sur celle de Napoléon Bonaparte le 18 novembre 1803 aux Vertières, les grands généraux noirs de l'époque, se sont donné rendez-vous aux Gonaïves pour célébrer l'indépendance nationale, le 01 janvier 1804. Ce fut une nouvelle page d'histoire à travers le monde où un groupe d'esclaves arrivèrent à se libérer des jougs des blancs sans craintes et sans danger. Ce moment si solennel sous les yeux de célèbres observateurs, fut considéré comme une véritable occasion de la matérialisation de grandes théories de diverses écoles juridiques relatives aux droits humains.
Le premier janvier 1804, tout a changé sur l'angle de la libération d'un nouveau peuple. Toute une nouvelle race vint allonger la liste des pays indépendants dans le monde. La carte mondiale s'élargir et la première République des nègres donna le ton au rythme d'une conscience collective dont la visée certaine fut la fondation de l'État haïtien. En effet, un an plus tard, soit en 1805, Dessalines élabora et dota la jeune nation une Constitution à la base de laquelle se dirigea le pays.

La jeune nation fut prospérée sous les ordres autoritaires de Dessalines. Cependant, 216 plus tard, où en sommes-nous? Quels sont les véritables facteurs de la situation actuelle du pays? Pourquoi sommes-nous aujourd'hui la risée de l'international? Quel est le véritable nœud gordien du sous-développement d'Haïti? Pourquoi notre gloire ne s'écrit qu'au passé antérieur? Que faut-il faire pour redresser la barque fragile de l'État haïtien? Autant de questions importantes sont à poser pour mieux comprendre la dimension des problèmes auquel fait face le peuple haïtien.

Pendant ces trente dernières années, la situation sociopolitique d'Haïti se détériore. Beaucoup plus d'insécurités, de misères, de crises politiques et économiques. L'environnement haïtien se dégrade par des constructions anarchiques sous les yeux d'argus des autorités étatiques improvisées. Tout est à l'envers : l'école, la santé, l'Église, les institutions républicaines. Les pouvoirs civils et politiques constitués sont dépourvus de capacité à répondre positivement aux exigences de la population haïtienne. Tout est remis sans même qu'on le sache ou l'admette, entre les mains d'un groupuscule de femmes et d'hommes n'ayant aucun amour patriotique et dont la formation professionnelle ou académique de certains d'entre eux, laisse à désirer.

Le jeu politique dans l'intervalle devient une marchandise aux plus offrants. Les acteurs économiques dominent inconditionnellement l'arène sociopolitique nationale. Ce sont eux qui élisent et révoquent les mandants sous l’impuissance de la population haïtienne victime de l'ignorance et de l'incapacité de déterminer ses ennemis, faute d'éducation. L'argent achète chez nous la conscience citoyenne et nous aveugle face au destin infernal qu'ils nous dessinent et nous offrent comme récompense.

Étant en 2020, nous devons jeter un d'œil sur l'an 2019 dans l'optique de voir où étions-nous et à quoi devons-nous attendre maintenant. C'est la meilleure façon de nous évaluer afin de participer comme cela se doit au développement durable de la République d'Haïti.

L'année 2019 a été émaillée de violence de toutes sortes. Désignée de l'ère de la corruption institutionnalisée à Haïti, l'année 2019 laisse un goût âcre et amer dans la bouche du peuple haïtien. C'est à cette année que l'inefficacité de la Justice haïtienne se faisait beaucoup plus remarquer. C'est à cette année que la Police Nationale d'Haïti s'instrumentalisait et se politisait. C'est à cette année qu'être président, parlementaires, juges sont beaucoup plus insignifiants.

De 01 janvier 2019 jusqu'au 31 décembre 2019, le pays en état d'instabilité, des crises en cascades faisaient peur et laissaient des larmes aux yeux des membres de la population. Pour causes d'insécurité :

-le président de la République le 01 janvier 2019 ne se rendait pas aux Gonaïves.

En voici quelques grands évènements qui ont marqué l’année 2019 à Haïti :

- De vastes mouvements anti-gouvernementaux se déclenchaient à travers tout le territoire national. Les "Pétro-Challengers’’ se mobilisaient autour de la question : "Kot kòb PetwoKaribe? Le pays est en mode "Lock". Des mercenaires étrangers assistés d'un haïtien se débarquaient au pays pour renforcer la PNH sous la demande de l'exécutif. Ces "Snipers", arrêtés et libérés par la justice haïtienne;

- Les mouvements de protestation continuaient pour la plus belle. Entretemps, des révocations en série se faisaient pour la consolidation du pouvoir en place. La première partie de l'audit de la Cours Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif sur l’utilisation du fonds PetroCaribe se publiait, épinglé certains grands dignitaires et fonctionnaires de l'État haïtien, dont le président de la République;

- Le président, sous la haute pression de l'opposition ne se rendait pas à l'Arcahaie. Dans l’intervalle, les contacts continuaient de se multiplier pour doter le pays d'un gouvernement. Le Notaire Henri Céant est destitué par la chambre basse comme premier Ministre. Jean-Michel Lapin lui a succédé, reçu par les députés mais non par le Sénat sous les pressions des pères conscrits de l'opposition. Deux premiers Ministres partagent la primature : Jean-Michel Lapin et Fritz-William Michel. La deuxième partie du rapport de CSC/CA est remis, encore de grandes autorités étatiques y voyaient leurs noms cités;

- La relance de la mobilisation, ce qui empêchait que le président de la République ait pu participer à l'Assemblée Général de l'Organisation des Nations Unies (ONU). L’arrestation du chef de ‘’gang’’ Arnel Joseph et l’éventuelle implication du Sénateur Gracia Delva dans un dossier d’enlèvement;

- Les manifestations anti-gouvernementales sont reprises, s'étendaient jusqu'au mois d'août. Panique totale sur tout le territoire national;

- En septembre, les portes des établissements scolaires sont fermées. La peur envahit l'espace national. Prévue pour le 09 septembre 2019, la reprise des activités scolaires se faisait dans certaines écoles jusqu’au début du mois de décembre, cela très en cachette. La cérémonie de l'ouverture des tribunaux est avortée et s'est donnée en direct à la radio;

- En octobre, le président, sous les pressions populaires, incapable de se diriger à Pont-Rouge pour commémorer l'assassinat lâche de l'empereur Dessalines. Des barricades partout dans le pays. Des pneus enflammés de part et d’autre;

- Le président ne se rendait pas dans le Nord, notamment à Cap-Haïtien aux Vertières pour la célébration de la Bataille de Vertières. L’opposition politique haïtienne prenait d’assaut tout le territoire. Et son porte-parole, maître André Michel, annonce l’installation d’un nouveau président pour remplacer Jovenel Moïse après son départ. Pourtant, rien n’était effectif. Entretemps, l'ex-député de la commune de Cité Soleil dans l'Ouest, Arnel Bélizaire, fut arrêté. L'attaque du président à certains membres de la classe économique du pays, dont : Dimitri Vorbe et Réginald Boulos, défraie la chronique de l’heure;

- Deux diplomates américains foulaient le sol national, c’étaient : une représentante du président américain, Donald Trump à l'ONU, madame Kelly Kraft, débarquait aux fins d'évaluation de la situation chaotique d'Haïti. Un autre envoyé spécial de Trump visitait Haïti, le diplomate David Hale, ce, dans la même perspective;

- Des révocations politiques à outrance se faisaient sentir. L'incapacité de l'opposition à convoquer le peuple pour participer à des manifestations anti-PHTK. De la division au sein de l’opposition pour un manque de confiance. Ce qui a donné une nouvelle chance au président Jovenel Moïse déjà soutenu par l’international, notamment les États-Unis.

En sommes, l'année 2019 a été marquée par des bouleversements sociopolitiques saillants. Des effets négatifs entouraient la vie nationale. En effet, l'exécutif est sans bilan, le parlement est décrié, la Justice est prise en otage. Aucune loi de finances n'est votée tandis que les autorités étatiques continuaient de dépenser à leur intérêt sous les yeux cinglants de certains fonctionnaires de l'État. Inflation galopante, dévalorisation de la devise nationale. Aucune loi électorale, donc, élections avortées, entre autres, sont de significatifs facteurs négatifs démontrant la tragédie qui s'est déroulée en 2019 à Haïti.

Par ces constats aussi fragiles, nous souhaitons que pour cette nouvelle année les citoyens conséquents se responsabilisent en cessant d'être observateurs pour devenir de vrais acteurs au nom du développement durable d'Haïti. Qu'ils s'engagent afin d'empêcher à n'importe qui de briguer des postes de dirigeants dans le pays. Et que l'État haïtien prenne sa responsabilité directe consistant à garantir le mieux-être de la population avec l'appui d'une Justice forte et d'un système éducatif efficace. C'est ainsi qu'on parlera de l'État de Droit à Haïti et de justice sociale au nom de la démocratie.

01/01/2020.

lundi 30 décembre 2019

*Le Barreau du Cap-Haïtien pris par des bourreaux : Entre des discours impromptus hors-normes et des observations scientifico-techniques.*

Encrejournal
Il est admis par pure coutume et tradition, toujours dans un langage soutenu, voire châtié, que l'Ordre du Barreau des Avocats du Cap-Haïtien est une prestigieuse institution professionnelle, un dernier rempart fort à la moralité et une coopération technicienne respectant la loi, l'éthique et la déontologie qui caractérisent le métier d'avocat. Ce vif et vibrant sentiment est le fait pour ce Barreau d'avoir été dirigé par une pléthore de grands hommes dont parle tout le monde pour leurs capacités intellectuelles et leurs vertus de bienfait. De grands noms à citer sans prétention aucune nous aideront à mieux apprécier et comprendre la valeur du Barreau de Cap-Haïtien, tels : Anténor Firmin ( De l'égalité des races humaines), champion de la Société Anthropologique Française, Tertulien Guilbeau (Les paysans), messager et voix des paysans haïtiens, et Fondateur de l'École de Droit du Cap-Haïtien, devenue aujourd'hui, la Faculté de Droit des Sciences Économique et de Gestion du Cap-Haïtien), pour ne citer que ceux-là.

Avec le temps, les ridicules qui se pourvoient au sein du Barreau de Cap-Haïtien ne jouent pas en faveur des interpellations sublimes d'antan qu'on savait octroyer à cette institution pour être pris par des bourreaux. Mis à part certaines têtes avocates célèbres qu'on peut compter sur doigt aujourd'hui au Barreau de Cap-Haïtien ayant l'âme forte dans le métier, s'écartant de toutes sortes de marchandage professionnel, des militants avocats veulent à tout prix remplacer des avocats militants (article 13 du Décret du 29 mars 1979). Les premiers sont beaucoup plus taillés à l'angle de la politique traditionnelle haïtienne assise sur l'incompétence, la violence, la haine, l'arrogance, le mépris continuel des principes établis, la méchanceté et la cupidité. Les derniers sont ceux-là qui croient que leurs positions doivent être envisagées à la dimension de la loi en respectant l'opinion de l'autre quoi qu'elle puisse être contredite par des arguments solides et légaux. Ils se vêtissent en agissant conformément aux prescrits de la loi organique de la profession d'Avocat.

 *Contexte de la situation fragile du Barreau de Cap-Haïtien*

Selon l'esprit de l'article 33 du Décret du 29 mars 1979 régissant la profession d'avocat à Haïti, il est ordonné que tous les deux (2) ans des élections soient organisées dans l'ordre suivant : celle du bâtonnier, celle du conseil, celle du secrétaire et du trésorier ou du secrétaire-trésorier. Ces joutes électorales constituent une marque démocratique qui concourt à contribuer au projet de l'État de Droit dont nous parlons tous aujourd'hui en faveur d'Haïti. C'est ainsi que, pour être laconique, le Conseil de l'Ordre de l'exercice 2017-2019 ayant à sa tête comme Bâtonnier, estimable maître Davilmar Débréus, lance un appel aux candidats pour le poste de BÂTONNIER et celui du Secrétaire/trésorier y compris les membres du conseil. Fixées pour le Vendredi 20 septembre 2019, les élections n'ont pas eu lieu, faute de quorum. C'est-à-dire, sur une liste de 187 avocats qui devraient participer à ces joutes électorales, 87 seulement  ont fait acte de présence. Ce qui permet à un autre rendez-vous de se fixer à la huitaine pour le même objectif, mais cette fois-ci, avec ou sans quorum, les élections devront se tenir conformément aux prescrits de l’article 49 dudit décret. Cependant, le Vendredi 27 septembre a été entaché de violences sociopolitiques à l'échelle nationale, ce qui empêchait que les activités électorales aient pu reprendre. À noter que, depuis la veille, l'un des confrères du Barreau, Me Max Vévé, soutenu par plusieurs autres confrères avocats, dans sa sagesse et expérience avait suggéré en optant pour l'organisation des élections, soit le Mercredi 01 octobre soit le Vendredi 03 octobre 2019. Ce qui a été entendu pour Mercredi.

*Des discours impromptus hors-normes avant, pendant et après les élections du Mercredi 2 septembre 2019*

Des zélés de certains candidats au poste de BÂTONNIER de l'Ordre des Avocats de Cap-Haïtien se montrent les uns plus hostiles que les autres. Leurs techniques de compagne font peur aux avocats. Partout, ces avocats militants se convertissent en militants avocats couverts sous le poil de la politique haïtienne avec lequel, ils vendent leurs candidats sur l'angle de la force, de l'ancienneté et de la nouveauté voilée. Ils sont prêts à tout. Il suffit qu'ils gagnent ces élections.

Avant l'organisation des élections du Mercredi 2 septembre 2019, certains avocats du Barreau, sans une langue de bois ou une voix touffue, menacent au vu et su de tous. Ils diffament partout sans être corrigés ni par le conseil de l'Ordre ni par une quelconque association professionnelle des avocats. Ils annoncent être prêts à ternir l'image du Barreau en versant de l'huile sur les chaises du bâtiment du Barreau. Aucune sanction n'est prise. Sinon que ces avocats par leurs mauvais agissements, se croient déjà grands ou célèbres dans leurs prétentions néfastes.

Au jour des élections, ces mêmes discours de bas étage continuent de se prononcer fadement, mais, à l'effet positif sur un électorat composé en majeur partie par des avocats non avisés. Ainsi, dans la présentation du bilan relatif au fonctionnement du bâtonnat 2017-2019, certains noms et grandes réalisations ont été cités, tandis que d'autres, à dessein ont été oubliés, voire, négligés.

Le patriarche, honorable maître Gérard P. Septimus a prononcé un discours dont le contenu se marie à l'effet de papillon. Des larmes ruissèlent ses yeux qui, d'une part, ont attiré la pitié de certains avocats votants à l'égard de son candidat; d'autre part, sont semblés souiller la réputation du plus jeune des candidats, comme quoi, s'il arrive à être BÂTONNIER, il aura donné le rez-de-chaussée à la Mairie de Cap-Haïtien aux fins de construction d'un bureau déconcentré.  Quelle imprécation! Surtout, quand on sait que l'avocat, esclave de loi, ne vit pas de commérages.

A la fin de la journée électorale émaillée d'irrégularités (Chapitre VI du Décret du 29 mars 1979 : ‘’incompatibilités et interdictions’’), des consœurs et confrères se vantent fièrement de contribuer à l'échec de cette activité, comme ils l'avaient bien avant annoncé. Cette tentative de déstabilisation de l'honneur du Barreau déplait à plus d'un, pourtant, garantie chez certains confrères avocats une nouvelle marque de notoriété malhonnête qui ne fait que plonger le Barreau dans une crise sans précédente et dans un état critique la plus acerbe qui puisse être.

 *Des observations scientifico-techniques*

Le comportement passif des membres du conseil de l'Ordre des Avocats du Barreau de Cap-Haïtien ces derniers temps empire la situation précaire de cette coopération. Certains avocats agissent comme bon leur semble. Ils ne craignent de rien. Tant pis pour l'honneur et la vertu de bienfaits qui caractérisent le métier d'avocat. D'autres arrivent à ne même pas payer à temps la modique contribution annuelle que réclame le Barreau et se maintiennent au-dessus de tout.

Avant, pendant et après les élections du Mercredi 02 septembre 2019, des observations scientifico-techniques sont à considérer pour mieux élucider les faits. C'est à cela que notre sens d'analyse se fixe.

 *Avant les élections*

Sur le forum de l'Ordre du Barreau des Avocats de Cap-Haïtien, des défenseurs improvisés de la mauvaise cause se font sentir allègrement. De faux théoriciens s'y exposent maladroitement par des approches incongrues. C'est le principe de la manipulation électorale sur toute la ligne. En effet, ces militants avocats détériorent la vie de l'éthique professionnelle, utilisant la théorie du mensonge et le théorème du bourreau pour assoir leurs convictions sous les effets de la peur introduite au niveau de faibles esprits de leurs pairs. Tout, n'a été ni reproché ni réprimandé par un conseil qui semblait être failli à sa mission ou s'attendait que se soient organisés les élections pour se retirer de la partie. Par ailleurs, bien d'entre eux, se nourrissaient toujours l'idée et l'envie de s’y faire réélire.

 *Pendant les élections*

La journée électorale du Mercredi 02 septembre 2019 a été ouverte par le Bâtonnier du conseil de l'Ordre, maître Débréus Davilmar. Après son allocution circonstancielle, le Bâtonnier Davilmar accordait la parole à l'un des conseillers de l'Ordre,  en l'occurrence, maître Eric Sénatus pour procéder à l'appel nominal accusant 126 avocats présents et en règle avec l'administration du Conseil. Des débats s'initient autour de la question de ceux qui peuvent ou ne peuvent pas voter, ce qui écarte de la liste des votants avocats un effectif de vingt-sept, dont vingt-deux nouveaux inscrits.

 *1ère observation :*

Dans sa prise de parole, le Bâtonnier Débréus Davilmar n'a pas fait montre de sa compétence en matière de communication orale. Pour causes :

 *a*) sa voix tremble en parlant;
 *b*) ses gestes lui contredisent;
 *c*) son incapacité de prise de position avilie sa grandeur et son état d'âme;
 *d*) son sens d'humour maladroit le trahit pour avoir cité des noms dans certains mandats de procuration et dans d'autres non.

 *2ème observation*

Dans son plaidoyer contre le vote des nouveaux avocats inscrits au tableau de l'Ordre en s'appuyant sur l'article 12 du Décret du 29 mars 1979, maître Oscar Roberto se fourvoie pour être victime personnellement de son point de Droit.
Ainsi :

 *a*) l'intervention de l'avocat Roberto lui a permis d'être mis à l'écart comme votant pour avoir cotisé tardivement;
 *b*) son approche a été soutenue d'un ton mal ajusté, balayée par maître Gérard Max Gustave se servant de l'article brandi par le confrère Roberto pour écarter non seulement les nouveaux inscrits, mais aussi et surtout toutes celles et tous ceux dont les noms ont été insérés sur la liste définitif des avocats après le 10 juillet (art. 12) de l'an en cours. Dont le confrère Roberto a été frappé par l'effet dudit l'article.

 *3ème observation*

Le clou de la journée à souligner est la prise de parole machiavélique de l'ancien Bâtonnier et ancien Secrétaire/Trésorier de l'Ordre des Avocats du Barreau, honorable maître Gérard P. Septimus.

Retenons dans son intervention :

 *a*) le timbre et la tonalité de sa voix aphone ennuient les orateurs avocats présents dans l'assemblée. De sa voix raide, l'ancien Secrétaire/trésorier a parlé comme un très concerné, volontiers, qui a changé l'ordre des choses;
 *b*) les pleurs versés par ce Secrétaire/trésorier attirent la pitié de certains membres de l'assemblée mal avisés. À noter que, maître Gérard P. Septimus a toujours eu recours à cette forme de manipulation qu’est des ‘’pleurs’’. Au tribunal, dans des négociations, entre autres, il les utilise tantôt pour faire asseoir ses idées, tantôt pour manipuler ses adversaires.

À rappeler que les pleurs versés dans une série de prise de parole constituent l’une des techniques ou méthodes de persuasion consistant à faire croire que ce qui est n'est pas vraiment ou ce qui n'est pas est vraiment. C'est l’un des moyens des sophistes d'autrefois.
 *c*) maître Gérard P Septimus a, en outre, expliqué son cas de maladie cancéreuse. Il déclare être interdit par son médecin de se déplacer, tandis qu'il le fait pour continuer à servir son Barreau. En effet, il rêve d'être à nouveau BÂTONNIER pour la période allant de 2021 à 2023 s'il ne meurt aux fins de poursuite les travaux de construction du local du Barreau.

Ce qu'il faut en tout cela retenir, c'est la maîtrise psychologique de l'assemblée générale que l'ancien Secrétaire/trésorier arrive à atteindre. Il pénètre leur esprit pour jouer avec leur attente et leur dire ou leur faire croire ce qu'ils veulent réellement entendre. Pour lui, tout résume à l'achèvement de la construction du Barreau et rien que cela. La formation continue des avocats, selon lui, est en second plan. Quelle illogique !

*4ème observation :*

La présentation succincte des programmes de différents candidats au poste de BÂTONNIER a été la marque la plus terre à terre de certaines approches ou certains contenus. Chaque candidat avait ses forces et faiblesses dans la soutenance de son plan d'action.

 *1ère remarque :*

 *a*) Le plus jeune des candidats au poste de BÂTONNIER de l'Ordre des Avocats de Cap-Haïtien, Me Hérode CHARNEL, a su présenter son programme axé sur le renouveau du Barreau en passant par les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC). D'ailleurs, une grande partie de ses compagnes électorales a été sur les réseaux sociaux réalisée ainsi que dans certaines stations de radios et des chaines de télévision de la place. Une telle méthode a été pourtant mal vue par des collègues avocats croyant que le jeune candidat jouait à l'échec pour avoir voulu visibiliser le statut du BÂTONNIER de l'Ordre. Son âge lui a aussi trahi, car, des jeunes avocats comme lui n'ont pas vu de bon ton sa personne comme  Bâtonnier.

Par une voix convaincante mais dépourvue de charisme (c'est pour la première fois, ce signe a été visible sous les lèvres de notre confrère) pour une intervention un peu trop langue, le plus jeune des candidats, Me Hérode CHARNEL, a su livrer la marchandise aux oreilles des membres de l'assemblée générale semblant être peu attentifs à sa réaction, surtout à la suite de l'intervention de l'ex Secrétaire/trésorier, Me Gérard P Septimus ayant fait croire à ses mordus qu'il ne lui reste qu'un an pour laisser la terre selon l'idée de son médecin. L'attitude de désinvolture du "paléo" BÂTONNIER Septimus a cloué au pilori le benjamin des postulants.

 *a*) Me Ronèl TELSYDE, le candidat appelé, le plus fort de caractère en termes de rébellion face aux assauts et insultes dont les avocats seraient victimes face à certains agents de la Police Nationale d’Haïti ou certains magistrats debout ou assis ne respectant pas la loi, se faisait entendre tant bien que mal. De manière improvisée, Me TELSYDE jouait sur le discours de Me Hérode CHARNEL en déclarant : _"Dans le contexte actuel, la technologie, disons le numérique n'a pas encore sa place au sein du Barreau de Cap-Haïtien. La protection des avocats d’abord"._

Il a su exploiter les envies de certains membres de l'assemblée générale en leur faisant croire qu'il est l'homme qu'il faut aujourd'hui ou l'homme du moment, non seulement pour la défense intégrale des droits des avocats du Barreau de Cap-Haïtien, mais aussi et surtout, pour mettre fin au statut quo qui tenait cette coopération depuis bien des lustres. Cependant, ce candidat, pour la plupart des temps, est décrié par certains membres de la population, dit-on, pour son comportement anti-professionnel. Chose qui reste à prouver ou désapprouver.

 *c*) Quant à Me Harold CHÉRY, souriant, il prenait la parole d'une voix faiblarde aux oreilles réfractaires de ses pairs. Cartable en main, Me Harold CHÉRY a lu son programme textuellement au lucre des membres de l'assemblée générale l'acclamant généreusement. Balloté dans sa veste et ovationné de manière inappropriée par ses amis avocats, Me CHÉRY se contentait de lire et relire son programme au lieu de le soutenir.

Le plus ancien candidat au poste de BÂTONNIER de l'Ordre des Avocats de Cap-Haïtien, Me Harold CHÉRY, y inscrit depuis en 1983, a promis monts et merveilles jusqu'à ce qu'il annonce aux avocats composant l'assemblée générale la mise sur pied d'une salle de sport (Gym), une fois arrivé aux timons des affaires. Il a promis la discipline au sein du Barreau, tandis qu'il était prêt à déranger l'ordre des choses par la distribution des sifflets à ses proches pour perturber l'atmosphère au cas où il ne serait pas choisi comme BÂTONNIER. Il a promis la protection pour les avocats pendant qu'il est qualifié comme l'un des avocats le plus passif de la coopération dès l'aube.  Enfin, Me CHÉRY a parlé et est applaudi vivement par ses amis avocats qui semblaient n'avoir rien retenu.

 *5ème observation :*

La dernière goutte d'eau qui a renversé la vase est la fraude spectaculaire des élections du Mercredi 02 octobre 2019. Quatre-vingt-dix-neuf (99) bulletins étaient distribués, pourtant, après le dépouillement, on en a trouvé cent (100).
Remarquons :

 *1ère remarque :*

 *a*) tous les bulletins ont été comptés plusieurs fois avant d'être remis. Cependant, l'un a été identifié pendant le comptage;
 *b*) les distributeurs des bulletins n'ont pas été bien surveillés, ce qui pourra soulever toutes sortes de doute. Ainsi, un votant serait capable d’en recevoir deux (2);
 *c*) des caméras de surveillance électorale sans effet précis. Elles n'ont été qu'au service de leurs propriétaires en ayant pas soin de capter la moindre image sérieuse. Quelle absurdité!
 *d*) les membres de l'ancien conseil assis sur la table de l'organisation des élections semblent être pour la plupart, au courant de ce coup monté contre l'honneur du Barreau pour n'y avoir rien dit sur le champ.

En fin de compte, il est à signaler qu'au barreau des avocats de Cap-Haïtien tout est illusoire. Le mépris répété du Décret du 29 mars 1987 régissant la profession d'avocat s'y identifie au bénéfice de la costume et surtout par la force de toutes celles ou tous ceux dont la capacité économique est au rendez-vous. Alors qu'au sein de ce barreau, il est toujours question de mentionner le "fort" et le "caractère" déterminent cette coopération, pourtant dans la réalité c'est l'affabulation : " _La raison du plus fort est toujours la meilleure_" qui est de mise.

Par manque de rigueurs, de simples esprits envahissent l'Ordre des Avocats du Barreau de Cap-Haïtien. Y arrivant, certains qui ne se redressent pas, se convertissent en bourreau pour se faire une place. Et les victimes de ces derniers, au lieu de sévir contre eux la loi, les enchérissent sans haine. Ainsi, en pareil cas, convenu on ne peut plus avec Jean-Paul Sartre qui eut à avancer : " _Je déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux._"

En effet, que le Barreau des avocats de Cap-Haïtien se réjouisse un jour viendra. Qu’il accueille en son sein, de nouvelles avocates et de nouveaux avocats qui se respectent et respectent la loi sans qu'ils ne soient des ratés et des bourreaux en Droit. Et qu’en est-il de la situation économique des jeunes avocats ?

16/10/2019

*Me Delcarme BOLIVARD, Avocat, Maître en Science politique, Spécialiste en Droit Parlementaire et Philosophie politique*

jeudi 26 décembre 2019

Discours de Me Delcarme BOLIVARD à l'occasion de la collation de diplôme des étudiantes en Sciences infirmières de l'ISAN

Encrejournal
Révérend Père, Judelin François
Respectueuse Doyenne de l’ISAN, Maitre Marie-Guerda Romélus JOSEPH
Distinguée Marraine de la promotion sortante, Miss Gessie Alexandre
Sommités professeurs et membres du Décanat
Responsables du Collège Notre Dame du Perpétuel Secours
Représentants de la presse parlée, écrite, télévisée et en ligne
Infatigables parents et amis invités
Mesdames, messieurs,
Chères filleules,



Quand en 2015, les étudiantes de cette promotion sortante, baptisée : ‘’Dorothea Orem’’, avaient cité mon nom pour être le témoin de premier ordre de leur graduation, je n’y ai pas voulu croire en pensant qu’elles ne faisaient que jouer sur le temps et sur la personne de moi. Elles ne s’arrêtaient, nous rencontrer, à m’appeler sans cesse, ‘’Parrain’’ dont le sens de ce grand titre ne m’est étrange aujourd’hui pour être une réalité après quatre années d’études en Science Infirmière dans un pays comme Haïti où la valeur n’est honorée que si elle parvient d’ailleurs.

Il est bon de rappeler qu’en 2015, l’Institut Sanitaire du Nord (ISAN), ainsi appelé à l’époque, accueillait beaucoup d’inscrites pour se former afin de devenir des infirmières conséquentes. Néanmoins, par le temps passant si vite et les exigences qu’entrainent une formation de premier cycle à cet institut qui se veut être aujourd’hui, Université Saint Martin de Tours (USAMAT), beaucoup d’entre elles ont abandonné. De cette quantité imposante, seize seulement pour l’heure arrivent à briguer avec tant d’éclat leur formation en Science Infirmière. Seize seulement sont aptes à soigner des patients selon ce qu’elles ont appris de leur métier. Seize seulement viennent de se couronner à titre de récompense académique qu’imposent les autorités éducatives haïtiennes.

Les formalités de la convivialité s’encensent et modestement je salue les responsables de cette grande université, particulièrement, Miss Doyenne Maitre Marie Guerda Romélus Joseph pour son courage et sa détermination de femme au sens plein du mot. Ainsi, suis-je aujourd’hui enchanté que je prenne en cette circonstance si magnanime la parole pour me prononcer sur la félicité qui vous attend, mes chères filleules. Quand j’ai vite compris que l’honneur m’a été fait en  la décision des étudiantes de cette promotion, de porter leur choix sur ma  personne comme parrain.

C’est en effet un privilège, l’honneur qui m’échoit aujourd’hui en témoigne toute l’ampleur. Je ne pourrais, en aucun cas, leur priver de ma présence prouvant mon admiration à ces jeunes diplômées qui vont bientôt rentrer dans un monde sensible, où elles auront à apporter leur contribution à toute une communauté qui les attend éperdument. J’en profite pour commémorer les efforts incommensurables de ces seize étudiantes pour ce moment à quel point important au cours duquel se réunissent des gens de partout, dans un objectif commun, celui de fêter la Science infirmière et de couronner le courage de ces jeunes ci-présentes.

Je n’ai jamais douté de ma décision quand j’avais eu à leur répondre. Vu que, nous, ténors de ce pays, avons l’impérieuse obligation de satisfaire à l’appel de la jeunesse. Un appel de la relève tout en insufflant à ces jeunes les qualités d’un bon leader et du sens du devoir accompli. Mais, je n’ignorai jamais que ce lien qui nous unis cet instant présent est un acte immortel et pérenne.

Immortel et pérenne, car, personne ne pourra jamais effacer l’hommage du sourire de ces parents fiers et heureux dérivé de leurs sacrifices quotidiens en s’oubliant pour faire de vous ce que vous êtes aujourd’hui. Les parents ont droit effectivement à cette tribu de reconnaissance. Ils ont consenti d'énormes loyautés. Ils n’ont eu peur ni vent, ni pluie, ni soleil  pour que leurs enfants deviennent ce qu'elles sont aujourd'hui. Bravo à vous chers parents.

Corrélativement, je ne saurais oublier les professeurs durant ce parcours, qui ont fait montre d’infatigables accompagnateurs pour que le champ de connaissances de nos étudiantes ne cesse de s’élargir. À eux, nous disons, chapeau ! Sachez que vos efforts resteront constants, car, rien ne peut égaler la fierté que l'on ressent à  former des cadres utiles au développement d’un pays.
Par le biais de notre vécu, rappelez-vous que ‘’Nul moment ne peut être savoureux que celui qui s’obtient dans le dur labeur et la persévérance.’’ Cela est pour vous dire, je sais combien dans un pays comme le nôtre le rêve d’être une infirmière coûte tant de dévouements et de risques. Dans un pays comme le nôtre, la Science et la recherche ne sont pas valorisées, ce qui donne lieu à ce niveau de société que nous avons évoluant dans la débauche et la délinquance juvénile. Beaucoup plus d’investissements pour la médiocratie que l’accompagnement formelle de la méritocratie. La corruption nous environne tous et devienne monnaie courante dans notre milieu qui, d’autrefois était le joyau du bassin caribéen. L’État s’affaiblit, se déroute de sa mission consistant à garantir le bien-être des citoyens. La vie n’a plus d’importance présentement à Haïti où l’insécurité de toutes sortes fait rage sous l’incompétence de nos dirigeants à servir le pays malhonnêtement.

Combien d’hôpitaux qui sont construits à Haïti pendant ces dix dernières années selon les normes modernes? Cependant, la Constitution en vigueur préconise que l’État a l’impérieuse obligation de garantir la santé de la population. Quelle est l’enveloppe de la loi de finance allouée au système sanitaire haïtien? Moins de 2 % pour la santé, pourtant plus de 20 % pour les pouvoirs politiques. Que faire le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) face aux maladies infectieuses qui envahissent et ravagent nos femmes, nos hommes et nos enfants dans les quartiers populeux, dits, zones de non droits à Haïti ? Quand on sait que plus de 60% de la population haïtienne meurt, faute de soin sanitaire, tandis que les maladies des autorités haïtiennes sont soignées à l’étranger avec les rentrées fiscales des pauvres citoyennes et citoyens. Le choléra, ne nous a-t-il pas été transmis par l’international? Qu’en dire l’Organisation Mondial de la Santé (OMS) à travers l’Organisation des Nations-Unies (ONU)? Alors que des forces onusiennes continuent de fouler notre sol national. L’ancien représentant de l’Organisation des États Américains (OEA), le diplomate Ricardo Seintenfus nous apprend que dans le dossier du choléra à Haïti, l’ONU est coupable mais non responsable. À lire : ‘’Les Nations-Unies et le choléra en Haïti : Coupables, mais non responsables’’. Quelle imprécation!
 
Mesdames, messieurs, chers invités, mes chers filleules,

L’apprentissage à Haïti n’est jamais chose facile. Cependant, vous l'avez rendu possible par le travail assidu accompli par la volonté toujours renouvelée à surmonter les obstacles. Bravo à vous, mes chères filleules.  Rien n'a pu avoir raison sur votre opiniâtreté. Vos quatre années d’étude en Science Infirmière sont la preuve et la marque que vous avez données l’impossible de vous-même pour être ce que vous êtes présentement. Durant vos quatre années d’étude, vous avez puisé une force inimaginable afin d’affronter les tendances et la réalité haïtienne. Ce n’est un secret que nous ayons chez nous des milliers de jeunes filles obtenant un diplôme en sciences infirmiers mais qui en souffrent pour des raisons multiples.

Mais considérez-vous comme des chanceuses, non seulement pour avoir fréquenté une Université répondant aux normes académiques de l’heure, mais aussi et surtout pour être des engagées à une cause juste et noble, celle de soigner les malades et de leur permettre de se socialiser mortellement. Selon le serment d’hyppocrate (Serment de l’éthique médicale) que vous avez prêté, au nom duquel vous allez devoir accorder au secteur sanitaire la plus grande partie de votre temps, de votre vie et de votre savoir. Vous avez des défis énormes à relever. Sachez que le chemin de sacrifices pour vous est un carrefour pour lequel est encore ardu et inéluctable. Mais, par la force de votre savoir-faire et de votre sens d’HOMME, vous arriverez à vous tenir fermes face à l’impossible. ‘’À la dure d’une manière rude’’ ‘’Tenez-vous fermes même dans l’impossible.’’

Sachez que l’histoire du monde n’est pas un cycle à variante positive aisée. Mais un combat permanent entre le devoir et les défis dans tout achèvement du devoir social. Toutefois, comme tous les métiers d’ailleurs, vous devriez faire preuve de patience, de grand cœur, d’amour et de courage. Vous serez après le tout puissant les porteuses et garantes de santé humaine.
Sachez également que cet engagement sera votre cheminement dans la poursuite de votre idéal qui vous permettra d'oser l'impossible, d'assumer vos responsabilités, de compatir aux souffrances sans vous départir de la réalité humaine. Votre mission vous permettra également d'affronter toutes les difficultés dans l'exercice de votre profession, car, elle est un choix délibéré qui motive l'infirmière à accomplir avec compétence, dextérité et humanité toutes les tâches qui lui incombent.

N’oubliez pas, ravagés par une société de deuils et de chaos où les situations sociopolitiques nous rongent, nous perdons l’idéal de nous battre surtout pour notre conviction. Chez nous, tout est politisé voire nos institutions, chacun de nos rêves. Par ailleurs, souvenez-vous de la logique du changement qui doit commencer par vous. Il faut à force de compassion enterrer l'histoire inhumaine de ce pays.  Embrasser dans un esprit patriotique tout être humain, et qu’il n’a pas d'autre subordination que la capacité de servir et le pouvoir d'aimer en prouvant votre énergie à votre alma mater.
En revanche, je ne suis pas ici pour vous faire comprendre que ce serait facile, la tâche qui vous incombe. Avant tout, il va falloir que l’amour de la science germe dans le cœur de chacune d’entre vous. Vous vous lèverez tôt les matins de vos lits et vous serez encore dans une heure tardive dans la nuit au chevet des malades. Vous allez vous y convertir en mère, en épouse, en bon samaritain pour sauver la vie d’un patient. Faites en sorte que vos vies, vos pensées,  vos gestes, vos quotidiens soient toujours guidés par l'amour et le désir de prendre soin de vos semblables en toute nécessité.

Mes chères filleules, le diplôme est certes important. Cependant, le plus important est  que l’on en prospère de toute part. Vous quittez la vie de l’université pour affronter celle de la vie. Celle-ci est fortement semée d’appâts surtout en ces temps-ci caractérisés par le matérialisme poussé, l’égoïsme excessif et le fratricide. Dieu fasse, que vous connaissiez une réussite professionnelle éclatante et dorée qui vous fera oublier les souffrances endurées ainsi que les sacrifices d’étude pour vous mettre au service de tout un monde, de tout un pays qui vous a vues naitre et grandir.

Que Dieu vous aide à excéder dans la droiture, du beau et du bien !  Pour l’amour de la science et l’espoir d’une jeunesse, ces mots vous sont donc dédiés.

Félicitations  et bons succès.
Merci!

08/12/2019
Delcarme BOLIVARD, Av.MA

vendredi 13 décembre 2019

*Le sommet annuel des droits humains, Cap-Haïtien, décembre 2019*

encrejournal
À un moment où Haïti est mal vu tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale par la façon dont les dirigeants traitent les citoyens, un moment de promouvoir le respect des droits humains s'avère, on ne peut plus important.

Le Sommet annuel des droits humains à Cap-Haïtien, décembre 2019, est une activité socioculturelle à vocation informative et instructive autour des droits humains dans le monde en général et à Haïti en particulier. Il a vu le jour en pleine célébration du concept " *Droits de l'Homme*" mis en scène par la première République des nègres, Haïti, le 01 janvier 1804.

Donc, dans un souci de procéder à une vulgarisation massive de la notion ‘’droits humains’’, pour  avoir une meilleure société, notamment celle d'Haïti, où chaque être humain évolue et vit sans discrimination ; plusieurs thématiques ont été retenues, telles : La corruption, la violence aux femmes, discrimination, équité de genres, économie, pouvoir, démocratie, brutalité policière, droits des handicapés et des enfants, etc. Pour une meilleure éducation de l'être humain, l'haïtien en particulier, ce sommet est dédié.

Étant Témoins de bon nombre de violations de droits de la personne humaine, et ayant accompagné plusieurs organismes de droits humains dans leurs différentes démarches consistant à valoriser et défendre la dignité humaine, les responsables du sommet s'engagent à contribuer à la formation de toute une génération afin qu'elle puisse participer aux campagnes citoyennes de motivation du respect des droits de l'Homme.

" _Nous avons abouti au fait que la formation de la population aux droits humains a besoin de plus de voix pour transmettre le message,_ a fait remarquer Bradley Moncœur, l'un des principaux membres organisateurs.
Ce sommet est une réalisation de *Centre Impact*, une association travaillant dans l'événementiel depuis plus de trois (3) ans à Cap-Haitien, nous a appris Moncœur. Ce Centre socioculturel est fondé par Alendy Almonor et Alexandre Bradley Moncœur à la suite d’une observation criante de la décadence juvénile à Haïti. À rappeler que cette activité est possible grâce à certains jeunes impliqués de la Commune de Cap-Haïtien, dont 35 associations et de nombreux professionnels, nous confient les responsables de Centre Impact.

Le Sommet annuel des droits humains est supporté par un ensemble d'organismes universitaires et d'associations socioculturelles, dont : AFUCH, ROTARACT, BAF, MIEFH, REGADEM, LINKAGES, SEROVIE, FOSREF, INSTITUT SACRÉ COEUR, ULH, ISPAN, Ministère de la culture, BOUKANYE, etc. Il faut signaler que les aides offertes par ces entités sont à 98% de matériels relatifs à la pleine réalisation de cette activité particulière, nous explique Alendy Almonor.

Trois panels du 10 au 12 décembre sont prévus sur la vaste cour ombragée du Centre Culturel Jacques Stephen Alexis, ci-devant,  l'ancienne prison civile de Cap-Haïtien. 18 chefs de panels, 72 panélistes en majeure partie des capois, sans compter un nombre imposant de Maîtres de cérémonies et de membres d'accueil. Ainsi, pour cette année, le Cap-Haïtien donne le ton en matière de la célébration des droits humains à travers le monde, en particulier, Haïti.

À noter que l’an 2019 marque 71 ans de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme. Laquelle Déclaration a été signée par plus de 43 pays, dont Haïti avec son représentant, le Diplomate Émil Saint-Lot. Dans plus de 500 langues, ce célèbre texte est traduit pour une plus large compréhension et adaptation.

10/12/2019

*Considérations personnelles*

Ma participation au Sommet annuel des droits humains à Cap-Haïtien du 10 au 12 décembre 2019 sur la grande cour du Centre Culturel Jacques Stephen Alexis des rues 21 PQ, comme chef de panel, m'a permis de comprendre la nouvelle orientation positive que veut prendre la jeunesse haïtienne en général et celle du Cap-Haïtien en particulier. Ce sommet traduit l'implication active d'une tranche de la société civile qui se veut être partie prenante dans le vaste monde de la promotion du respect, de la protection et de la garantie des droits de l'Homme à Haïti.

Pour moi, cette initiative est innovante et perspicace à un moment où l'image d'Haïti se dessine de très mauvaise manière tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale.

*Me Delcarme BOLIVARD, avocat militant*
 *Maître en Science politique.*

vendredi 15 novembre 2019

Haïti : Le dysfonctionnement de l'école : À qui profite-t-il?

encrejournal
Quand on déduit que même en état de guerre l'école doit continuer à fonctionner, cela fait montre de l'importance qu'on donne à l’éducation. En effet, dans un État en crise, tandis que les élèves, sans ambages, se rendent à l'école où les parents et les professeurs sont sains d'esprit pour assurer l'avenir des enfants, exprime l'autorité des dirigeants à maintenir la paix et la sérénité au sein de cette société.

À notre sens, les conflits entre deux États ou entre les citoyens d'un même État ne pourront pas handicaper l'apprentissage à l'école, si et seulement si l'éducation dans ces États ou dans cet État est réservée à tous. Autrement dit, le blocage du pain de l'instruction au moment de hautes turbulences sociopolitiques, est la preuve que les responsables de l'État ne jouent pas leurs rôles, plus simplement, le système d'éducation était déjà dysfonctionnel.

Le cas d'Haïti ces derniers temps en matière d'enseignement scolaire est plombé dans une disgrâce infinie caractérisée par la perte d'autorités des représentants de l'État. D'événements après événements, le destin des apprenants haïtiens se voile sous le fait de la négligence du respect des valeurs. Ainsi, à Haïti,  on se rend à l'école, mais, très difficile de prédire ce que l'on deviendra dans la vie. La chance de réussite est peu perçue sur la visibilité de l'échec de manière exponentielle.

Les revendications populaires qui sévissent dans le pays depuis plus d'un an, ont de grandes répercussions négatives sur toutes les sphères de la vie nationale. Approximativement tous les secteurs y enfilent et dont les conséquences nuancées laissent à désirer. De l'insécurité généralisée en passant par la fermeture momentanée de l'école dans certaines grandes villes d'Haïti, la conjoncture de l'heure fait peur et annonce le désespoir.

Les observateurs scientifiques cherchent à déterminer constamment les causes d'un fait par la compréhension de ses conséquences. Ainsi, considérant la nature politique de la situation actuelle d'Haïti, nous sommes en droit de savoir ce qui est à la base de tout cela. C'est vrai, le maquillage ou le fondement de leurs protestations, à savoir les opposants du pouvoir en place, peuvent être contraires à la réalité, cependant toutes les couches sociales se mobilisent et plaident pour leur mieux être sous un dénominateur commun, celui de la démission du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel MOÏSE.

Revenons sur la question de la fermeture involontaire de l'école à Haïti, nous sommes totalement intéressé à savoir à qui profite cet acte. En fait, pourquoi l'international ne pipe mot sur le triste sort de l'éducation à Haïti ? L'État haïtien,  n'est-il pas favorable à cette fermeture? Et qu'en est-il de la bourgeoise (commerçants étrangers internationaux sous couvert de secteur privé haïtien) et de l'opposition? Le peuple haïtien, occasionne-t-il le blocage de l'apprentissage scolaire?

*Du côté de l'international*

Le mépris de l'international à notre système éducatif ne date pas d'hier. On se rappelle les obstacles rencontrés par nos jeunes haïtiens pour franchir les portes de certaines Universités américaines et européennes. S’ils n'y sont pas accueillis pour manque de niveau académique, ils y sont après bien des années de formations supplémentaires.

Les indices les plus visibles chez l'international en ce qui se rapporte aujourd'hui à l’arrêt de l'école à Haïti, est que, plus l'école dysfonctionne, plus les citoyens haïtiens seront inconscients de leurs états. Ou du moins, pour l'international, à mesure que les portes des établissements scolaires à Haïti se ferment, c'est à mesure que le peuple sera en état d'exploitation à outrance à un moment où le développement de la technologie sous ses yeux sera insignifiant. A ce propos, le peuple sera soumis aux ordres forcenés des puissances mondiales lui faisant croire qu'il ne doit vivre que pour le bas ventre dans des séries scéniques de plaisirs liés à la débauche.

À titre de rappel, moins on est de bas niveau, surtout de statut irrégulier à l'échelle internationale, moins la main d'œuvre est réduite. Et qui pis est, le travailleur illégal n'a aucune assurance sociale dans l'accomplissement de ses tâches. Donc, tout est au profit de celle ou de celui qui embauche.

Donc, la fermeture de l'école à Haïti ne veut rien dire pour l'international qui en tire au contraire de grands avantages, dont : l'ignorance de la population, l'inconscience des citoyens, l'exploitation et la domination du pays.

 *Du côté de l'État haïtien*

L'État haïtien au sens plein du thème, représenté par le gouvernement actuel ne se soucie guerre de l'éducation nationale. En effet, l’obstruction à l'école aujourd'hui par des troubles sociopolitiques axées prétendument sur la question du Changement de "système", ne choque nullement l'esprit de nos dirigeants. Pour cause, non seulement, ils n'en prennent pas des mesures appropriées, mais veulent tout régler politiquement en mettant de côté l'aspect technique de la situation. Au lieu de s'y attacher pour résoudre le problème, les autorités étatiques responsables de la garantie et de la protection des libertés publiques de la population, se contentent de jouer au ridicule en changeant et promouvant certains proches des postes nominatifs à travers tout le territoire national, rien que pour consolider leurs pouvoirs.

Par ailleurs, pourquoi l'État haïtien, ne serait-il pas soucieux de la fermeture de l'école dans un contexte aussi fragile que celui d'aujourd'hui? N'est-il pas à la base de tout cela? L'éducation de la population de manière massive, ne devrait-elle pas être une préoccupation de l'heure pour l'État haïtien?

À la lumière de certaines considérations ci-après faits, nous sommes convaincus que le dysfonctionnement de l'école aujourd'hui à Haïti est profitable à l'État. Cette approche est fondée sur un ensemble de constats et de faits prouvant la négligence de l'État haïtien en matière d'éducation.

Avec la fermeture de l'école aujourd'hui, les professeurs des écoles publiques, des Universités d'État et publiques, qui savaient être rémunérés chaque deux ou trois mois pour certains, et un ou deux ans pour d'autres, seront restés coincés chez eux sans rien recevoir. Pour être payés, ils ne pourront plus s'attaquer aux responsables de l'éducation nationale qui leur diront d'ailleurs que le pays est en mode "lock ", par conséquent, la caisse de l'État est vide.

L'État se délibérera de la garantie du droit à l'éducation contrairement au prescrit de l'article 32 de la Constitution du 29 mars 1987, amendée le 09 mai 2011. La fermeture de l'école aujourd'hui soulagera l'État et les collectivités territoriales dans leur charge éducative à la population et la gratuité de l'enseignement des secteurs publics et non publics, tout, au mépris de l'article 32.1 de la même Constitution. En quelque sorte, la fermeture de l'école est un privilège direct et important pour l'État de ne pas appliquer entièrement la "Section F" de la Constitution en vigueur relative à l'éducation et à l'enseignement. En fait, comme nous sommes en matière politique, les autorités étatiques d'Haïti diront que c'est l'opposition qui empêche que les établissements scolaires fonctionnent.

Jusqu'à date, la loi Kelly sur les frais scolaires ne s'applique pas. Les parents haïtiens sont sous le poids de l'irresponsabilité de l'État face à un plausible secteur privé inactif. Aucune procédure sérieuse n'est engagée en la matière auprès des établissements scolaires. Et le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle reste muet face à la situation pendant qu'il soutient l'exécutif dans ses démarches félonnes.

*Du côté de l'opposition*

L'une des armes la plus puissante dont se sert l'opposition farouche haïtienne à l'heure actuelle, est la fermeture des établissements scolaires. Elle ne laisse une seconde sans décider que les enfants restent chez eux, de peur qu'ils ne soient enlevés ou tués par les membres du gouvernement en place. Ce même discours se prononce par le gouvernement faisant croire aux parents que les acteurs de l'opposition sont prêts à exécuter les élèves, au cas où ils iraient à l'école. Quel contraste!

Qu'il s'agisse de l'opposition radicale ou modérée, la même observation se fait, laissons les portes des établissements scolaires fermées. Pour ces opposants du pouvoir en place, plus les élèves ne se rendent pas à l'école, plus le pays aura des citoyens manipulables, victimes de la théorie du mensonge. Ainsi, reconnaissons-nous qu'un peuple qui n'est ni éduqué ni instruit est un instrument nuisible et dangereux à la société.
L'opposition politique haïtienne quelle que soit sa nature sait pertinemment que la fermeture de l'école aujourd'hui permet aux citoyennes et aux citoyens de s'autodétruire dans des luttes mal planifiées et dans des revendications insignifiantes. La position de certains acteurs de l'opposition haïtienne face à la situation actuelle se lie à la nécessité pour ces politiciens traditionnels d'avoir sans inquiétude le contrôle de la mentalité de la population. Et tout comme l'État haïtien, l'opposition est pour la fermeture de l'école, car, cet acte lui permet de rabaisser le niveau de réflexion et de compréhension de la population qui patauge dans la misère, surtout dans des quartiers populeux.

*Du côté de la bourgeoisie*

D’entrée de jeu, nous disons haut et fort que le concept "bourgeois" à  Haïti est impropre, connaissant ce que représente cette classe dans une société. Nous ne nous attachons pas dans cet article à développer ce que c'est que la bourgeoisie à Haïti, car, une telle étude à part doit se faire. Dans une phrase nous disons que c’est une partie du secteur privé inactif haïtien qui s'appelle "Bourgeoisie" et rien que cela.

Impropre ou pas, la bourgeoisie haïtienne en réalité se confond avec l'État et l'opposition dépendamment des intérêts à défendre ou protéger. Tantôt, elle investit dans la prise et consolidation du pouvoir, tantôt elle accompagne l'opposition dans la quête du pouvoir (Par coup d’État quelquefois avec le concours des forces militaires nationales et internationales) ou la déstabilisation de l'État selon le cas qui se présente. Donc, le comportement de cette bourgeoisie est le reflet ou l'image de l'État et celle de l'opposition. Ce qui signifie que les plus grandes décisions de l'État haïtien et de l'opposition proviennent de la volonté de la bourgeoisie.

Considérant la fermeture de l'école aujourd'hui à Haïti, les commerçants étrangers internationaux habitant le pays, connus sous le vocable "bourgeoisie haïtienne", ont une grande part de responsabilité. Quand les établissements scolaires se dysfonctionnent, les prétendus bourgeois haïtiens pour défendre leurs intérêts sociopolitiques et économiques, seront plus aptes à armer des jeunes dans des quartiers populeux au détriment de leur avenir. Comme ils ont le capital économique, les bourgeois haïtiens dont les enfants fréquentent régulièrement des écoles étrangères (Cela existe et du côté des dirigeants haïtiens et du côté des membres de l’opposition) pour cause d'insécurité  nationale et de l'échec total du système éducatif haïtien, déboursent sans réserve pour empêcher que les élèves des parents pauvres aillent à l'école. Car, plus ces enfants ne se rendent pas à l'école, plus avec le temps ils seront au service des dirigeants sociopolitiques et économiques du pays.

En effet, disons, à la lumière de l'ensemble des démarches ci-dessus, que la bourgeoisie haïtienne ne s'intéresse pas au progrès de l'éducation nationale. Par conséquent, est au profit pour elle, la fermeture de l'école à Haïti.

*Du côté du peuple*

Comment imaginer que la fermeture des portes des établissements scolaires à Haïti serait profitable à la population? Quels seraient les avantages au cas où cet acte s'accorderait par la masse? Pourquoi en aurait-il été convenu, pendant qu'il se tapit dans la misère la plus acerbe? Autant de questions à poser pour mieux comprendre les conséquences de la fermeture des écoles au regard de la masse défavorisée haïtienne.

Le coup de l'histoire sociopolitique haïtienne ne change point, c'est le déterminisme pluraliste. Dessalines au nom de la liberté et de l'indépendance fit bruler presque tous les établissements scolaires; Christophe, dans le Nord du pays, pour démontrer sa nervosité contre un éventuel retour des français incendia sa maison et une bonne quantité d'écoles à Cap-Haïtien; des portes de prison sous les ordres de Jean-Pierre Boyer s'ouvrirent pour la fermeture des établissements scolaires; François Duvalier demanda de fermer certains établissements scolaires de ses opposants et d’exiler ces derniers afin de consolider son pouvoir ; Jean-Bertrand Aristide fit rouer de coups certains étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) pour causes politiques, Michel J. Martelly paralysa les écoles à Haïti avec la question de la gratuité de l’école restant comme une utopie ; Jovenel Moïse ment le peuple sur la question de pourcentage à réserver sur la vente des bananes au profit de l’éducation nationale ; entre autres, des crises politiques provoquées à la faveur d'un petit groupe dans le pays contribuent au dysfonctionnement des écoles à Haïti, ce, de gouvernement en gouvernement. En tout cela, la population est toujours victime.

Ainsi, le chaos provoquant le dysfonctionnement des écoles aujourd'hui à Haïti, ne sont pas profitables à la population. Plusieurs raisons l’expliquent : Les parents pauvres sont incapables d'envoyer étudier à l'étranger leurs enfants. Ces derniers, une fois qu'ils ne reçoivent pas une instruction solide, deviendront des bandits à la solde de l'État, de l'opposition et de la bourgeoisie. Le dysfonctionnement des écoles paralyse voire tue les petites activités économiques informelles de la population. C'est la descente aux enfers de la prétendue classe moyenne. Tout est quasiment bloqué puisqu'à Haïti les écoles, qu’elles soient privées ou publiques constituent de véritables employeuses pour la plus grande partie de la population. Tout en dépend : les directeurs, les censeurs, les professeurs, le petit personnel, les chauffeurs de taxis et les motards, les petits commerçants, etc.

Donc, la fermeture des écoles à Haïti donne lieu ou engendre des citoyens morts-vivants qui n'aspirent à rien sinon qu'à leur ventre et qu'aux plaisirs sociaux de toutes espèces. Elle crée des citoyens sans conviction et dépourvus de capacité de savoir choisir leurs dirigeants aux élections. De-là, ils délèguent leurs droits involontairement et émotionnellement à certains élus dont la mission est de piller à tout jamais la caisse de l'État. Emmanuel Kant nous apprend : " _L'homme ne peut devenir l’homme que par éducation_." Cette cogitation nous met à claire la population non éduquée et instruite qui contribue sans même qu'elle ne sache à la corruption et la dépravation de l'État haïtien par le vote des incompétents, faute d'avoir reçu un enseignement scolaire équilibré.

Kant poursuit : ‘’ _Il n y a personne qui, ayant été négligé dans sa jeunesse, ne soit capable d’apercevoir dans l’âge mûr en quoi il a été négligé, soit dans la discipline, soit dans la culture. Celui qui n’est point cultivé est brut, celui qui n’est pas discipliné est sauvage (…)._‘’

En effet, par hypothèse vérifiée, nous concluons clairement que le dysfonctionnement de l’école à Haïti est profitable à l'international, à l'État, à l'opposition et à la bourgeoisie. La population haïtienne ne fait, en pareil cas que continuer à en être victime. Mais demandons-nous logiquement aujourd'hui pourquoi la fermeture ou le dysfonctionnement des écoles à Haïti? L'école à Haïti, n'était-elle pas déjà en mode "lock" avant même que la situation sociopolitique ne s'aggrave avec le temps? Quand n'importe qui s'intéresse à ouvrir n'importe comment une école classique ou un centre professionnel ou une université, n'est-il pas un acte d'échec de l'éducation nationale? Quand les professeurs ne sont pas rémunérés à temps, n'est-il pas une marque de dysfonctionnement des écoles? Quand nos élèves sont de bon à rien, n'est-il pas un facteur de dysfonctionnement des écoles? Quand après nos cycles secondaires et universitaires, sommes-nous obligés de faire n'importe quoi pour survivre ou nous déplacer pour nous mettre au service involontairement de certains pays, dont : le Chili, le Brésil, l'Argentine, les États-Unis, le Canada, pour ne citer que ceux-là, n'est-il pas un mépris des écoles de chez nous? Quand nous n'avons pas la même chance de réussite, n'est-il pas une occasion de parler de l'échec de notre système éducatif?

Georges Jacques DANTON déclare et nous citons : " _Après le pain, l'éducation est le premier besoin d’un peuple."_ Pourtant chez nous à Haïti, nous n'avons ni l’un ni l’autre. Car, la majorité de la population vit avec moins de deux dollars américains par jour et ne bénéficie d'aucune éducation sérieuse. Et Jean-Jacques Rousseau d'avancer : ‘’ _L'éducation fait l'homme passer de l'état de nature à celui de raison_ .’’ Donc, si nous voulons raisonner la population haïtienne pour qu'elle puisse agir comme Homme, donnons-lui une solide éducation et instruction. De-là, elle se connaitra et connaitra ses droits et devoirs.

13/11/2019

 *Delcarme BOLIVARD, Av.MA*

Crédit photo : Google, consulté le 13/11/2019
Compteur Global

Culture